© Photo RMN-Grand Palais - R. G. Ojeda
Titre : Valet de chien à cheval menant sa horde.
Auteur : Pierre-Jules MENE (1810-1879)
Date de création : 1883
Dimensions : Hauteur 66 cm - Largeur 75.8 cm
Technique et autres indications : Bronze
Lieu de Conservation : Musée du Louvre (Paris) ; site web
Contact copyright : Agence photographique de la Réunion des musées nationaux. 254/256 rue de Bercy 75577 Paris CEDEX 12. Courriel : photo@rmn.fr ; site web
Référence de l'image : 98-012082 / RF185
Codification de la vénerie sous le second Empire
Napoléon III rétablit la vénerie impériale en 1852 et, renouant avec la tradition de l’institution, nomme un peintre des chasses, Louis-Godefroy Jadin. S’éloignant de la mode anglaise qui prévalait depuis la Restauration, les pratiques de la vénerie se recentrent sur la tradition française alors que des équipages se multiplient un peu partout en province (on en compte deux cents à la fin du siècle). La codification du cérémonial de la chasse à courre qui se met alors en place est déjà globalement celle qui est encore en usage aujourd’hui. Comme dans tous les domaines l’éclectisme domine et l’on mêle un langage issu des traités de vénerie du XVIe siècle, des trompes d’un modèle créé au XIXe, des chiens et des chevaux souvent de race anglaise.
Un retour aux traditions
La sculpture achetée par Napoléon III au Salon de 1869 est d’une composition très classique privilégiant un point de vue unique. La terrasse en pente permet de placer le groupe de chien au premier plan sans gêner la vision complète du cheval et de son cavalier en arrière-plan. L’artiste rend de manière subtile la tension entre les chiens tirant sur leur longe et le piqueux légèrement incliné vers l’arrière. Signe des temps, le valet porte un costume Louis XV : habit à la française, bicorne et bottes à chaudron. Le XIXe siècle entretient la nostalgie de la vénerie de l’Ancien Régime et considère que son âge d’or se situerait entre l’accession du marquis de Dampierre aux fonctions de premier veneur de Louis XV et la Révolution française. Il n’est donc guère étonnant que chaque chien porte la marque d’équipage de la vénerie royale (une croix inscrite dans un triangle inversé). Cette marque avait été récupérée par Napoléon III pour la meute impériale.
Vénerie et sculpture animalière
En France, la sculpture animalière se renouvelle au XIXe siècle et acquiert une réputation internationale. Les thèmes liés à la chasse profitent de ce renouveau en partie lié à l’emploi du bronze et à la mise au point de procédés de réduction mécanique favorisant la diffusion des modèles. Le sculpteur animalier Jules Mène s’inscrit parfaitement dans ce courant : il ouvre sa propre fonderie en 1838, l’année même où il débute au Salon (Barye crée la sienne un an plus tard) et la dirige jusqu’en 1877, secondé par son gendre Alexandre Cain. Ce dernier vendra des modèles de son beau-père aux maisons d’édition Susse et Barbedienne. Perpétuant la hiérarchie académique, les pièces les plus coûteuses sont celles mêlant hommes et animaux. L’édition par parties, utilisée surtout pour le procédé de la fonte au sable, permet la suppression d’éléments au sein d’un groupe sculpté et permet de moduler son prix. Ainsi le groupe de Jules Mène est connu dans deux versions, à trois ou cinq chiens.
Auteur : Béatrice MÉON-VINGTRINIER