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Bains publics sur un bateau à Rouen

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Projet de bains publics sur un bateau à Rouen.

© Archives départementales de la Seine-Maritime

Agrandissement - Zoom

Titre : Projet de bains publics sur un bateau à Rouen.

Auteur : Louis GILBERT
Date de création : 1763
Dimensions : Hauteur 31 cm - Largeur 47.5 cm
Technique et autres indications : Encre, lavis et aquarelle sur papier
Lieu de Conservation : Archives départementales de la Seine-Maritime (Rouen) ; site web
Contact copyright : Archives départementales de la Seine-Maritime. 2, rue Henri-II-de-Plantagenêt, Pôle culturel Grammont, 76100 Rouen archives@cg76.fr ; site web

  Contexte historique

Premiers pas vers l’hygiène


Au XVIIIe siècle, l’eau des rivières reste le seul lieu de baignade pour la quasi-totalité de la population. Par soucis de pudeur plus que de réel confort, des palissades clôturent l’espace préfigurant ainsi l’installation des premiers établissements de bains. Leur ouverture est évidemment soumise à l’autorisation des autorités locales mais aussi à celle du Roy.

En 1762, un architecte rouennais Louis Gilbert, présente à la Municipalité et à l’Académie des Arts et Belles Lettres un projet de bateau aménagé à l’usage de bains publics. Le projet reçoit un accueil favorable et les édiles soulignent que : « Cet établissement sera très utile, même nécessaire pour l’entretien de la santé des habitants ». Par lettres patentes en date du 9 avril 1763, le roi autorise Louis Gilbert architecte à Rouen et Marie Adrienne Bioche sa femme « d’establir sur la rivière de Seine devant la ville de Rouen et dans les endroits qui leur seront indiqués par les juges de police de la ditte ville un ou plusieurs bateaux sur lesquels ils pourront establir des bains chauds ou naturels conformément au plan attaché aux dittes lettres… »
Plusieurs bateaux de ce type ouvrent sur les quais de Rouen dans les décennies suivantes. Des bateaux lavoirs font également leur apparition.

  Analyse de l'image

Un ouvrage architectural 

D’une grande simplicité, l’aménagement du bateau est toutefois décrit avec minutie. La distribution de l’espace est détaillée, les accès et les différents niveaux précisés. L’indication des ombres portées, des escaliers, de l’échelle et du sens du courant du fleuve nommé « rivière » sont caractéristiques d’un plan d’architecture. Le projet comporte des éléments techniques d’une grande modernité, une pompe permet de faire monter l’eau du fleuve, un fourneau dans la cale chauffe une réserve d’eau. L’usage de l’eau du fleuve est clairement mise en évidence par l’emploi de la même teinte.

L’établissement est mixte mais hommes et femmes y disposent d’espaces bien distincts, chacun accédant même au bateau par une passerelle différente.

  Interprétation

Une représentation soignée

Le droit de proposer des bains chauds n’est pas courant, ce service est souvent l’exclusivité de la corporation des barbiers étuvistes. L’accord du roi fixe à trois livres, le prix maximum qui pourra être exigé à chaque usager. L’enregistrement de ces lettres patentes par le parlement de Normandie contient en annexe le présent plan, d’une qualité exceptionnelle. Quelques décennies plus tard apparaissent sur la Seine des bateaux-écoles de natation pour lesquelles sont également conservés des plans plus sommaires. Les archives départementales conservent également des photographies de bateaux-lavoirs qui permettaient aux lavandières de travailler dans de meilleures conditions tout en continuant de laver avec l’eau du fleuve.

Auteur : Catherine DEHAYS


Bibliographie

  • Notes sur les Bains-douches dans Congrès des Sociétés Normandes, Scientifiques, artistiques et littéraires / Jules ROGER, Le Havre, [s. n.], 1905. - (p. 161-168).
  • GOUBERT, Jean-Pierre, La conquête de l’eau, Paris : Editions Robert Laffont, 1986.

Commentaires

Bonjour,
un pan d'histoire méconnu, je ne connaissais pas l'existence de ces bateaux douches. Merci pour cet article
vieux greement
Par vieux greement le 01/04/14 à 12h35 - #2230

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