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Gabriele d'Annunzio, le poète en exil

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Gabriele d'Annunzio, le poète en exil.

© Collection Centre Pompidou, Dist. RMN-Grand Palais / Droits réservés

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Titre : Gabriele d'Annunzio, le poète en exil.

Auteur : Romaine Goddard, dite Romaine BROOKS (1874-1970)
Date de création : 1912
Dimensions : Hauteur 116 cm - Largeur 95 cm
Technique et autres indications : Huile sur toile.
Lieu de Conservation : Musée Sainte-Croix (Poitiers) ; site web
Contact copyright : Agence photographique de la Réunion des musées nationaux. 254/256 rue de Bercy 75577 Paris CEDEX 12. Courriel : photo@rmn.fr ; site web
Référence de l'image : 33-000399-01 / JP4P

  Contexte historique

Le poète maudit

Gabriele D’Annunzio naît en 1863 à Pescara, petite ville du sud de l’Italie. Il manifeste très tôt des capacités exceptionnelles et compose dès l’âge de seize ans ses premiers recueils de poèmes, où il mêle à l’affirmation d’un esthétisme exacerbé l’exaltation d’une sensualité vibrante. Vite reconnu à Rome comme le plus grand poète de son temps, D’Annunzio continue de décliner le thème de la volupté des sens qu’il inscrit dans le sillage de la tradition antique. Ses œuvres poétiques et romanesques témoignent de multiples aspirations et influences, du symbolisme au réalisme le plus cru, mais restent toutefois dominées par le même culte insatiable de la Beauté. En 1910, D’Annunzio est devenu la figure même du dandy. Ses écrits sulfureux, son mode de vie princier et ses innombrables maîtresses font plus d’une fois scandale. Il quitte alors l’Italie pour la France et se représente, à la suite des plus illustres écrivains, en poète maudit contraint à l’« exil ».

  Analyse de l'image

Romantisme et contemporanéité

Ce portrait est l’œuvre de l’artiste américaine Romaine Brooks, fort en vogue dans le Paris élégant où évolue D’Annunzio. Grande amie du célèbre dandy Robert de Montesquiou, elle invite D’Annunzio, poursuivi par ses créanciers et maîtresses, à se réfugier dans une villa qu’elle loue à Arcachon. C’est là qu’elle réalise en 1912 le grand portrait du poète devant l’océan. Représenté seul, de face, vêtu élégamment mais sans afféterie, D’Annunzio semble perdu dans une rêverie profonde, empreinte de mélancolie et d’une certaine angoisse. La sobriété de la palette – camaïeu de gris, noir et blanc pour l’essentiel – est la marque distinctive de Romaine Brooks, dont l’austérité est tout à fait originale dans ces années d’avant-guerre plutôt exubérantes. Cette simplicité, voire cette sévérité rend d’autant plus imposante la présence du poète, immense dans la solitude du ciel et de la mer. Si l’héritage romantique semble inspirer le choix des couleurs sombres et d’une représentation solitaire de l’artiste devant les éléments, la sobriété du trait et le réalisme donné à l’expression du visage font de ce tableau une œuvre éminemment contemporaine.

  Interprétation

Présage de guerre

La simplicité et l’impression de solitude qui émanent de ce portrait contrastent étonnamment avec la vie tourbillonnante de plaisirs menée par l’auteur de L’Enfant de volupté (1889). Pourtant, le poète se reportera toujours à ces années d’« exil » dans les âpres Landes comme à une retraite salutaire. Réalisme ou pressentiment, Romaine Brooks a empreint le regard du poète d’une infinie gravité : il semble déjà entrevoir le déferlement de la guerre si proche, ce qui donne à l’œuvre une singulière valeur de présage. Il est en effet difficile de ne pas se représenter ici le commandant d’escadrille que deviendra D’Annunzio deux ans plus tard, affirmant désormais l’héroïsme comme seul antidote à l’angoisse d’exister.

Auteur : Hermine VIDEAU


Bibliographie

  • Françoise WERNER, Romaine Brooks, Paris, Plon, 1990.

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