© Photo RMN-Grand Palais (Musée du Louvre) / René-Gabriel Ojéda
Titre : Soldats de la Première République. Etudes.
Auteur : Denis-Auguste-Marie RAFFET (1804-1860)
Dimensions : Hauteur 37 cm - Largeur 46 cm
Technique et autres indications : Huile sur toile
Lieu de Conservation : Musée du Louvre (Paris) ; site web
Contact copyright : Agence photographique de la Réunion des musées nationaux. 254/256 rue de Bercy 75577 Paris CEDEX 12. Courriel : photo@rmn.fr ; site web
Référence de l'image : 02-013127 / RF1976-18
Raffet est surtout connu comme lithographe et reconnu comme l’illustrateur fondateur de la légende napoléonienne. Attentif aux petits faits qui font la pertinence de l’histoire, il fait des croquis partout où il passe. En 1832 il connaîtra la réalité du feu au siège d’Anvers. La guerre moderne, guerre de siège, retient toute son attention. Il publiera notamment des albums sur les expéditions dirigées par le comte Demidov, qu’il accompagna dans les principautés danubiennes, en Crimée et sur les côtes d’Espagne (1837 et 1849). Il se fera l’historiographe du siège de Rome, de la campagne d’Italie de 1859.
L’homme représenté est barbu, coiffé d’un bicorne noir à plumet rouge retombant. Il porte un habit gris foncé, à revers rouges, une culotte et des guêtres et un gilet blancs.
Le soldat de gauche est vu de face, debout, la jambe gauche en avant. Il tient son fusil devant lui, le canon posé sur son bras gauche, et semble l'armer de la main droite.
Le soldat de droite est également vu debout mais de trois quarts, le pied droit en avant. Son fusil repose sur le sol, il le tient de la main gauche par le canon à baïonnette. Sur le dos il porte un paquetage jaune.
Ce style rapide et précis montre bien que Raffet se concentre sur le simple soldat qu’il va représenter avec la plus grande authenticité historique possible. A partir de 1827, il publiera chaque année un album de lithographies en l’honneur des soldats de la République et de l’Empire. Il saura évoquer aussi bien les batailles mouvementées que les parades de bataillons dans de savantes compositions. L’image est toujours des plus évocatrices.
Raffet n’avait pu voir ni la Révolution ni les guerres de l’Empire ; pourtant son sens de l’observation et son goût pour la recherche du détail anecdotique donnent à sa production un réel pouvoir d'évocation. Et ses figures représentent la nostalgie d’un temps héroïque, la gloire des soldats au sein des troupes conquérantes de la France révolutionnaire puis impériale. L’armement et les uniformes du soldat-citoyen sont très exactement reproduits. Certains vieux soldats portent, comme sous l’Ancien Régime, les cheveux longs, resserrés sur la nuque par un catogan. Quand il ne pouvait pas voir, Raffet interrogeait les témoins présents sur le lieu de l’action. Ses dessins bondés d’annotations et de croquis, ses notes, rendent compte de son souci de l’exactitude.
Auteur : Nathalie de LA PERRIÈRE-ALFSEN