Réunion des Musées Nationaux - Grand Palais
Ministère de la Culture

L'histoire par l'image de 1643 à 1945

 
S'abonner à
L'Histoire par l'image
Ajouter à un album

Albums liés

la République (70 études)


" Carte de France divisée en 98 départements… par Belleyme ingénieur géographe. An VI ".

Les débuts de la première République (4 études)

Décret de la Convention abolissant la Royauté, 21 septembre 1792.
Décret de la Convention abolissant la Royauté, 21 septembre 1792.

Découvrez aussi

Le mythe d'Ossian

Ossian évoque les fantômes au son de la harpe.
Ossian évoque les fantômes au son de la harpe.
François GERARD

La chute de la royauté

La Prise du palais des Tuileries, cour du Carrousel, 10 août 1792.
La Prise du palais des Tuileries, cour du Carrousel, 10 août 1792.
Jacques BERTAUX

L’abolition de la Royauté - 21 septembre 1792

Décret de la Convention abolissant la Royauté, 21 septembre 1792.
Décret de la Convention abolissant la Royauté, 21 septembre 1792.

L'avènement de la Monarchie de Juillet

Le roi donne les drapeaux à la Garde nationale de Paris et de la banlieue (29 août 1830).
Le roi donne les drapeaux à la Garde nationale de Paris et de la banlieue (29 août 1830).
Joseph-Désiré COURT

Les massacres de septembre

Massacre à l'abbaye de Saint-Germain-des-Prés, 2 septembre 1792.
Massacre à l'abbaye de Saint-Germain-des-Prés, 2 septembre 1792.

Veto du roi au décret sur les prêtres réfractaires (juin 1792)

Décret de l’Assemblée législative sur les prêtres réfractaires.
Décret de l’Assemblée législative sur les prêtres réfractaires.

1792, la Nation en arme

La Garde nationale de Paris part pour l'armée. Septembre 1792.
La Garde nationale de Paris part pour l'armée. Septembre 1792.
Léon COGNIET

Innovation et progrès au XVIIIe siècle

Ascension de Charles et Robert Montgolfier, aux Tuileries, le 1er décembre 1783.
Ascension de Charles et Robert Montgolfier, aux Tuileries, le 1er décembre 1783.

Les dernières heures de Marie-Antoinette

Acte d’accusation du procès de Marie-Antoinette devant le Tribunal révolutionnaire.
Acte d’accusation du procès de Marie-Antoinette devant le Tribunal révolutionnaire.

Le chômage à Paris et à Lyon en 1831

Peuple affranchi dont le bonheur commence...
Peuple affranchi dont le bonheur commence...
Charles Joseph TRAVIES DE VILLERS

10 août 1792 - De la monarchie constitutionnelle à la République

commentaires 3 commentaires commentaires
Le 10 août 1792.

© Photo RMN-Grand Palais - J.-G. Berizzi

Agrandissement - Zoom

Titre : Le 10 août 1792.

Auteur : François GERARD (1770-1837)
Date de création : 1794
Date représentée : 10 août 1792
Dimensions : Hauteur 67 cm - Largeur 92 cm
Technique et autres indications : Dessin à la plume avec rehauts de gouache.
Lieu de Conservation : Musée du Louvre (Paris) ; site web
Contact copyright : Agence photographique de la Réunion des musées nationaux. 254/256 rue de Bercy 75577 Paris CEDEX 12. Courriel : photo@rmn.fr ; site web
Référence de l'image : 01-015977 / INV26713

  Contexte historique

Lors de la réunion des états généraux le 5 mai 1789, Louis XVI dispose encore d’un important capital de confiance et de popularité parmi ses sujets. Cependant, incapable de comprendre les espoirs des représentants du tiers état et d’apprécier l’importance des changements qui s’opèrent dans son royaume, profondément attaché à l’absolutisme de droit divin, le roi déçoit le peuple français. S’ajoutant à la crise politique, la crise économique est à l’origine des journées d’octobre 1789 qui voient le pitoyable retour de la famille royale au palais des Tuileries. Le monarque est en quelque sorte l’otage du peuple de Paris, et le prestige de la monarchie s’en trouve considérablement entamé. La fuite du roi et son arrestation à Varennes le 20 juin 1791 incitent l’Assemblée constituante à précipiter l’instauration d’une monarchie constitutionnelle.

Le 1er octobre 1791, l’Assemblée constituante laisse place à l’Assemblée législative. Louis XVI est alors persuadé que seule une intervention étrangère peut lui permettre de restaurer l’absolutisme. Le 20 avril 1792, l’Assemblée législative déclare la guerre à l’Autriche sur la proposition du roi, qui joue la politique du pire. Les premières batailles sont un désastre pour la France. Le 11 juillet, l’Assemblée déclare la patrie en danger. Le 25 juillet, le manifeste de Brunswick menace la capitale de destruction « s’il est fait la moindre violence, le moindre outrage, à Leurs Majestés, le Roi, la Reine et la famille royale ». Cette déclaration austro-prussienne excite la fureur et les aspirations républicaines des révolutionnaires.

Le 10 août 1792, quarante-sept des quarante-huit sections parisiennes, grossies des fédérés bretons et marseillais, assiègent le palais des Tuileries, contraignant la famille royale à se retirer et à se placer sous la protection de l’Assemblée législative. Moins de deux ans plus tard, dans le contexte d’une Terreur renforcée, le Comité de salut public éprouve le besoin de légitimer les événements révolutionnaires et organise le Concours de l’an II, temps fort de la politique des arts sous la Révolution, pour illustrer les pages glorieuses de la jeune république.

  Analyse de l'image

Élève de Jacques Louis David (1748-1825), François Pascal Simon Gérard (1770-1837) s’inscrit au Concours de l’an II, instauré en 1794 par la Convention. Ce concours appelle « tous les artistes de la République à représenter à leur choix sur la toile les époques les plus glorieuses de la République française ». Gérard remporte le concours avec ce dessin préparatoire à un tableau qui devait s’intituler « Le Peuple français demandant la destitution du tyran à la journée du 10 août » mais ne sera jamais achevé.

Après le massacre des suisses et la prise du palais des Tuileries, les insurgés envahissent la salle du Manège des Tuileries, où siège l’Assemblée législative. Ils brandissent des bannières revendicatives sur lesquelles figurent des mots d’ordre révolutionnaires : « Patrie / Egalité / Liberté » et « Plus de roi ». La fureur lyrique de cette foule, figurée dans la partie gauche du dessin, contraste avec l’accablement des membres du bureau de l’Assemblée réunis sur une estrade, à droite. Au-dessus d’eux, assis à une table sur laquelle est posée une clochette, le Girondin Pierre Victurnien Vergniaud (1753-1793) préside la séance. Derrière lui, à sa droite, apparaît la famille royale, réfugiée dans la loge du logographe qu’une rangée de barreaux isole de la salle. Ainsi se conforme-t-on, fût-ce artificiellement, à la Constitution de 1791 selon laquelle le roi ne peut assister aux délibérations de l’Assemblée législative. Au bas de l’estrade, l’artiste a représenté plusieurs coffrets qui renferment les bijoux de la reine et divers biens saisis dans le palais des Tuileries. Placés au centre de la composition, ils mettent en évidence la corruption du régime monarchique et divisent l’espace pictural entre les adversaires et les partisans de la royauté.

  Interprétation

Les journées des 20 juin (serment du Jeu de paume) et 4 août 1789 (abolition des privilèges) avaient consacré la fin de l’Ancien Régime politique et social. Le 10 août 1792 marque le début de la seconde Révolution, une révolution populaire organisée et menée par la Commune insurrectionnelle de Paris et les sections parisiennes. Elle est dirigée contre le roi, mais aussi contre une Assemblée législative bourgeoise, libérale et majoritairement favorable à la monarchie constitutionnelle. Sous la pression populaire, l’Assemblée vote, à l’unanimité, la convocation d’une Convention nationale, la révocation des ministres feuillants et la suspension du roi, mais non sa déposition. Elle met en place un Conseil exécutif provisoire de six ministres, chargé d’assurer la continuité du gouvernement : Monge et Lebrun-Tondu y côtoient Roland, Clavière et Servan, anciens ministres girondins révoqués par Louis XVI, ainsi que Danton, à qui l’Assemblée confie le portefeuille de la Justice, comptant sur lui pour amadouer la Commune.

Louis XVI est d’abord assigné à résidence au palais du Luxembourg mais, sous la pression populaire, l’Assemblée remet « la garde du Roi et de sa famille aux vertus des citoyens de Paris ». Le 13 août 1792, la famille royale est emprisonnée au Temple, et le procès du roi, soupçonné de collusion avec les puissances étrangères, apparaît de plus en plus inévitable. Élue au suffrage universel, mais avec près de 90 % d’abstention, la Convention tient sa première séance le 21 septembre 1792 et proclame l’abolition de la royauté. Ainsi commence l’an Ier de la République. Pour les hommes de l’an II, la journée du 10 août a été un événement éminemment fondateur. Porteuse de valeurs essentielles, elle marque l’avènement de la souveraineté du Peuple qui s’incarne désormais dans la Nation.

Auteur : Alain GALOIN


Bibliographie

  • Albert MATHIEZ, Le 10 Août, Paris, Éditions de la Passion, 1989.
  • Marcel REINHARD, La Chute de la royauté (10 août 1792), Paris, Gallimard, coll. « Trente journées qui ont fait la France », 1969.
  • Denis RICHET, entrée « Journées révolutionnaires », in François Furet et Mona Ozouf, Dictionnaire critique de la Révolution française, Paris, Flammarion, coll. « Champs Flammarion », 1992.
  • Michel VOVELLE, La Chute de la monarchie 1787-1792, Paris, Le Seuil, coll. « Points Histoire », 1972.

Commentaires

Quelques réticences devant certains aspects de la présentation du contexte historique aux accents "républicanocentrés"
Ex1:A vous lire louis XVI serait dés le début de la révolution "has been"
Le détachement vis à vis de la figure royale, sa dévalorisation semble à l'époque un phénomène progressif et non consensuel.
Ex2 :User de la formule "retour pitoyable de la famille royale"
parait discutable, non argumenté.

Cordialement
enja
Par enja le 29/12/11 à 18h54 - #413
Quelques erreurs parfois comme par exemple le nom de l'auteur qui n'est pas écrit en entier mais sinon c'est un bon site qui m'as bien aidé.
fflackk
Par fflackk le 15/02/12 à 10h22 - #563
Si le détachement des députés et du peuple envers le roi est effectivement progressif, le roi, lui, et son entourage, jouent dès le début un double jeu, contre la souveraineté nationale.
leflamand
Par leflamand le 10/02/13 à 11h49 - #1265

Laisser un commentaire :

twitter

facebook










Haut de page