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La bataille de Dunkerque

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Dunkerque bombardée par l'aviation allemande lors de l'opération Dynamo.

© Paris - Musée de l'Armée, Dist. RMN-Grand Palais - Photo musée de l'Armée

Agrandissement - Zoom

Titre : Dunkerque bombardée par l'aviation allemande lors de l'opération Dynamo.

Date de création : 1940
Date représentée : 1940
Technique et autres indications : Epreuve photographique
Contact copyright : Agence photographique de la Réunion des musées nationaux. 254/256 rue de Bercy 75577 Paris CEDEX 12. Courriel : photo@rmn.fr ; site web
Référence de l'image : 06-525728

  Contexte historique

L’Opération Dynamo

Du 20 mai au 3 juin 1940 se déroule la bataille de Dunkerque, appelée également Opération Dynamo, du nom de code que lui donnèrent les britanniques. Dépassées et défaites par la Blitzkrieg des forces militaires allemandes, les troupes anglaises (ainsi que plusieurs divisions des armées française et belge) se trouvent bientôt encerclées et acculées de la Manche à Dunkerque. Il s’agit alors d’organiser dans l’urgence la retraite de plusieurs centaines de milliers d’hommes au Royaume-Uni, en assurant la protection terrestre et aérienne de la zone où les réembarquements ont lieu.

Profitant d’un ordre d'arrêt des armées ennemies devant la ville, confirmé par Hitler le 27 mai, les Alliés tiennent une poche étroite et organisent un corridor pour l’évacuation. L’Opération Dynamo est un succès relatif, une noria de petits navires permettant au gros des troupes britanniques de se retirer malgré le feu continu de l’artillerie et de l’aviation ennemies.

Bombardée durant plus d’une semaine jusqu’à l’entrée des troupes nazies dans la ville le 4 juin, Dunkerque est cependant en grande partie détruite, comme le montre la photographie anonyme Dunkerque bombardée par l’aviation allemande lors de l’Opération Dynamo prise pendant ou juste après les combats. A l’instar des autres images de l’événement diffusées dans les deux camps, elle possède une valeur à la fois documentaire et symbolique.

  Analyse de l'image

Dunkerque bombardée.

Réalisée entre le 27 mai et le 4 juin 1940, la photographie anonyme Dunkerque bombardée par l’aviation allemande lors de l’Opération Dynamo, fait des stigmates des bombardements encore tous récents son sujet principal.

Prise à partir d’un point du port, l’image propose une vue partielle de ce dernier et de la ville. Elle se compose de deux parties, séparées par la rambarde et le quai. A l’arrière plan, on aperçoit les ruines des habitations : totalement ou partiellement effondrés, les bâtiments assez hauts ne laissent généralement subsister que leurs murs et paraissent évidées. Les tours de certaines cheminées se dressent encore néanmoins, qui dessinent un ensemble d’arêtes de pierre, presque osseuses. On devine aussi les gravats au pied des maisons les plus proches de la mer, ainsi que des véhicules hors d’usage, qui complètent ce paysage de désolation.

Le premier plan montre quelques bateaux de pêche et petits voiliers sur la mer. Si cette dernière apparaît calme, lumineuse et presque apaisante dans le panorama global, la situation des embarcations témoigne aussi de la violence des combats. Sans être totalement détruits, ils sont échoués en déséquilibre sur la berge, du fait de l’agitation récente de l’eau. Les mâts de travers se croisent, renforçant l’impression de chaos déjà évoquée et faisant écho aux pointes de pierre de l’arrière plan.

  Interprétation

Le sens des ruines

Qu’elle soit prise par un habitant la ville, un soldat Allié ou allemand voulant rendre compte des dégâts occasionnés par la bataille ou encore par un photographe plus confirmé, Dunkerque bombardée par l’aviation allemande lors de l’Opération Dynamo témoigne d’un certain sens artistique. La ville qui se dessine à l’arrière plan semble irréalisée par les bombardements : les ensembles sans consistance font en effet presque penser à des décors de carton, qui s’élèvent tristement et presque de manière inquiétante dans le ciel. Spectrale et vide, Dunkerque révèle ainsi à la fois concrètement et symboliquement les ravages que peut faire une guerre moderne, où l’aviation et l’artillerie atteignent une puissance jamais égalée. Selon l’utilisation faite du cliché, l’image peut démontrer la force de frappe de l’armée allemande, ou le fait que cette dernière sème la destruction et la ruine.

Représentant un endroit à l’origine assez paisible (port de pêche et de plaisance plutôt que sites industriels ou navires plus importants), l’image suggère aussi l’inadaptation du lieu à une manœuvre de telle ampleur. Si la ville est une place forte et un point stratégique, il n’en demeure pas moins que ses capacités portuaires sont encore assez modestes, les larges embarcations à fort tonnage devant par exemple mouiller au large (d’où la nécessité du recours à de petites embarcations dans un premier temps). C’est bien par contrainte et dans l’urgence que Dunkerque est devenue le point central et sacrifié de l’Opération Dynamo.

Auteur : Alexandre SUMPF


Bibliographie

  • AZEMA, Jean-Pierre, De Munich à la Libération, 1938-1944, Éditions du Seuil, Paris, 1979.
  • AZEMA, Jean-Pierre, « 1939-1940, l'année terrible. Dunkerque : sortir de la nasse, Le Monde du 27 juillet 1989.
  • COMAS, Matthieu, La campagne de France (2): La bataille de Dunkerque 26 mai-2 juin, revue Batailles Aériennes HS no.8, 1999.
  • DIVINE, David, les 9 jours de Dunkerque, traduit de l'anglais par Daniel Mauroc, Collection "l'Heure H", Calmann-Lévy, Paris, 1964.

Commentaires

photo et analyse intéressantes qui certes montrent les destructions du petit port et des immmeubles, mais qui n'abordent pas le fabuleux butin que les allemands ont trouvé à leur arrivée dans la ville: 65 000 véhicules, 2500 canons etc...
et les carcasses militaires
Le vieux film(et livre de Robert Merle) Week End à Zuydcoote l'illustre parfaitement
claudehist
Par claudehist le 15/01/13 à 23h31 - #1158

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