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A tous les Français, la France a perdu une bataille ! Mais la France n'a pas perdu la guerre !

© Paris - Musée de l'Armée, Dist. RMN-Grand Palais / Pascal Segrette

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Titre : A tous les Français, la France a perdu une bataille ! Mais la France n'a pas perdu la guerre !

Date de création : 1940
Date représentée : 1940
Dimensions : Hauteur 76.5 cm - Largeur 51.5 cm
Technique et autres indications : Imprimée par J. Weiner Ltd.
Il y a eu trois tirages de l'affiche éditée en 1940 : celui imprimé par Fallek (1 000 ex.), celui de Weiner (10 000 ex.) et celui de Harrison. Les tirages réalisés à partir de 1944 sont plus courants : ils portent, non pas une traduction en bas à gauche, mais la mention "18 juin 1940"
Lieu de Conservation : Musée de l'Armée (Paris) ; site web
Contact copyright : Agence photographique de la Réunion des musées nationaux. 254/256 rue de Bercy 75577 Paris CEDEX 12. Courriel : photo@rmn.fr ; site web
Référence de l'image : 06-502492 / Gau 11

  Contexte historique

De l’Appel du 18 juin au premier bulletin officiel des FFL

Le 18 juin 1940, Charles de Gaulle prononce à Londres un message radiophonique où il exhorte ses compatriotes à ne pas cesser le combat contre l’Allemagne nazie, inscrivant ce dernier dans un contexte de guerre mondialisée. Alors que le célèbre Appel diffusé sur les ondes de la BBC est peu entendu sur le moment, il est publié dans la presse française (Le Petit Marseillais, Le Petit Provençal, Le Progrès) le lendemain, puis repris ultérieurement par les radios et journaux étrangers.

Si elle reprend les mêmes arguments et répète certaines formules de cette déclaration, l’affiche « A tous les français » en est cependant une version différente. Suivant l’Appel, elle est d’abord tirée à 1 000 exemplaires dans la seconde quinzaine de juillet, puis placardée sur les murs de Londres et des grandes villes anglaises les 3 et 4 août. L’affiche est ensuite publiée (à côté du texte de l’Appel proprement dit) en première page du premier et unique numéro du Bulletin officiel des Forces françaises libres qui paraît à le 15 août 1940.

Edité à environ 10 000 exemplaires, le document ici étudié est surtout diffusé auprès des Français de Londres. Il joue cependant un rôle symbolique et politique très fort dans le contexte d’émergence, de structuration et d’organisation de la Résistance, en Angleterre comme en France.

  Analyse de l'image

Une affiche aux couleurs de la France Libre

Plus petite que l’affiche du 3 août 1940, la page du Premier bulletin officiel des FFL la reproduit exactement. Entourée d’un liseré tricolore et surmontée de deux drapeaux français croisées, elle comporte une adresse en gros caractères (« A tous les Français  ») qui lui donne son titre, et un sous titre en italique composé de deux phrases (la France a perdu une bataille ! Mais la France n’a pas perdu la guerre !). Le corps du texte occupe le centre de la page, tandis que le bas de l’affiche comporte un dernier message en gras (Vive la France !), la signature manuscrite du Général de Gaulle (Charles de Gaulle), et l’adresse du quartier général de la France Libre (où a été rédigé et signé le texte).

Si la mise en page est relativement simple, directe et sobre (pas de couleurs ou d’effets superflus), le texte est cependant animé de points d’exclamations, le travail sur des polices de caractères différentes introduisant par ailleurs certains effets de variété et de captation des regards.

  Interprétation

La France Libre, et à libérer

Tout comme l’affiche qu’il reproduit ici, le document étudié a d’abord une vocation concrète : s’adresser aux français de Londres et du Royaume-Uni, pour les encourager à rejoindre de Gaulle dans les Forces Françaises Libres. De même, la reprise et la diffusion de ce document en Europe et notamment en France, si incertaine soit-elle, devait encourager le mouvement encore balbutiant de la Résistance de tous ceux qui, sur le sol national ou en rejoignant le Général, entendaient lutter contre les nazis.

Le contenu du message mêle l’émotion à une certaine mise en perspective, assez rationnelle. En effet, au delà de l’appel presque exalté, quasi religieux ou du moins mystique (« sacrifice et espérance ») au patriotisme et à l’amour de la France (entité sacrée dont le nom est littéralement invoqué à quatre reprises); au-delà de la constatation d’une situation tragique et dramatique (on oppose ainsi la « mort » et la « vie » de la « patrie »), l’appel à l’ » action » s’inscrit dans le cadre plus géopolitique de la guerre mondiale et mondialisée.

On peut aussi rappeler que l’affiche est éditée suite à la reconnaissance du Général de Gaulle comme chef des Français Libres par le gouvernement britannique le 28 juin (le texte de cette reconnaissance figure d’ailleurs dans le Premier bulletin officiel des FFL du 15 août). Ainsi, l’affiche reprise dans le Premier bulletin officiel des FFL fait-elle partie des actes (au sens symbolique, politique et presque juridique) de naissance de la France Libre et constitue-t-elle l’une des premières signatures (au sens propre et figuré) du Général de Gaulle comme son inspirateur et son chef légitime. Le recours à la première personne (mon but ; moi) semble confirmer ce point : finalement associé à l’usage du nous (« notre »), il indique tout de même que « la France  » doit s’unir autour de de Gaulle.

Auteur : Alexandre SUMPF


Bibliographie

  • BROCHE François, CAÏTUCOLI Georges et MURACCIOLE Jean-François (dir.), Dictionnaire de la France Libre, Robert Laffont, coll. Bouquins, Paris, 2010.
  • CREMIEUX-BRILHAC Jean-Louis, L’appel du 18 juin, Armand Colin, Paris, 2010.
  • DE GAULLE Chales, Mémoires de guerre, l’Appel, 1940-1942, Plon, Paris, 1954.
  • MURACCIOLE Jean-François, Histoire de la France libre, PUF, coll. Que sais-je ?, Paris, 1996.

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