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L'histoire par l'image de 1643 à 1945

 
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Louqsor. Vue générale [avec Auguste Mariette posant].

© Photo RMN-Grand Palais (Institut de France) - Gérard Blot

Agrandissement

Titre : Louqsor. Vue générale [avec Auguste Mariette posant].

Auteur : Aymard de BANVILLE (1837-1917)
Dimensions : Hauteur 18.8 cm - Largeur 25.2 cm
Technique et autres indications : Tiré de l’Album photographique de la mission remplie en Égypte par le vicomte Emmanuel de Rougé, n° 47.
1863-1864.
Épreuve sur papier albuminé d’après négatif sur verre au collodion.
Lieu de Conservation : Bibliothèque de l'Institut (Paris) ; site web
Contact copyright : Agence photographique de la Réunion des musées nationaux. 254/256 rue de Bercy 75577 Paris CEDEX 12. Courriel : photo@rmn.fr ; site web
Référence de l'image : 1863-1864. Planche 47 / 08-502341

  Contexte historique

Mariette et la sauvegarde des Antiquités égyptiennes

En 1857, l’égyptologue français Auguste Mariette (1821-1881), conservateur adjoint au musée du Louvre, très préoccupé du devenir des vestiges archéologiques de l’Égypte, rencontre le pacha Mohammed Saïd (1854-1863) par l’entremise de Ferdinand de Lesseps. L’année suivante, Saïd Pacha le charge de créer un Service des antiquités puis de fonder un musée au Caire, dans le quartier de Boulaq, pour en abriter les découvertes. Après l’expédition d’Égypte de Bonaparte (1798-1801) et le déchiffrement des hiéroglyphes par Champollion (1790-1832), la France continue de jouer un rôle prépondérant en matière d’égyptologie.

D’octobre 1863 à juin 1864, le vicomte Emmanuel de Rougé (1811-1872), conservateur honoraire des Antiquités égyptiennes au musée du Louvre et professeur d’archéologie égyptienne au Collège de France, entreprend une mission officielle en Égypte pour déchiffrer des textes hiéroglyphiques. Il est accompagné de son fils Jacques et d’un ami de ce dernier, le vicomte Aymard de Banville (1837-1917), photographe amateur.

  Analyse de l'image

Mariette et l’expédition française d’Emmanuel de Rougé

Ismaïl Pacha, qui a succédé à Saïd Pacha, apporte son soutien à l’expédition et leur prête un bateau à vapeur avec lequel ils rejoignent Thèbes, en Haute-Égypte.

Mariette s’occupe alors de différentes fouilles dont celles du temple de la reine Hatchepsout à Deir el-Bahari, sur la rive ouest du Nil, près de Thèbes. C’est là que Banville le photographie, posant de profil et coiffé de son tarbouche, avec, comme arrière-plan, le fleuve et le temple de Louqsor alors ensablé.

Les photographies sont réunies en album et publiées à Paris en 1865. Celle avec Mariette est intitulée « vue générale » de Louqsor. Rougé la légende ainsi : « Cette vue fait saisir tout l’ordonnancement du temple ; à l’entrée, on voit, sur la gauche, le grand pylône, au-dessus duquel apparaît la pointe de l’obélisque. Derrière le pylône, on a bâti une mosquée. On voit ensuite ce qui subsiste des colonnes soutenant les diverses salles qui précédaient le sanctuaire. Celui-ci termine le temple vers le sud ; il est encore en partie recouvert par des maisons. »

  Interprétation

La suprématie française en égyptologie

Rougé est un des premiers à comprendre l’intérêt de la photographie en archéologie. Elle permet de reproduire rapidement et avec fidélité les textes des parois de monuments, évitant ainsi un relevé fastidieux à la main. Recherchant une précision absolue, Banville utilise, pour la première fois en égyptologie, des négatifs sur plaque de verre au collodion humide, malgré leur coût (qu’il dut en grande partie prendre en charge) et malgré la chaleur et les vents de sable qui compliquaient l’emploi de l’éther. Selon Rougé, Banville « a su rendre les figures avec toutes les finesses du modelé, les vues des monuments avec les demi-teintes et la vérité de la perspective, et les inscriptions avec une netteté dont nous n’avions pas encore vu d’exemple dans les photographies rapportées d’Égypte ».

En 1863, à l’époque de la prise de vue, Mariette voit ses efforts de conservateur aboutir avec l’ouverture au public du musée de Boulaq, premier établissement de ce type au Moyen-Orient pour lequel il publie un catalogue en français et en arabe qui recense 22 000 objets.

Mariette est alors en Égypte depuis 1849. Il avait rejoint ce pays quand le musée du Louvre l’avait chargé d’acquérir des manuscrits dans les monastères chrétiens, mais il utilisa l’argent pour entreprendre des fouilles. Il découvrit alors le Serapeum de Memphis (nécropole consacrée au dieu Apis), riche en matériel archéologique (dont le Scribe accroupi du Louvre) et en informations historiques. Il entreprit ensuite d’autres fouilles, notamment dans le secteur du Sphinx à Gizeh.

En 1857, devant la richesse des vestiges qu’abrite l’Égypte et les difficultés que pose leur conservation, Mariette en appelle à Saïd Pacha : « Il nous incombe de veiller avec soin sur les monuments. Dans cinq cents ans, l’Égypte sera-t-elle encore en mesure de montrer aux érudits qui la visiteront ceux-ci tels que nous les découvrons aujourd’hui ? »

Nommé l’année suivante à la tête du nouveau service chargé des antiquités, Mariette entreprend les premières fouilles scientifiques de la plupart des grands sites archéologiques du pays. Ce pionnier de l’archéologie militante meurt au Caire en 1881 et est aujourd’hui enterré devant le Musée égyptien de la ville.

Auteur : Guillaume NICOUD


Bibliographie

  • Un siècle de fouilles françaises en Égypte : 1880-1980, à l’occasion du centenaire de l’École du Caire IFAO, catalogue de l’exposition du musée d’Art et d’Essai - Palais de Tokyo, Paris, 21 mai-15 octobre 1981, Le Caire-Paris, I.F.A.O.-Musée du Louvre, 1981.
  • Élisabeth DAVID, Mariette Pacha. 1821-1881, Paris, Pygmalion, 1994.

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