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Festin du mariage de Napoléon Ier et de Marie-Louise, 2 avril 1810.

© Photo RMN-Grand Palais - G. Blot

Agrandissement - Zoom

Titre : Festin du mariage de Napoléon Ier et de Marie-Louise, 2 avril 1810.

Auteur : Alexandre DUFAY, dit CASANOVA (1770-1844)
Date de création : 1812
Date représentée : 2 avril 1810
Dimensions : Hauteur 149 cm - Largeur 236 cm
Technique et autres indications : Huile sur toile.
Lieu de Conservation : Musée national du Château de Versailles (Versailles) ; site web
Contact copyright : Agence photographique de la Réunion des musées nationaux. 254/256 rue de Bercy 75577 Paris CEDEX 12. Courriel : photo@rmn.fr ; site web
Référence de l'image : 94-018406

  Contexte historique

Un mariage selon l’étiquette

Au faîte de sa puissance, Napoléon divorce d’avec Joséphine et cherche un nouveau « ventre » qui puisse lui assurer une descendance. Il réussit à obtenir la main de Marie-Louise, la fille de l’Empereur François Ier d’Autriche, s’alliant ainsi avec la prestigieuse maison des Habsbourg. Le déroulement des cérémonies aux Tuileries le 2 avril 1810, avec la cour comme spectatrice, suit un rigoureux protocole repris de l’Ancien Régime. En choisissant de présenter le festin de noce pour l’exposition du Salon du Louvre en 1812, le peintre Alexandre Dufay dit Casanova espère ainsi percer dans le monde artistique.

  Analyse de l'image

Grand couvert

À dix-huit heures, après la cérémonie religieuse et la parade de la garde, a lieu le Grand couvert (repas public du souverain avec sa famille) dans la nouvelle salle de spectacle du palais des Tuileries : sur la scène est dressée une table en forme de fer à cheval, surélevée par une estrade. Le nouveau décor à l’antique est conçu comme un prolongement de la salle de spectacle, avec coupole, hémicycle et colonnade.

Au centre, assis sur des sièges et sous un dais, Napoléon invite de la main Marie Louise à se servir. Les membres de la famille impériale sont placés suivant leurs rangs sur des tabourets de part et d’autre du couple impérial. À droite de l’Empereur : Madame Mère, le roi Louis de Hollande, Jérôme de Westphalie, le prince Borghèse, duc Guastalla, Joachim Murat, roi de Naples, Eugène, vice-roi d’Italie, et le grand-duc héréditaire de Bade. À gauche de la nouvelle impératrice : Julie, reine d’Espagne (son époux Joseph est absent), Hortense de Hollande, Catherine de Westphalie, Elisa, grande-duchesse de Toscane, Pauline Borghèse, Caroline, reine de Naples, Ferdinand, archiduc d’Autriche (duc de Wurzbourg et oncle de Marie-Louise), Augusta, vice-reine d’Italie, et Stéphanie de Bade.

La table est dressée avec le grand vermeil et le surtout du service de l’Empereur composé de modèles d’après l’antique en biscuit de porcelaine blanche de Sèvres. Carafes d’eau et de vin sont placées devant les convives qui se font servir tandis que les plats leur sont apportés après découpe.

L’Empereur est servi par son colonel général de la garde de service (le duc d’Istrie), son Grand écuyer (le duc de Vicence) et son échanson le Grand chambellan (le comte de Montesquiou). L’Impératrice est servie quant à elle par son chevalier d’honneur (le comte de Beauharnais), son Premier écuyer (le prince Aldobrandini) et un préfet de service. Préfets du palais, aides des cérémonies et pages de service s’affairent aussi derrière la famille impériale. À gauche, en bout de table, le Grand maréchal du palais (le duc de Frioul) et, à droite, le Grand maître des cérémonies (le comte de Ségur) assistent à la scène, avec à l’arrière les grands dignitaires, le corps d’État et le corps diplomatique. Les loges sont occupées par les femmes de la cour.

  Interprétation

« Si c’est imposant, ça n’est pas gai. »

Ce banquet dura une vingtaine de minutes. Selon l’officier Coignet, spectateur d’un grand couvert, « on ne soufflait pas mot. Il ne fut permis de parler que lorsque le souverain maître adressa la parole à son voisin. Si c’est imposant, ça n’est pas gai. »

Ce festin rappelle le souper du précédent grand mariage princier français : celui du dauphin -futur Louis XVI- avec Marie-Antoinette -grande tante de Marie-Louise- dans le nouvel opéra du château de Versailles le 16 mai 1770. Car Napoléon rétablit alors en France une vie de cour reprenant l’étiquette et les fastes de l’Ancien Régime, rapprochant ainsi le régime impérial des autres monarchies européennes.

Alexandre Dufay dit Casanova ne présenta que peu d’œuvres à l’exposition du Salon dont ce seul tableau en 1812. Le pouvoir ne l’acquit pas, malgré la présence flatteuse de Denon, directeur du Musée Napoléon, dans la loge de gauche. Élève de son beau-père François-Joseph Casanova (le frère du célèbre aventurier) puis de David, sa vie tumultueuse le mena de Calcutta, dès 1829, au nord de l’Inde où il devint peintre du roi d’Aoude.

Auteur : Guillaume NICOUD


Bibliographie

  • Dominique-Vivant Denon : l'oeil de Napoléon, Catalogue de l’exposition au musée du Louvre, 20 octobre 1999-17 janvier 2000, Paris, Réunion des Musées nationaux, 1999, n° 161, pp. 158-159.
  • Versailles et les tables royales en Europe : XVIIe-XIXe siècles, Catalogue de l’exposition au mMusée national des châteaux de Versailles et de Trianon, 3 novembre 1993-27 février 1994, Paris, Réunion des musées nationaux, 1993, n° 313, p. 196-197.

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