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Le Mur des Lamentations

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Le Mur des Lamentations.

© Photo RMN-Grand Palais - D. Arnaudet

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Titre : Le Mur des Lamentations.

Auteur : Alexandre BIDA (1813-1895)
Dimensions : Hauteur 61 cm - Largeur 87 cm
Technique et autres indications : Crayon, lavis gris, papier préparé, plume
Lieu de Conservation : Musée national du Château de Malmaison (Rueil-Malmaison) ; site web
Contact copyright : Agence photographique de la Réunion des musées nationaux. 254/256 rue de Bercy 75577 Paris CEDEX 12. Courriel : photo@rmn.fr ; site web
Référence de l'image : 96-003500 / MDO 113

  Contexte historique

Élève de Delacroix (à qui sa carrière de « peintre voyageur » en Orient doit peut-être beaucoup), Bida s’embarqua pour l’Orient à trente ans visitant la Grèce, la Turquie et la Syrie. À partir de 1847, il envoie au Salon des dessins qui l’inscrivent dans la mouvance orientaliste dont il sera un représentant atypique par son choix du noir et blanc. Après un périple en Égypte en 1850, un troisième voyage le mène de Grèce jusqu’en Terre sainte. C’est à cette occasion qu’il entreprend le grand dessin de Malmaison qui sera présenté au Salon de 1857 avec un Réfectoire des moines grecs consécutif à sa visite du mont Athos. Ce choix traduit de sa part une attention scrupuleuse aux hauts lieux de spiritualité qui se vérifiera par la suite dans son œuvre d’illustrateur « authentique » de la Bible entreprise en 1860 pour l’éditeur Hachette qui l’envoya collecter le matériel archéologique et ethnographique requis en Palestine.

  Analyse de l'image

Bida choisit de bannir le chatoiement de couleurs de sa vision de l’Orient là ou ses collègues – pas tous, que l’on songe à Fromentin – privilégièrent plutôt une palette flamboyante. La critique, ainsi Baudelaire traitant du Salon de 1859, sentit la grandeur de ce projet d’une restitution d’un orient sévère qui évoquait la poésie propre à l’œuvre de graveur de Rembrandt (que Bida admirait vivement) en même temps qu’il promettait d’atteindre, à travers un patient travail sur toutes les nuances de gris séparant le noir du blanc, une plus grande véracité dans la représentation des lieux décrits. Cette vision du Mur des Lamentations est, en outre, très remarquable par son sujet que le dessinateur paraît avoir été parmi les premiers, sinon le premier, à traiter ouvrant la voie à une infinité d’artistes qui contribuèrent à faire du vestige de l’antique enceinte de Jérusalem l’un des lieux les plus emblématiques du Moyen-Orient.

  Interprétation

Surtout attentifs aux sites chrétiens et incapables de s’émanciper de leur mépris, les innombrables voyageurs modernes qui s’étaient engagés dans la voie ouverte par Châteaubriand dans son Itinéraire jusqu’à Jérusalem (ce dernier consacre néanmoins un passage inoubliable aux Juifs de la ville sainte) n’avaient guère considéré jusqu’alors ce lieu sacré du judaïsme. Attiré par sa solennité, Bida témoigne, au contraire, d’une grande minutie moins dans la description du lieu, d’ailleurs, que dans la restitution du climat de ferveur tragique unissant, devant le mur, les Juifs d’Europe Oriental et ceux d’Orient qui sont représentés avec leur vêture et leur physionomie spécifique. Des artistes comme Gérôme et Vereshchagin qui traitèrent le même thème dans les années 1880, jouèrent en « metteur en scène »sur un cadrage plus large faisant contraster l’énormité de la muraille avec des figures anecdotiques là où Bida, avec une curiosité d’ethnologue exempte de préjugé, se focalisa sur l’émotion contenue qui parcourt un groupe dont chaque membre est fortement caractérisé.

Etude en partenariat avec le musée d'art et d'histoire du Judaïsme

Auteur : Alexis MERLE du BOURG


Bibliographie

  • MALEMBITS Michèle, Alexandre Bida un Orient en noir et blanc, Histoire de l’Art, n° 51, novembre 2002, notamment p. 104.

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