Réunion des Musées Nationaux - Grand Palais
Ministère de la Culture

L'histoire par l'image de 1643 à 1945

 
S'abonner à
L'Histoire par l'image
Ajouter à un album

Albums liés

Les juifs dans l'orientalisme (8 études)

Le Christ devant ses juges.
Le Christ devant ses juges.
Maurycy GOTTLIEB

Juifs dans l'Orientalisme (9 études)

Juives d’Alger au balcon.
Juives d’Alger au balcon.
Théodore CHASSERIAU

Mots-clés

Découvrez aussi

Juive d’Alger

Juive d’Alger.
Juive d’Alger.
Charles CORDIER

Noces juives au Maroc

Noce juive au Maroc.
Noce juive au Maroc.
Eugène DELACROIX

La toilette d'Esther

La Toilette d'Esther.
La Toilette d'Esther.
Théodore CHASSERIAU

Fête juive à Tétouan

commentaires 0 commentaire commentaires
Fête juive à Tétouan.

© Photo RMN-Grand Palais - J.-G. Berizzi

Agrandissement - Zoom

Titre : Fête juive à Tétouan.

Auteur : Alfred DEHODENCQ (1822-1882)
Dimensions : Hauteur 120 cm - Largeur 90 cm
Technique et autres indications : Huile sur toile
Lieu de Conservation : Musée d'Art et d'Histoire du Judaïsme (Paris) ; site web
Contact copyright : Agence photographique de la Réunion des musées nationaux. 254/256 rue de Bercy 75577 Paris CEDEX 12. Courriel : photo@rmn.fr ; site web
Référence de l'image : 98-013690 / MAHJ95.13.1

  Contexte historique

Face à une Algérie investie par la France depuis 1830, le Maroc reste jusqu’à la fin du siècle une terre peu connue des occidentaux, hors de Tanger où se trouvent les ambassades. Le jeune Alfred Dehodencq, blessé lors des événements de 1848, part en convalescence dans les Pyrénées, puis s’installe en Espagne, où il s’enflamme pour la lumière et la couleur. L’Espagne est alors à la mode dans les arts. Mais c’est un périple qu’il a l’occasion de réaliser en 1853 dans le Maroc qui est pour lui une révélation, à l’instar d’Eugène Delacroix, dont le séjour de 1832 a marqué durablement l’œuvre. Vivant à Cadix avec son épouse espagnole, Dehodencq retourne fréquemment au Maroc, à Tanger et à Tétouan dans le nord du pays, dont il ramène de nombreuses peintures. A l’exemple de Delacroix, la communauté juive l’inspire particulièrement. Celle-ci était au XIXe siècle l’une des plus importantes dans le monde arabe, vivant souvent dans des mellah, quartiers clos qui leur étaient réservés, comme à Tétouan. Les Juifs étaient au Maroc, comme dans le reste du monde arabe, soumis à la dhimma, c’est-à-dire à des règles contraignantes et vexatoires. Dehodencq peignit plusieurs scènes de mariages juifs, une Exécution de la juive, et d’autres scènes comme La Justice du pacha (1866, Bagnères-de-Bigorre, musée des Beaux-Arts Salies), où interviennent des protagonistes juifs, reconnaissables à leur costume sombre.

  Analyse de l'image

La scène se passe dans la rue principale du mellah, que l’on peut reconnaître aisément, puisqu’elle figure sur des gravures et photographies contemporaines. La peinture représente une procession annuelle des Juifs de Tétouan, autorisés à parcourir la ville en raison d’un service rendu. Le tableau illustre le cortège festif, guidé par quelques musiciens : le personnage central joue du rebab, un violon à deux cordes, accompagné de son voisin à l’oud, tandis que l’on distingue derrière eux deux hommes avec des tar, sortes de tambourin. Une foule nombreuse et agitée les entoure, tandis que sur les terrasses bordant la rue, des femmes assistent au spectacle.

Dehodencq avait réalisé en 1859 une œuvre similaire. Dans la même rue, un cadrage plus large de la scène montrait quelques gardes arabes armés de fusils encadrant la manifestation, soulignant la position très régentée des Juifs dans la société marocaine. Le peintre concentre ici toute son attention sur l’exubérance de la fête, dont le mouvement et les couleurs viennent souligner une musique et des cris que l’on pourrait presque entendre.

  Interprétation

La force d’expression de la peinture de Dehodencq fut soulignée par Théophile Gautier, qui notait à propos d’un des premiers tableaux marocains (Concert juif chez le caïd marocain) de l’artiste « une étonnante aptitude ethnographique, un sentiment profond des races ». Jugeant « les têtes des musiciens juifs […] d’une vérité surprenante », le critique relevait combien les voyages avaient permis aux artistes de s’éloigner des « types de convention », qui fixaient « le même caractère aux Grecs, aux Turcs, aux Espagnols, aux Arabes, aux Allemands, aux Hollandais ». Cette expressivité des physionomies, ainsi que les mouvements des personnages, les couleurs vives et contrastées, nous décrivent une société juive nord-africaine vivante, exubérante, dont le peintre a souhaité rendre tout le piquant.

Etude en partenariat avec le musée d'art et d'histoire du Judaïsme

Auteur : Nicolas FEUILLIE


Bibliographie

  • SEAILLES Gabriel, Alfred Dehodencq, l’homme et l’artiste, Paris, Société de propagation des livres d’art, 1910.
  • Les Juifs dans l'Orientalisme, Paris, Musée d'art et d'histoire du Judaïsme / Skira Flammarion, 2012.

Commentaires

Laisser un commentaire :

twitter

facebook










Haut de page