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L'histoire par l'image de 1643 à 1945

 
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Caricature d'un ecclésiastique tenant une croix

© Photo RMN-Grand Palais - M. Bellot

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Titre : Caricature d'un ecclésiastique tenant une croix

Auteur : Eugène DELACROIX (1798-1863)
Date de création : 1822
Date représentée : 1820
Dimensions : Hauteur 14.6 cm - Largeur 8.3 cm
Technique et autres indications : aquarelle, plume, encre noire, papier blanc
Lieu de Conservation : Musée du Louvre (Paris) ; site web
Contact copyright : Agence photographique de la Réunion des musées nationaux. 254/256 rue de Bercy 75577 Paris CEDEX 12. Courriel : photo@rmn.fr ; site web
Référence de l'image : 97CE17129/RF 10258

  Contexte historique

Après la Révolution qui rompt brutalement avec l’Eglise en récusant l’association, fondatrice de l’Ancien Régime, entre ordre politique et ordre divin, la Restauration apparaît comme un régime clérical, favorisé par la « Providence ». L’« alliance du trône et de l’autel » conduit aux lois sur l’interdiction du divorce (1816) et sur la sanctification des dimanches et le sacrilège (1825). Les excès du régime, ainsi que l’influence persistante de la philosophie des Lumières et les souvenirs de la Révolution, expliquent la vigueur de l’anticléricalisme. La bourgeoisie voltairienne prend parti contre l’Eglise ; dans les années 1820, les collèges royaux constituent un milieu où prospère l’athéisme. La Révolution de 1830 est très anticléricale.

  Analyse de l'image

C’est dans ce contexte que Delacroix (1798-1863) réalise sa Caricature d’un ecclésiastique tenant une croix, aquarelle relevée de traits de plume et d’encre noire. Le prêtre, gros homme rougeaud, vocifère en secouant les bras. La croix qu’il élève dans les airs semble devoir inspirer la crainte plus que l’amour du prochain. L’ecclésiastique, le visage crispé par la colère, est croqué avec le même sens de la moquerie acerbe que le personnel politique de la Monarchie de Juillet sculpté par Daumier. Cette caricature est d’autant plus intéressante que Delacroix est, avec Chassériau, un des plus grands peintres religieux de son temps : ses Crucifixions, influencées par Rubens, en témoignent. C’est que Delacroix ne s’attaque pas à la religion chrétienne, mais bien plutôt à l’institution ecclésiastique. Il y a chez lui « une permanence de la figure de l’exilé, du damné, du maudit » (S. Guégan in Delacroix. L’Enfer et l’atelier, Flammarion, 1998, p. 153) qui s’accorde bien avec la vision d’un Christ sans Eglise.

  Interprétation

Sous la Monarchie de Juillet, on assiste au développement du catholicisme social, opposé aux perspectives traditionnelles et pour cette raison condamné par la papauté ; mais, « en 1830, le réveil religieux ne contrebalance pas encore le reflux au sein des élites, l’ignorance au sein du peuple et la montée de l’anticléricalisme »(G. Cholvy in Delacroix. L’Enfer et l’atelier, Flammarion, 1998, p. 29). La caricature de Delacroix, caractéristique de cette période, s’insère bien dans l’histoire du grand XIXe siècle. Dans les années 1840, Quinet et Michelet lancent une violente offensive contre l’influence des Jésuites dans l’enseignement. La publication de la Vie de Jésus de Renan, en 1863, annonce l’exacerbation des luttes entre l’Eglise du Syllabus et la République dans les années 1860-1880. Et Gambetta de déclarer en 1872 : « Le cléricalisme, voilà l’ennemi ».

Auteur : Ivan JABLONKA


Bibliographie

  • Stéphane GUEGAN, Delacroix. L’Enfer et l’atelier, Paris, Flammarion, 1998.
  • Jacqueline LALOUETTE, Histoire de la libre pensée en France, 1848-1940, Paris, A. Michel, 1996.
  • Jacques LEGOFF, René REMOND, Histoire de la France religieuse, Du roi Très Chrétien à la laïcité républicaine, XVIIIe-XIXe siècle, t. 3, Paris, Seuil, 1991.
  • René REMOND, L’Anticléricalisme en France de 1815 à nos jours, Paris, 1976.
  • Collectif, Delacroix. La naissance d’un nouveau romantisme, catalogue de l’exposition au Musée des Beaux-Arts de Rouen, Paris, Editions de la RMN, 1998.

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