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Rosine Stoltz

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Rosine Stolz.

© Musée d'Orsay, Dist Rmn / Patrice Schmidt

Agrandissement - Zoom

Titre : Rosine Stolz.

Auteur : NADAR (Gaspard Félix TOURNACHON, dit) (1820-1910)
Dimensions : Hauteur 24.2 cm - Largeur 16 cm
Technique et autres indications : Epreuve sur papier salé.
Entre 1854 et 1860.
Lieu de Conservation : Musée d'Orsay (Paris) ; site web
Contact copyright : Agence photographique de la Réunion des musées nationaux. 254/256 rue de Bercy 75577 Paris CEDEX 12. Courriel : photo@rmn.fr ; site web
Référence de l'image : 94-051696 / PHO1991-2-57

  Contexte historique

L’Opéra après le règne de sa favorite

Le statut de capitale culturelle de l’Europe n’empêche pas Paris, sous le Second Empire, d’avoir de plus en plus de mal à conserver les grands artistes étrangers. Ils se déplacent de plus en plus grâce aux progrès des transports. L’Opéra souffre de ce phénomène et profite, pour enrichir sa troupe ordinaire, du séjour d’artistes de passage parmi lesquels Rosine Stoltz. Cette dernière, de son vrai nom Victoire Noël, n’est pas une inconnue pour les Parisiens. Elle a régné sans partage sur l’Opéra comme sur le cœur de son directeur, Léon Pillet, pendant la seconde moitié de la monarchie de Juillet. Parisienne, fille de concierge, son parcours rappelle que le goût parisien pour les artistes étrangers peut pousser les Français à débuter leur carrière ailleurs et à s’inventer des origines exotiques. La photographie de la Stoltz par Nadar rappelle les progrès rapides de cet art, la mise en question de son caractère artistique et la façon dont il supplante peu à peu la gravure et la lithographie. Ce cliché s’intègre, en effet, dans une série de portraits photographiques des artistes contemporains qui n’est pas sans rappeler les galeries lithographiques des décennies précédentes.

  Analyse de l'image

Ressaisir la gloire du passé

C’est à la fin de sa carrière que Nadar immortalise les traits de la cantatrice puisque, à part quelques représentations données en 1854-1855, elle ne paraît plus sur une scène parisienne après 1847. C’est certainement lors de ce séjour que Nadar la photographie car elle réside essentiellement à l’étranger par la suite. Il donne une idée du caractère hautain de la cantatrice qui se présente le regard levé, de trois quarts et le visage légèrement tourné vers la gauche. Ses mains sont cachées par le châle drapé autour de ses épaules et qui, avec sa coiffure, lui donne l’air d’une Espagnole. Cette tenue, savamment étudiée, est certainement destinée à entretenir la légende qu’elle a construite autour de ses origines, puisqu’elle se disait d’ascendance noble et ibérique.

  Interprétation

Une artiste énigmatique

La postérité a gardé davantage de souvenirs de la troupe des Italiens que de celle de l’Opéra dans les années 1840, Duprez excepté. La Stoltz a pourtant, pendant toute la durée de sa carrière, déchaîné les passions, celles des hommes, de la presse et du public. Quand elle revient à l’Opéra en 1854, l’image que la cantatrice a laissé durant la décennie précédente est encore vivace. Elle a marqué, à son arrivée, par ses talents de comédienne et la beauté de sa voix de contralto, particulièrement admirés dans son rôle de prédilection, Léonore de La Favorite. Très vite, cependant, le tableau s’assombrit en raison de sa vie privée scandaleuse et de son caractère. Maîtresse tyrannique du directeur de l’Opéra, elle impose sa volonté à tous, chanteurs et compositeurs. Elle est donc vilipendée par une partie de la presse, certes minoritaire mais virulente. C’est à la suite d’une manifestation hostile du public qu’elle décide de faire ses adieux pour poursuivre sa carrière à l’étranger et en province. Bien qu’en fin de carrière, elle reste, sous le Second Empire, une artiste renommée.

Auteur : Stella ROLLET


Bibliographie

  • Gustave CHOUQUET, Histoire de la musique dramatique en France depuis ses origines jusqu'à nos jours, Paris, Firmin-Didot, 1873.
  • Etienne HUGNY, A Madame la comtesse de Ketschendorf (Rosina Stoltz). Feuilles errantes, essais poétiques, Paris, A. Lefrançois, 1870.
  • Jean-Louis TAMVACO, Les Cancans de l’Opéra, journal d’une habilleuse (1836-1848), Paris, CNRS, 2000, vol.2, pp. 1074-1081.

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