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Ministère de la Culture

L'histoire par l'image de 1643 à 1945

 
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Louis XIV vêtu à la romaine, couronné par la Victoire devant une vue de la ville de Maestricht en 1673.

© Photo RMN-Grand Palais (Château de Versailles) / Daniel Arnaudet

Agrandissement - Zoom

Titre : Louis XIV vêtu à la romaine, couronné par la Victoire devant une vue de la ville de Maestricht en 1673.

Auteur : Pierre MIGNARD (1612-1695)
Date de création : 1673
Dimensions : Hauteur 311 cm - Largeur 304 cm
Technique et autres indications : Huile sur toile
Lieu de Conservation : Musée national du Château de Versailles (Versailles) ; site web
Contact copyright : Agence photographique de la Réunion des musées nationaux. 254/256 rue de Bercy 75577 Paris CEDEX 12. Courriel : photo@rmn.fr ; site web
Référence de l'image : 85-002073 / MV2156

  Contexte historique

La Guerre de Hollande (1672-1678) menée par Louis XIV contre les Provinces-Unies (les Pays-Bas actuels) relève de plusieurs causes, mais la principale est économique. Devenue au fil du XVIIe siècle une puissance commerciale de premier plan, le pays et ses armateurs concurrencent, abusivement selon le roi absolu français et ses ministres, la France sur les principaux marchés européens. En outre, le pays, une république calviniste où règne une grande liberté d’expression, représente une sorte de « négation de l’absolutisme monarchique français » (R. Mandrou). Louis XIV, enfin, irrité par quelques pamphlets et gravures moqueuses à son endroit et publiés à Amsterdam, ne supporte plus l’outrecuidance de ce minuscule pays qui ose faire de l’ombre à son soleil.

La guerre qui débute en 1672 va être préparée dans les esprits par une intense campagne de propagande gravée (tout particulièrement par le burin de Jean Lepautre), tandis que les premières victoires françaises ( le passage du Rhin, la prise d’Utrecht) feront l’objet d’innombrables célébrations figurées (médailles, estampes, tapisseries, peintures…). Mais après ces succès initiaux largement magnifiés par le verbe et les images, la guerre se révèle plus difficile que prévue avec la défense inattendue du pays qui ouvre ses digues et transforme ainsi ses villes en îles difficilement accessibles par les troupes françaises.

En juin 1673 le siège puis la prise de Maastricht, dont les opérations militaires se sont déroulées en présence de Louis XIV, célébrés par ce tableau comme par de nombreuses représentations commandées par la propagande monarchique française, ne changent cependant pas la physionomie d’ensemble des rapports de forces militaires et il faudra attendre 1678 pour que le traité de Nimègue, qui met un terme à la guerre, soit enfin signé. La guerre qui ne devait pas durer s’est enlisée et a en outre irrité une grande partie des têtes couronnées européennes.

  Analyse de l'image

Louis XIV, au centre et au premier plan du tableau, sur un cheval bai en courbette, est vêtu à la romaine. Au-dessus de lui, dans les cieux, la Victoire va le couronner de deux rameaux de lauriers, symbole de sa gloire militaire. La divinité ailée tient dans sa main gauche, flottant au-dessus du monarque, un étendard au soleil rayonnant, attribut symbolique largement associé au roi français. Ce dernier, le port souple et naturel, monte un cheval fougeux, une peau de léopard en guise de selle.

De sa main droite, Louis XIV tient le bâton de commandement entièrement fleurdelisé, tandis que dans sa main gauche est glissé un harnais avec chaînons en or. Le rouge du harnais prolonge la cape du monarque volant au vent et rappelle les couleurs royales. Derrière le roi, détaché sur un fond bleuté, apparaissent ses troupes et la ville fortifiée de Maastricht, capitale du Limbourg, qu’il vient de prendre en à peine treize jours, à la stupéfaction de l’Europe entière. Baigné de lumière, le roi majestueux se détache grâce à une succession de couleur vive d’un fond sombre rehaussé du bleu du ciel qui met parfaitement en valeur le roi de guerre, sa puissance et sa gloire.

  Interprétation

Le cheval a été depuis de très nombreux siècles un moyen pour les hommes d’afficher leur puissance et leur domination. Louis XIV poussera encore un peu plus loin cette association et au travers d’un riche programme de statues équestres royales imposera l’image d’un roi cavalier, victorieux et absolu.
Le tableau de Pierre Mignard participe de cette politique d’affirmation de l’origine divine du pouvoir et du principe de sa domination sur les peuples. L’œuvre de très grand format joue de la même monumentalité que les statues équestres en bronze ou en pierre qui fleuriront dans la seconde partie du règne du roi-soleil au centre des places royales des grandes villes françaises.

Le tableau mélange adroitement les images du chef de guerre, de l’empereur romain et du prince souverain que Louis XIV incarne en dominant naturellement sa monture, comme il terrasse ses ennemis. Seul, le port altier, les épaules redressées, le dos creusé, les cuisses serrées, sans manifestation d’arrogance, le regard dirigé vers ses sujets, ses troupes éloignées, Louis XIV est l’unique artisan de la victoire, pourtant largement obtenue grâce aux innovations stratégiques de Vauban. La propagande royale, dans ce tableau lumineux et d’un adroit réalisme, s’affiche ici sans fard et contribue à donner de Louis XIV, d’ailleurs excellent cavalier, l’image d’un monarque au sommet de sa puissance et de sa gloire.

Auteur : Pascal DUPUY


Bibliographie

  • Daniel ROCHE, La puissance et la gloire. Histoire de la culture équestre, XVIe-XIXe siècle, Paris, Fayard, 2011.
  • Joël CORNETTE, Le roi de guerre. Essai sur la souveraineté dans la France du Grand Siècle, Paris, Payot, 1993.
  • Nicolas CHAUDUN et alii, Le cheval dans l’art, Paris, Citadelles & Mazenod, 2008.

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