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La rencontre de Napoléon et Alexandre sur le Niémen le 25 juin 1807

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Entrevue de Napoléon Ier et du tsar Alexandre Ier de Russie sur le Niémen.

© Photo RMN-Grand Palais - M. André

Agrandissement - Zoom

Titre : Entrevue de Napoléon Ier et du tsar Alexandre Ier de Russie sur le Niémen.

Auteur : Horace VERNET (1789-1863)
Date de création : 1807
Date représentée : 25 juin 1807
Dimensions : Hauteur 35.5 cm - Largeur 62.5 cm
Technique et autres indications : Encre sepia, gouache
Lieu de Conservation : Musée national du Château de Malmaison (Rueil-Malmaison) ; site web
Contact copyright : Agence photographique de la Réunion des musées nationaux. 254/256 rue de Bercy 75577 Paris CEDEX 12. Courriel : photo@rmn.fr ; site web
Référence de l'image : 99-023567 / MM.40.47.6863

  Contexte historique

Un dégel franco-russe sur le fleuve Niémen.

En 1801, l’avènement d’Alexandre Ier (1777-1801-1825) après l’assassinat de son père Paul Ier (1754-1796-1801) est source de grande espérance en Russie et, de fait, le nouveau tsar tente de mener de grandes réformes. Mais rapidement, l’affrontement avec la France napoléonienne devient sa priorité.
Après la défaite d’Austerlitz en 1805, le tsar tente vainement d’arrêter l’expansion française. Durant le conflit opposant la France à la Quatrième coalition, la Grande armée menace les frontières russes qu’elle atteint sur le fleuve Niémen le 19 juin 1807 après la victoire de Friedland cinq jours plus tôt.

Devant l’avancée irrésistible d’un souverain français considéré à Saint-Pétersbourg comme un usurpateur, voire l’Antéchrist, Alexandre est forcé de composer avec lui. Mais leur rencontre sur le Niémen le 25 juin 1807 et le traité de paix franco-russe qui s’en suit, signé à Tilsit le 7 juillet, s’ils redessinent la carte de l’Europe, n’offrent qu’une trêve au conflit.
Le jeune peintre français Horace Vernet (1789-1863) a-t-il été témoin de cette rencontre sur le Niémen ? Toujours est-il qu’il la représente dès 1807 avec quelque exactitude.

  Analyse de l'image

Deux radeaux sur le Niémen.

Sur un terre-plein formant premier plan, des soldats de la Grande Armée sont debout, quelques-uns auprès d’un canon dirigé vers le fleuve et la rive opposée. Certains discutent, d’autres dirigent leurs regards en contrebas, sur l’activité qui règne sur le Niémen.
Deux radeaux portant deux cabanons sont amarrés au milieu du fleuve. Des embarcations les rejoignent : on distingue la silhouette de Napoléon sur la proue de celui qui vient de la rive située au premier plan (rive gauche) ; sur l’autre et venant de la rive russe opposée, on aperçoit celle d’Alexandre.
De cette rive part une plaine faisant place à des reliefs dans le lointain qui forment l’arrière-plan de la composition.
Les autres témoins de la scène sont essentiellement des soldats des deux armées, amassés sur les deux rives.

  Interprétation

Une trêve de courte durée.

Le dessin de Vernet est préparatoire à une gravure en sens inversé dédiée à Alexandre. Le Journal de l’Empire du 22 octobre 1807 en annonce la vente sous le titre du « Radeau ». Elle est gravée par Debucourt d’après « les renseignements [qui] ont été recueillis sur les lieux mêmes, avec la plus grande exactitude, et le site a été copié d’après nature. »

En 1807, Horace Vernet est un jeune peintre de 22 ans, qui n’a pas encore débuté de carrière officielle (il ne gagne le Prix de Rome qu’en 1810 et n’expose au Salon du Louvre qu’à partir de 1812). Il appartient toutefois à une illustre famille d’artistes : son grand père, le paysagiste Joseph Vernet, ayant même été un des peintres favoris de l’aristocratie russe.
Il apparaît raisonnable de penser qu’un témoin a fourni les informations nécessaires à l’artiste resté à Paris, ce que semble trahir la composition traditionnelle, notamment dans le traitement du premier plan qui sert d’introduction à la scène principale. Aucun dessin de Vernet n’est d’ailleurs conservé des entrevues ultérieures de Tilsit où les deux empereurs se partagent la domination de l’Europe continentale.

Malgré les traités qui y sont signés, les tensions pour résoudre la situation de la Pologne ou de l’Empire ottoman et les problèmes insurmontables nés de l’établissement en Russie du blocus organisé par Napoléon contre l’Angleterre (principal partenaire économique de l’empire russe), ravivent rapidement le conflit.

L’affrontement, inévitable, emporte la Grande Armée jusqu’à Moscou dans une guerre très rapidement perçue comme un conflit de civilisation. Après avoir franchi le Niémen les 24 et 25 juin 1812 et combattue en vain jusqu’à Moscou, la Grande armée, battant retraite et en débandade, doit repasser le fleuve le 13 décembre 1812.

Vingt-neuf ans plus tard, Vernet est invité en Russie par le frère et successeur d’Alexandre, Nicolas Ier (1796-1825-1855), qui lui commande notamment une Revue de la garde aux Tuileries (Ermitage, Saint-Pétersbourg) en lui déclarant : « Je le garderai dans mon cabinet de travail afin d’avoir toujours sous les yeux les gardes de l’Empereur, car ils auraient pu nous battre. »

Auteur : Guillaume NICOUD


Bibliographie

  • Horace Vernet: 1789-1863, catalogue d’exposition, Académie de France à Rome, École nationale supérieure des beaux-arts, Paris, mars-juillet 1980, Roma, De Luca ; Paris, École des beaux-arts, 1980.
  • Marie-Pierre REY, Alexandre Ier, Paris, Flammarion, 2009
    Destins souverains : Napoléon Ier, le Tsar et le Roi de Suède, catalogue d’exposition, musée national du château de Compiègne, 23 septembre 2011 – 9 janvier 2012, Paris, R.M.N., 2011.
  • Destins souverains : Joséphine, la Suède et la Russie, catalogue d’exposition, musée national des châteaux de Malmaison et Bois-Préau, 24 septembre 2011 – 9 janvier 2012, Paris, R.M.N., 2011.

Commentaires

Pour information, Horace Vernet n'a jamais obtenu le Prix de Rome, il participe bien au concours en 1810, mais n'est pas récompensé et ne se représentera plus au concours : cf. le catalogue de 1980 cité en bibliographie, p. 21, les lauréats de 1810 sont Drolling et Abel de Pujol.
AB77
Par AB77 le 03/11/12 à 10h24 - #1017

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