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La cartographie au service de la monarchie : la carte de Cassini

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Carte de Cassini, détail de la feuille 125, Cherbourg.

© Conseil général de la Manche, archives départementales

Agrandissement - Zoom

Titre : Carte de Cassini, détail de la feuille 125, Cherbourg.

Technique et autres indications : Gravure aquarellée
Lieu de Conservation : Archives départementales de la Manche (Saint-Lô) ; site web
Contact copyright : B.P. 540
103, rue du Maréchal-Juin
50010 Saint-Lô Cedex
Tél. : 33 (0)2 33 57 15 17 / Télécopie : 33 (0)2 33 57 04 86 ; site web
Référence de l'image : Carte de Cassini, feuille 125 (détail : Cherbourg)

  Contexte historique

La carte de Cassini, qu’il serait plus juste de nommer la carte des Cassini puisqu’elle tient son nom d’une famille de quatre géographes italiens installés dans le royaume à la fin du XVIIe siècle, est la première grande entreprise cartographique couvrant l’ensemble du territoire français. Elle se compose de 180 feuilles dont les levés, entamés en 1756, sont achevés en 1789. Elles ont été gravées sur des plaques de cuivre puis tirées à l’Observatoire de Paris entre 1757 et 1790. Destinées à être commercialisées auprès d’un riche public, certaines éditions ont, en outre, été aquarellées.

  Analyse de l'image

Le document ici reproduit est un détail de la feuille 125 (Cherbourg), la vingt-deuxième ayant fait l’objet d’une publication.

La carte de Cassini doit son extraordinaire précision à la méthode de la triangulation, sollicitée pour son élaboration. Cette méthode consiste à mesurer la distance entre deux points B et C puis, à partir d’un point de référence A, à mesurer les angles des droites BA et CA. Il suffit ensuite au géographe d’appliquer les formules de trigonométrie afin de connaître les distances BA et CA. Cette méthode est employée par le Hollandais Snellius en 1615, puis par l’abbé Picard en 1670 et, enfin, entre 1683 et 1718 pour la mesure d’une grande méridienne allant de Dunkerque à Perpignan. Les coins de chaque feuille de la carte de Cassini portent les distances en toises à la méridienne de Paris et à sa perpendiculaire. Outre cette triangulation principale, chaque planche compte près de 300 points de repères (édifices, hauteurs), utiles pour établir une triangulation secondaire.

De fait, les mentions portées sur la carte sont nombreuses et variées. On y trouve ainsi des informations relatives au relief (les forêts, les marais, les cours d’eau, les étangs), aux transports (les routes, les canaux, les ponts), à l’organisation administrative et religieuse (les limites de province, de diocèse, les paroisses) ou encore aux édifices civils et religieux (églises, abbayes, prieurés, moulins, châteaux). Des informations militaires figurent aussi sur le document, comme les batailles gagnées ou perdues, voire même certains champs de bataille : la carte de Cherbourg mentionne ainsi, non loin de la ville, le camp construit en 1756, en pleine guerre de Sept Ans, pour défendre la localité contre les incursions anglaises.

  Interprétation

L’élaboration de la carte de Cassini est révélatrice de l’engouement du siècle des Lumières pour les travaux cartographiques et l’aménagement des réseaux de communication. Or, ce développement est étroitement lié aux progrès de l’absolutisme car, pour gérer plus efficacement le royaume, répartir et lever des impôts, tracer des routes et défendre ses frontières, le pouvoir royal a besoin de bien connaître le territoire dont il a la charge. À partir de 1740, les ingénieurs des Ponts et Chaussées réalisent ainsi l’atlas dit « de Trudaine ». C’est également dans la continuité de ce mouvement que l’Empire ordonne, par la loi du 14 septembre 1807, la mise en place de plans cadastraux pour des raisons fiscales.

Après la carte de Cassini, la couverture géographique du territoire français est laissée aux militaires, preuve de l’intérêt hautement stratégique d’une telle réalisation. Une carte générale d’état-major est ainsi dessinée entre 1816 et 1866. En 1940, le service géographique de l’armée devient cependant un organisme civil : l’Institut géographique national (IGN).

La carte de Cassini est encore aujourd’hui utilisée par de nombreux chercheurs, amateurs ou professionnels, attachés à l’étude des toponymes, à l’archéologie, à la géographie historique ou encore à l’histoire de l’environnement.


Lire aussi le dossier consacré à la carte sur le site cassini.ehess.fr.

Auteur : Jérémie HALAIS


Bibliographie

  • PELLETIER Monique, La carte de Cassini. L’extraordinaire aventure de la carte de France, Paris, Presses de l’École nationale des ponts et chaussées, 1990.
  • PELLETIER Monique, Les cartes des Cassini. La science au service de l’État et des régions, Paris, Comité des travaux historiques et scientifiques (coll. CTHS Format, no 50), 2002.

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