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Une cour de ferme au XVIIIe siècle.

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Cour de ferme.

© Photo RMN-Grand Palais (Musée du Louvre) / Jean-Gilles Berizzi

Agrandissement - Zoom

Titre : Cour de ferme.

Auteur : Nicolas-Bernard LEPICIE (1735-1784)
Date de création : 1784
Date représentée : 1784
Dimensions : Hauteur 64 cm - Largeur 77 cm
Technique et autres indications : Huile sur toile
Lieu de Conservation : Musée du Louvre (Paris) ; site web
Contact copyright : Agence photographique de la Réunion des musées nationaux. 254/256 rue de Bercy 75577 Paris CEDEX 12. Courriel : photo@rmn.fr ; site web
Référence de l'image : 06-503589 / INV6209

  Contexte historique

La crise morale d’un artiste

Le tableau intitulé Cour de ferme de Nicolas-Bernard Lépicié est réalisé à un moment délicat dans la vie de l’artiste. Né en 1735, il est le fils de François-Bernard Lépicié (1698-1755), secrétaire et historiographe de l’Académie royale de peinture et de sculpture. Celui-ci est connu pour son Catalogue des tableaux du roi et sa Vie des premiers peintres du roi, deux ouvrages publiés en 1752.

Élève de Carle Van Loo et deuxième du prix de Rome en 1759, le fils Lépicié est agréé en 1764, puis reçu à l’Académie de peinture du roi en 1769. Il y forme de nombreux artistes et réalise des peintures religieuses et historiques. Une dizaine d’année plus tard, il traverse une période tourmentée, avec une crise morale empreinte de mysticisme. Cette situation se traduit par des phases de repli à la campagne et une peinture davantage centrée sur la vie des individus et le goût des choses simples.

À gauche, sur le parapet du mur qui part du pigeonnier, une mention contient le nom de l’artiste et la date de l’œuvre : « N.B. Lépicié, 1784 ». Ce tableau est achevé peu de temps avant la mort de l’artiste, après une commande du duc de La Rochefoucauld-Liancourt (1747-1827), fondateur d’une ferme modèle sur ses terres. Pendant la Révolution française, le duc passe en Angleterre et ses biens sont saisis. En 1794, le tableau intègre le fonds du nouveau Muséum central des arts de la République, ancêtre du Musée du Louvre où l’œuvre est toujours conservée.

  Analyse de l'image

Le chantre de la ruralité

Alors que différents artistes s’intéressent aux scènes quotidiennes à l’intérieur des chaumières, comme les frères Le Nain ou Jean-Baptiste Greuze, à la fin de sa vie Lépicié dépasse cette approche en privilégiant les vues extérieures. Cette scène familière, presque intimiste, figure des petites gens dans le cadre de leurs activités quotidiennes, comme plusieurs de ses œuvres (Les Halles, L’intérieur d’une douane, etc). Il s’agit d’une vision traditionnelle de la vie rurale, avec des scènes rustiques qui rappellent par certains aspects les œuvres flamandes, comme les tableaux des frères Bruegel.

Lépicié représente une cour de ferme qui possède une disposition semblable aux fermes du bassin parisien. La grange aux foins est installée au fond et la chaumière sur la droite. Les bâtiments sont réalisés en pierre calcaire et couverts de tuiles. La lumière jaune chatoyante et les jeux d’ombre suggèrent un après-midi d’automne, moment privilégié de la fenaison. L’artiste agrémente ce petit tableau de multiples scénettes qui l’animent et le rendent réaliste. Huit personnages sont afférés à leurs occupations : puits, linge, tissage de l’osier, fourrages. Une femme distribue du grain à des poules, aidée par un petit garçon, le seul personnage tourné vers l’observateur, en forme de clin d’œil. Une foule d’animaux de toutes espèces révèle la virtuosité de l’artiste dans leur représentation : bœufs, poules, dindons, pigeons, chevaux, chiens, chats, etc. Un chien sagement assis regarde lui aussi le spectateur et participe à la mise en scène de l’ensemble.

  Interprétation

Le goût de la nature

Le tableau Cour d’une ferme manifeste l’attirance de Lépicié pour la nature. Il incarne la sensibilité artistique du XVIIIe siècle, qui fait de la nature un thème privilégié d’inspiration. Il s’inscrit aussi dans la lignée des nombreux artistes qui mettent en scène les activités agricoles, la diversité des paysages, ou encore les animaux, comme Watteau, François Boucher ou encore Chardin.

Dès le milieu du siècle, cet intérêt pour la nature trouve son expression dans les cercles du pouvoir où les idées physiocratiques se diffusent. Cette doctrine du « gouvernement par la nature » fait de l’agriculture la base de la richesse du royaume, en opposition au commerce et aux manufactures. À sa manière, Lépicié salue l’action des paysans pour la vie du royaume. Sur la droite du tableau, une charrette débordante de sacs de blé évoque l’abondance agricole, à l’inverse des travaux effectués dans les manufactures. Ce retour à la terre devient une mode pour beaucoup. La réalisation de ce tableau coïncide également avec l’inauguration du Hameau de la reine Marie-Antoinette à Versailles.

Auteur : Stéphane BLOND


Bibliographie

  • GASTON-DREYFUS Philippe, Catalogue raisonné de l’œuvre peint et dessiné de Nicolas Bernard Lépicié (1735-1784), Paris, Armand Colin, 1923.
  • LE ROY LADURIE Emmanuel, Paysages, paysans : L’art et la terre en Europe du Moyen Âge au XXe siècle, Paris, Bibliothèque nationale de France, 1994.
  • MORICEAU Jean-Marc, Les fermiers de l’Île-de-France : l’ascension d’un patronat agricole : XVe-XVIIIe siècle, Paris, Fayard, 1994.
  • MORICEAU Jean-Marc, L’élevage sous l’Ancien Régime : les fondements agraires de la France moderne : XVIe-XVIIIe siècles, Paris, Sedes, 1999.
  • TROCHET Jean-René, Les maisons paysannes en France et leur environnement, XVe-XXe siècles, Paris, Créaphis, 2006.

Commentaires

Bonjour. Je trouve aussi que la lumière est plutôt automnale, mais... depuis quand fait-on les foins en automne? Ça se fait en juin ou plutôt juillet (sauf en Norvège et en Écosse, peut-être), quand l'herbe qui a bien poussé au printemps est sêchée par le soleil d'été: elle servira pour nourrir le bétail: vaches, moutons et chèvres. Idem pour la paille, qui sert d'aliment et aussi de litière.
J'aurais bien aimé un zoom pour voir en détailles animaux que vous énumérez. Mais avec Google Chrome je n'ai accès qu'à un agrandissement. C'est déjà ça! Merci et au plaisir de recevoir la prochaine édition.
Tiquirane
Par Tiquirane le 03/04/14 à 15h19 - #2236
Nous sommes juste après les moissons, les blés ont été battus , les grains mis en sacs sont chargés sur la charrette pour être apportés au moulin, et l'homme au fond de la cour lie (avec un brin de paille , comme dans la chanson) les bottes qui seront engrangées...(Il me semble que le foin serait plus vert...)
Ce tableau est superbe (et pour en voir les détails , il suffit de cliquer sur l'image et non sur le zoom)
Merci pour cette visite de cour de ferme ...comme on n'en voit plus
babethjacques
Par babethjacques le 16/04/14 à 10h45 - #2283

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