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L'histoire par l'image de 1643 à 1945

 
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Portrait de la comédienne Harriet Smithson

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Harriet Smithson.

© Photo RMN-Grand Palais - R. G. Ojeda

Agrandissement - Zoom

Titre : Harriet Smithson.

Auteur : Claude DUBUFE (1790-1864)
Date de création : 1830
Date représentée : 1830
Dimensions : Hauteur 40.5 cm - Largeur 32.5 cm
Technique et autres indications : Huile sur toile.
Lieu de Conservation : Musée Magnin (Dijon) ; site web
Contact copyright : Agence photographique de la Réunion des musées nationaux. 254/256 rue de Bercy 75577 Paris CEDEX 12. Courriel : photo@rmn.fr ; site web
Référence de l'image : 99-001306 / 1938F308

  Contexte historique

Ophélie en 1827 à l’Odéon

La comédienne irlandaise Harriet Smithson (1800-1854) fait sa première apparition sur scène en 1815 au Crow Street Theatre de Dublin, puis joue trois ans plus tard à Londres au théâtre de Drury Lane. Si elle connaît un certain succès en Angleterre, c’est en France qu’elle déclenche véritablement l’enthousiasme, au Théâtre de l’Odéon, en septembre 1827. Elle incarne alors avec un éclat inconnu le personnage d’Ophélie dans la tragédie de Shakespeare Hamlet. Pour la presse de l’époque, son apparition « parée bizarrement avec des fleurs et de longs brins de paille », avec « son chant plaintif [et] ses sanglots si vrais » a subjugué le public. Le journal Le Globe, emblème des premiers romantiques, est surtout frappé par les scènes où la folie s’empare d’Ophélie, une fois son père mort, assassiné par Hamlet : « Miss Smithson a un abandon de manières, un désordre de mouvements, une irrégularité et pour ainsi dire un décousu de gestes et de paroles […] on a craint qu’elle ne finisse par des convulsions. » C’est en la voyant sur scène que le compositeur Hector Berlioz tomba éperdument amoureux d’elle, avant de l’épouser en 1833.

  Analyse de l'image

Harriet Smithson et les peintres

Le portrait d’Harriet Smithson dans le personnage d’Ophélie envahit les peintures et les lithographies de l’époque romantique. On la retrouve ainsi représentée chez Deveria, Boulanger, Dubufé, Ducarme, Langlumé ou Valmont. Le peintre Claude-Marie Dubufé (1790-1864) fréquenta à ses débuts l’atelier de David, avant de commencer une longue carrière de portraitiste dans la noblesse et la haute bourgeoisie. Il représenta aussi les grandes artistes de son temps, Giuditta Pasta ou Harriet Smithson. L’actrice apparaît ici dans une belle robe en satin, qu’agrémente un nœud bleu en satin, et parée de bracelets d’or. Largement échancré, le haut de sa robe dégage le cou et les épaules de la comédienne dans une composition qui concilie élégance, féminité et une certaine sensualité. Les grands yeux noirs inspirés et la chevelure souple sont caractéristiques des portraits que le peintre faisait du beau monde.

  Interprétation

Ophélie révélée

Le rôle joué par les spectacles en général et le théâtre de Shakespeare en particulier dans la naissance du sentiment romantique en France est fondamental. Dans ce cadre, les comédiennes occupent une place tout à fait privilégiée dans le développement de ce nouvel imaginaire. La découverte d’Hamlet en 1827, au Théâtre de l’Odéon, représente ainsi un événement majeur dans l’histoire du XIXe siècle, Harriet Smithson ayant véritablement bouleversé les esprits dans le personnage d’Ophélie. Avec son jeu aux accents « réalistes », mêlant vitalité et démence, elle parvient à forcer les réticences françaises envers les personnages dérangés, et aura un impact considérable sur les sensibilités de sa génération, en inspirant à Berlioz une ballade, La mort d’Ophélie, et en fournissant un sujet à de nombreux artistes, récurrent chez Delacroix. La fin tragique de l’héroïne, son aliénation progressive, son désir d’évasion dans la noyade et ses chants mystérieux confèrent à la scène une forte puissance poétique source d’une beauté enchanteresse pour l’esprit romantique français. Ophélie devient ainsi la muse, la référence des romantiques malheureux et incompris dans leur siècle, une peinture lyrique du mal de vivre qui habitait déjà les personnages de Werther chez Goethe ou de René chez Chateaubriand.

Auteur : Catherine AUTHIER


Bibliographie

  • Bram DIJKSTRA, Les Idoles de la perversité, Paris, Le Seuil, 1992.
  • Anne MARTIN-FUGIER, Comédiennes. Les Actrices en France au XIXe siècle, Paris, rééd. Complexe, 2008.
  • Anne MARTIN-FUGIER, Les Romantiques, Paris, Hachette, coll. « La Vie quotidienne », 1998.
  • Mario PRAZ, La Chair, la mort et le diable dans la littérature du XIXe siècle, Paris, Denoël, 1977.
  • Jean-Claude YON, Histoire culturelle de la France au XIXe siècle, Paris, Colin, 2010.

Commentaires

J'ai été très impressionné de trouver cette image. J'ai une aquarelle (copies de l'image?) Fait 1832. Chose intéressante, nous a toujours dit que c'était la reine Dona Maria II du Portugal. Je voudrais en savoir plus sur ce travail. Est-il possible?
Eduardo Alves
Par Eduardo Alves le 30/09/12 à 04h45 - #955
Il conviendrait de corriger l'erreur d'attribution de ce tableau qui est l'oeuvre de Claude Marie Dubufé (1790-1864) et non de son fils Edouard, qui n'avait que 11 ans en 1830.
Catherine Treilhou Balaudé
Par Catherine Treilhou Balaudé le 13/03/13 à 16h38 - #1366
Bonjour et merci pour votre œil avisé !
La correction est désormais effective sur le site.
A bientôt,

Anne-Lise
Histoire_image
Par Histoire_image le 20/03/13 à 10h19 (sur twitter) - #1390

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