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L'histoire par l'image de 1643 à 1945

 
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Marie Leszczynska, reine de France (1703-1768), représentée en 1748 en habit de ville, coiffée d’une marmotte de dentelle et lisant les évangiles.
Marie Leszczynska, reine de France (1703-1768), représentée en 1748 en habit de ville, coiffée d’une marmotte de dentelle et lisant les évangiles.
Jean-Marc NATTIER

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Marie Leszczynska, reine de France (1703-1768), représentée en 1748 en habit de ville, coiffée d’une marmotte de dentelle et lisant les évangiles.

© Photo RMN-Grand Palais (Château de Versailles) / Gérard Blot

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Titre : Marie Leszczynska, reine de France (1703-1768), représentée en 1748 en habit de ville, coiffée d’une marmotte de dentelle et lisant les évangiles.

Auteur : Jean-Marc NATTIER (1685-1766)
Date de création : 1748
Date représentée : 1748
Dimensions : Hauteur 146 cm - Largeur 113 cm
Technique et autres indications : Huile sur toile
Lieu de Conservation : Musée national du Château de Versailles (Versailles) ; site web
Contact copyright : Agence photographique de la Réunion des musées nationaux. 254/256 rue de Bercy 75577 Paris CEDEX 12. Courriel : photo@rmn.fr ; site web
Référence de l'image : 07-506243 / MV8543

  Contexte historique

Marie-Charlotte-Sophie-Félicité Leszczynska est la fille du roi détrôné de Pologne, Stanislas Leszczynski. Née en 1703, elle est mariée en 1725 à Louis XV, alors âgé de quinze ans, à Strasbourg. Bien que n’étant pas un parti intéressant (son père est désargenté et elle est issue d’une famille aristocrate élue par le peuple polonais, et non princesse de sang royal), elle est en âge de procréer, au moment où il est nécessaire de produire un héritier mâle en France. En effet, depuis 1715, Louis XV est le dernier descendant de Louis XIV, après les décès du Grand Dauphin, du Petit Dauphin (son père), de sa mère et de ses deux frères aînés. De précédentes fiançailles avec la trop jeune fille de Philippe V d’Espagne, Marie-Anne Victoire, sont rompues afin d’éviter de laisser le trône sans descendance.

Polyglotte et protectrice des arts (elle peint de manière égale toute sa vie durant et s’entoure des plus grands peintres de son temps), la jeune reine vit de manière heureuse ses premières années à Versailles, bien qu’elle soit tenue éloignée du pouvoir politique. Aimée de Louis XV, elle donne naissance à dix enfants, dont six mourront jeunes. L’impossibilité pour la reine de continuer à enfanter, ainsi que les tromperies de Louis XV, engendrent une lassitude au sein du couple. En 1748, elle est âgée de quarante-cinq ans ; depuis quelques années déjà, la religion a pris une grande place dans son quotidien et elle aime s’entourer d’un cercle amical restreint mais loyal.

  Analyse de l'image

Le tableau est commandé par la reine elle-même en 1748, en même temps que deux copies (l’une pour le comte de Maurepas et l’autre pour le comte de Pâris-Duvernay). La reine demande expressément à être représentée non pas en tenue d’apparat, montrant son statut officiel, mais bien en « habit de ville ».

Vêtue d’une robe rouge brodée d’hermine et rehaussée par des manchettes en dentelle, Marie Leszczynska est assise dans un fauteuil dont le tissu rehaussé de fleurs de lys rappelle discrètement l’origine monarchique du modèle. La reine porte un bonnet de dentelle blanche retenu par une mantille de dentelle noire, symbole d’une félicité domestique et non de la tenue propre à un portrait d’apparat. L’artiste semble reprendre par cet accessoire et la couleur de la robe des éléments qu’il avait déjà exploités lors du portrait d’Ulrika Lovisa Sparre, comtesse Tessin en 1741 (musée du Louvre). Les regalia habituels, éléments indispensables au portrait d’une reine, ne sont pas présents. Seule la draperie bleue tendue derrière la reine confère une majesté certaine à l’arrière-plan, rythmé par des pilastres doriques ; d’autres objets discrets, tels les bijoux (boucles d’oreilles, collier en pierres précieuses orné d’une miniature représentant saint Jean Népomucène, le saint favori de la reine), apportent de l’élégance et de la grâce à la figure. Le modèle semble être tiré de sa lecture des évangiles par l’arrivée d’un de ses proches ; le sourire qu’elle esquisse à son approche détermine une certaine intimité et laisse apparaître le portrait d’une femme charmante.

  Interprétation

Dernier tableau pour lequel Marie Leszczynska accepte de poser et qui est présenté au Salon de 1748, l’œuvre reçut des critiques enthousiastes tant pour la ressemblance du portrait que pour la « noble simplicité » qui émane de la figure.

Cette toile livre un visage plus humain et plus intime de la royauté, qui correspond profondément à la personnalité de la reine et à son mode de vie. Ayant respecté toute sa vie le protocole de la cour, le roi lui accorde plus de libertés à partir de la fin des années 1740. C’est donc une scène du quotidien que choisit de représenter Nattier dans ce tableau. En effet, il tranche radicalement avec les portraits officiels réalisés par Louis Tocqué en 1740 (musée du Louvre) et Carle Van Loo en 1747 (musée national des châteaux de Versailles et du Trianon). Le portrait au pastel de la reine par Maurice Quentin de la Tour (musée du Louvre), présenté au même Salon, obtient lui aussi un franc succès pour les mêmes raisons.

Le nombre important des copies issues de l’atelier de Nattier, du vivant de la reine mais également de manière posthume, démontre sans ambiguïté les qualités séduisantes du tableau ainsi que la popularité indéfectible de cette reine. Popularisé par la gravure dès 1755, le portrait perd sa fonction intime pour atteindre un statut iconique en tant que dernier portrait de Marie Leszczynska.

Auteur : Saskia HANSELAAR


Bibliographie

  • SALMON Xavier [dir.], Jean-Marc Nattier. 1685-1766, catalogue de l’exposition au musée national des châteaux de Versailles et de Trianon (26 octobre 1999 – 30 janvier 2000), Paris, Réunion des musées nationaux, 1999.
  • SALMON Xavier [dir.], Parler à l’âme et au cœur. La peinture selon Marie Leszczynska, catalogue de l’exposition au musée du château de Fontainebleau (18 juin – 19 septembre 2011), Fontainebleau / Dijon, musée national du château de Fontainebleau / Faton, 2011.

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