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Innovation et progrès au XVIIIe siècle

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Ascension de Charles et Robert Montgolfier, aux Tuileries, le 1er décembre 1783.

© Photo RMN-Grand Palais - Bulloz

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Titre : Ascension de Charles et Robert Montgolfier, aux Tuileries, le 1er décembre 1783.

Auteur : ANONYME
Date représentée : 1 erdécembre 1783
Dimensions : Hauteur 78 cm - Largeur 107 cm
Technique et autres indications : Huile su toile
Lieu de Conservation : Musée Carnavalet (Paris) ; site web
Contact copyright : Agence photographique de la Réunion des musées nationaux. 254/256 rue de Bercy 75577 Paris CEDEX 12. Courriel : photo@rmn.fr ; site web
Référence de l'image : 02-016676 / P.484

  Contexte historique

Invention technique et progrès de l’humanité

En 1783, les frères Montgolfier inventent à Annonay l’aérostation. Le succès des ballons d’étoffe gonflés d’air chaud ou d’hydrogène est prodigieux. L’enthousiasme et les perspectives pour l’homme sont immenses. Lorsque le 1er décembre, Charles et Robert prennent eux-mêmes place –les premiers vols embarquaient des animaux- dans un ballon à hydrogène dans les jardins des Tuileries à Paris, le succès populaire est énorme. Le comte de Ségur commente ainsi le vol dans ses Mémoires : « Mais le courage des aéronautes et l’impatience d’une foule immense appelée à jouir de cet essor du génie, l’emportèrent sur toute défense. La corde fut coupée, le globe s’éleva majestueusement, et nous vîmes les navigateurs aériens parcourir intrépidement la route du ciel.[…] Après ce triomphe du génie sur la nature, après cette journée mémorable, chacun des spectateurs se sentait comme grandi ; l’impossible ne paraissait plus un mot français ; on eu dit que toutes les bornes venaient de disparaître devant l’orgueil ambitieux de l’esprit humain.

Les jours suivants, on entendait dans tous les salons de Paris tout ce que l’imagination peut ajouter à la vérité […] car même lorsque la science et la raison font les plus grands pas, la folie en profite encore pour étendre son domaine ». La science suscite alors un vif engouement tant parmi les élites d’Ancien Régime qu’au sein des strates intermédiaires du tiers Etat. Peindre la science en marche, c’est reconnaître et diffuser son exceptionnelle popularité.

  Analyse de l'image

Le succès de l’aérostation

Ce tableau anonyme est l’une des très nombreuses représentations des premiers vols de ballon en 1783-1784. Partout, il s’agit d’immortaliser la scène et l’enthousiasme qu’elle suscite. L’architecte de Wailly dessine avec d’autres concurrents le projet d’un monument commémoratif du vol effectué aux Tuileries. Le choix d’un jardin où se promènent non seulement les représentants de la bonne société (les couples de dos au premier plan), mais un plus large public rangé le long des allées, témoigne de l’intégration de ces démonstrations à la fois techniques, mondaines et populaires au cœur de l’espace public.

  Interprétation

Les enjeux de la « ballomanie »

Le ballon devient le symbole du progrès. Son envol un temps de fête marqué dans ces années pré-révolutionnaires par l’utopie de la rencontre harmonieuse entre les élites éclairées et le peuple. Les démonstrations sont particulièrement prisées aussi bien dans les salons aristocratiques que sur les boulevards et les promenades publiques.

L’allégresse populaire rencontre le goût des « amateurs » de la bonne société pour la science et les démonstrations techniques, tandis que l’aérostation profite de la révolution que connaît alors la chimie. Ici le progrès scientifique échappe aux laboratoires et au contrôle de l’Académie royale des sciences pour investir l’espace public. Les villes rivalisent pour organiser les prochains vols de ballons, et le phénomène déborde rapidement les frontières du royaume. Le pouvoir monarchique n’est pas reste. Il veut se montrer sous les traits d’un gouvernement bienveillant qui sait récompenser le génie national au sortir de la guerre d’Indépendance américaine. Un Te Deum est célébré le 14 décembre 1783, les Montgolfier sont anoblis, récompensés par l’Académie des sciences et leur manufacture reçoit la qualité et privilèges de « manufacture royale ». Les arts y compris la peinture sont donc convoqués pour célébrer le spectacle de la science.

Auteur : Pierre-Yves BEAUREPAIRE


Bibliographie

  • Le ballon ou la physicomanie. Comédie en un acte et en vers, Paris, Théâtre des variétés amusantes le 13 novembre 1783, Amsterdam, La Haye, 1784, in-8°, 16 p.
  • BELHOSTE Bruno, Paris savant : parcours et rencontres au temps des Lumières, Armand Colin, Paris, 2011.
  • THEBAUD-SORGER Marie, L’aérostation au temps des Lumières, 2009, Rennes, Presses Universitaires de Rennes, collection « histoire ».
  • THEBAUD-SORGER Marie, Une Histoire des ballons. Invention, culture matérielle et imaginaire, Editions du Patrimoine, Centre des monuments nationaux, Collection : Temps & espace des arts, Paris, 2010.

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