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L'histoire par l'image de 1643 à 1945

 
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commentaires 10 commentaires commentaires
Des libérateurs? La libération par l'armée du crime.

© Paris - Musée de l'Armée, Dist. RMN-Grand Palais / Pascal Segrette

Agrandissement - Zoom

Titre : Des libérateurs? La libération par l'armée du crime.

Date de création : 1944
Dimensions : Hauteur 123 cm - Largeur 82.5 cm
Technique et autres indications : Offset
Lieu de Conservation : Musée de l'Armée (Paris) ; site web
Contact copyright : Agence photographique de la Réunion des musées nationaux. 254/256 rue de Bercy 75577 Paris CEDEX 12. Courriel : photo@rmn.fr ; site web
Référence de l'image : 06-513923 / 2007.18.1

  Contexte historique

Une opération de propagande d’envergure

Constitué et organisé entre la fin de l’année 1942 et février 1943, le réseau Manouchian fait partie du groupe de résistance des « Francs-tireurs et partisans – main-d'œuvre immigrée » (FTP-MOI). Composé de 23 communistes (dont 20 étrangers : espagnols, italiens, arméniens et juifs d’Europe centrale et de l’est), le réseau effectue de nombreux attentats et actes de sabotages contre l’occupant nazi. Le réseau Manouchian tient son nom de son dirigeant : Missak Manouchian.

Arrêtés en novembre 1943, ses membres sont jugés lors d’un procès qui se déroule devant le tribunal militaire allemand du Grand-Paris, du 17 au 21 février 1944. 22 des 23 membres du réseau (Olga Bancic, la seule femme du groupe, étant décapitée le 10 mai) sont condamnés à mort et fusillés le 21 février au fort du Mont-Valérien.

Réalisée par les services de propagande allemands en France Des libérateurs? La libération par l'armée du crime ! (appelée aussi l’Affiche rouge) est placardée à Paris et dans certaines grandes villes françaises au moment du procès ou juste après l’exécution (le 22 février). Publiée à 15 000 exemplaires et accompagnée de nombreux tracts évoquant l’événement, elle constitue une opération de propagande d’envergure contre la Résistance.

  Analyse de l'image

L’armée du crime

L’image est organisée en trois parties. Barrant le haut et le bas de l’affiche, la question et la réponse Des libérateurs? La libération par l'armée du crime ! délivrent explicitement le message que veulent faire passer ses auteurs.

A l’intérieur d’un triangle rouge, figurent les photos, les noms, les origines et les actions menées par dix résistants du groupe Manouchian (Grzywacz – Juif polonais, 2 attentats, Elek – Juif hongrois, 8 déraillements, Wasjbrot – Juif polonais, 1 attentat, 3 déraillements, Witchitz – Juif polonais, 15 attentats , Fingerweig – Juif polonais, 3 attentats, 5 déraillements, Boczov – Juif hongrois, chef dérailleur, 20 attentats , Fontanot – Communiste italien, 12 attentats, Alfonso – Espagnol rouge, 7 attentats, Rayman – Juif polonais, 13 attentats, Manouchian – Arménien, chef de bande, 56 attentats, 150 morts, 600 blessés).

Six photos (attentats, armes ou destructions) représentent enfin la menace qu’ils constituent à travers certains des attentats qui leur sont reprochées.

  Interprétation

L’ennemi de l’intérieur

L’Affiche rouge entend d’abord présenter les membres du réseau Manouchian comme de dangereux terroristes. La couleur rouge, dominante, évoque leur appartenance politique mais aussi le sang qu’ils ont versé. De même, la présentation des photos en médaillons au-dessus de leurs « légendes » évoque-t-elle une iconographie criminelle. Qualifiée de bande, le réseau Manouchian se voit ainsi refusé toute reconnaissance politique.

L’image insiste aussi sur le fait que cette armée du crime est constituée d’étrangers. Hirsutes, agressifs et patibulaires, ces hommes sont en plus des juifs, des rouges, des étrangers. Alors que les actes de résistance se multiplient, les autorités allemandes entendent ainsi persuader les citoyens du danger que ces hommes font courir au pays. Loin de libérer la France (pour la rendre aux français), ils menacent, au contraire de la livrer au chaos et aux puissances néfastes venues de l’extérieur.

Auteur : Alexandre SUMPF


Bibliographie

  • DUCOIN, Jean-Emmanuel, (dir.), Groupe Manouchian – Fusillés le 21 février 1944 – Des héros, à la vie, à la mort, SIEP, Hors-série de l’Humanité, Paris, février 2007.
  • GANIER-RAYMOND, Philippe, L’Affiche rouge, Fayard, Paris, 1975.
  • RAVINE, Jacques, La Résistance organisée des Juifs en France (1940-1944), Julliard, Paris, 1973.
  • RAYSKI, Benoît, L'Affiche rouge, Éditions Denoël, Paris 2009.

Commentaires

Bonjour
je suis intriguée par l'évolution du nom des Fontanot, qui ont leur rue à Nanterre et dont l'un fait partie des fusillés de l'affiche rouge. J'ai vu le nom écrit sans "T" à plusieurs occasions. Pouvez vous me dire ce qu'il en est ?
Cordialement
C Sevaistre
Par C Sevaistre le 06/09/12 à 18h32 - #926
Bonsoir, Merci pour cette contribution. Cependant, il me manque malgré tout l'évocation des paroles poignantes d'Aragon chantées par Léo Ferré. Cordialement. Manuelle
Manuelle
Par Manuelle le 07/09/12 à 01h03 - #929
La plaque commémorative de Valence porte des orthographes fautives et ajoute Olga Bancic à la liste des fusillés...
dad26
Par dad26 le 22/09/12 à 17h59 - #945
L'Affiche rouge
http://clioweb.free.fr/dossiers/39-45/afficherouge.htm

écouter Anna Flori-Lamour dans le documentaire de Jorge Amat
Clioweb
Par Clioweb le 24/09/12 à 18h26 - #949
Pour C Sevaistre, le nom de famille Fontanot bien qu'italien se termine bien par un t. Il s'agirait au départ d'un français, savoyard peut-être, qui a suivi Napoléon dans les guerres en Italie et il s'y est installé. A Nanterre, il y a la rue des trois Fontanot, il s'agit de trois frères dont Spartaco, qui avaient fui le fascisme et vivaient donc là. Il y a de nombreux Fontanot dans le nord de l'Italie, en particulier dans la province de Trieste.
Ma famille est une branche éloignée de ce Fontanot de l'Affiche rouge.
Cordialement
Duke 59
Par Duke 59 le 10/02/13 à 21h55 - #1268
Bonjour,

Merci pour l'intérêt que vous portez à notre site et pour ces informations !

A bientôt,

Anne-Lise
Histoire_image
Par Histoire_image le 25/02/13 à 11h49 (sur twitter) - #1328
Merci Duke pour l'explication. j'ai constaté effectivement des Fontanot avec T là bas !
pour ultime précision, la rue des Trois Fontanot se réfère à deux frères et un cousin, ce qui a empeché l'appellation rue des Frères Fontanot, et du coup la plupart des gens pensent qu'il s'agit de fontaines ou qq chose comme ça et mettent un S.

C Sevaistre
C Sevaistre
Par C Sevaistre le 26/02/13 à 00h42 - #1332
Bonsoir, je dois faire un devoir et je dois expliquer les couleurs, sur cette image, le noir signifie quelque chose ? Merci :)
Olivia
Par Olivia le 06/03/13 à 20h43 - #1350
Voici un lien: http://colleges.ac-rouen.fr/romilly/IMG/pdf/Autour_de_l_Affiche_rouge_-_fiche_corrigee.pdf qui peut servir pour des cours de français niveau 3ème, c'est un pdf explicatif de l'Affiche Rouge, questions/réponses de l'académie de Rouen.
P.S.: Le lettre de Michel Manouchian à sa femme(page 2) peut être lu à voix haute aux élèves en écoutant: "Doudouk" de Lévon Minassian ---> http://www.youtube.com/watch?v=DTVBLbQ1wBQ (c'est ce qu'a fait ma professeure de français --> grand moment d'émotion...) :'-)
petitfuret
Par petitfuret le 24/03/13 à 02h01 - #1399
bonjour merci pour ce site il m'a bien aidé
horan35
Par horan35 le 30/04/13 à 20h50 - #1507

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