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Adieux de Louis XVI à sa famille au Temple.

© Photo RMN-Grand Palais

Agrandissement - Zoom

Titre : Adieux de Louis XVI à sa famille au Temple.

Auteur : Charles BENAZECH (1767-1794)
Date de création : 1793
Date représentée : janvier 1793
Dimensions : Hauteur 42 cm - Largeur 56 cm
Technique et autres indications : peinture à l'huile sur toile
Lieu de Conservation : Musée national du Château de Versailles (Versailles) ; site web
Contact copyright : Agence photographique de la Réunion des musées nationaux. 254/256 rue de Bercy 75577 Paris CEDEX 12. Courriel : photo@rmn.fr ; site web
Référence de l'image : 86EE1290/MV 5831

  Contexte historique

La Convention vota le 17 janvier 1793 la mort du roi par 361 voix pour et 360 voix contre. Le 20 janvier, Garat, ministre de la Justice, vint en informer Louis XVI. Il fut accordé au roi de revoir sa famille. Louis XVI fut conduit dans la salle à manger du Temple. « Pendant près d’une demi-heure, on n’articula pas une parole ; ce n’étaient ni des larmes ni des sanglots, mais des cris assez perçants pour être entendus hors l’enceinte de la tour », rapporte l’abbé Edgeworth, confesseur du roi. « Enfin les larmes cessèrent, parce qu’on n’eut plus la force d’en répandre ; on se parla à voix basse et assez tranquillement. »

  Analyse de l'image

Le roi est assis. La reine, dans un geste pathétique où se mêle l’horreur à la révolte, telle une nouvelle Niobé désireuse d’apporter sa protection à la famille royale, s’abandonne à son destin. Madame Royale s’effondre contre le corps de son père, et le futur Louis XVII baise désespérément la main du monarque. Madame Elisabeth, sœur du roi, tombant, les mains implorantes, sur un fauteuil qu’elle renverse, s’en remet à Dieu. L’abbé Edgeworth participe à l’émotion générale en joignant les mains dans un geste de prière, Cléry, le valet de chambre du roi, se détourne de la scène pour pleurer, un gardien du Temple survient, attiré par les cris. Un Crucifix, symbole à la fois de la piété du roi et de son martyre proche, est placé en évidence devant la fenêtre.

  Interprétation

Cette scène a été fréquemment peinte par des artistes royalistes. Peintre peu connu, Charles Bénazech se fit vers la fin de sa vie, dans le climat de l’émigration, une spécialité de la martyrologie royale. Largement diffusées par la gravure, ses œuvres ont été à l’origine d’une imagerie populaire évoquant la « passion » de Louis XVI et de sa famille. Directement inspiré par le récit de l’abbé Edgeworth, le souci de Bénazech pour la vérité historique ne parvient pas à cacher son émotion partisane. Les lamentations et la douleur de la famille royale sont rendues de manière volontairement outrée et pathétique. Le goût troubadour de la scène historique sentimentale, développé sous la Restauration, perce déjà dans la conception de ce tableau de 1793, malgré une certaine gaucherie de l’exécution qui ne permet pas de situer cette œuvre sur le même plan que les compositions de Fleury-Richard qui rendra sous le règne de Louis XVIII un fervent hommage à Madame Elisabeth. Le musée national du château de Versailles conserve une autre œuvre de Bénazech, retraçant l’épisode suivant de la vie du roi : Louis XVI monte à l’échafaud, 21 janvier 1793 (M.V. 5832).

Auteur : Robert FOHR et Pascal TORRÈS


Bibliographie

  • François FURET, Denis RICHET, La Révolution française, Paris, Fayard, 1965, nouvelle éd. 1997.
  • Evelyne LEVER, Louis XVI, Paris, Fayard, 1985.
  • Mona OZOUF, « Procès du roi » in François FURET, Mona OZOUF (dir.), Dictionnaire critique de la Révolution française, Paris, Flammarion, 1988, réed. coll. « Champs », 1992.
  • Alexis PHILOMENKO, La mort de Louis XVI, Paris, Bortillat, 2000.
  • Collectif, La Révolution française et l’Europe 1789-1799, catalogue de l’exposition au Grand-Palais, Paris, RMN, 1989.

Commentaires

Quelle barbarie !
et cela de la part des auteurs des droits de l'homme
les extrémismes de quelque bord qu'ils soient sont effrayants et surtout ils ne font pas avancer les choses au contraire .
pauvre Louis XVI ! une pensée émue à sa femme et à ses enfants.
ce n'était pas un tyran...aujourd'hui les tyrans , les vrais ,ne sont même pas mis en prison..ils sont accueillis par la République française ( Duvalier) et leurs biens protégés......
sadam hussein a été exécuté.....mais louis XVI n'avait rien d'un sadam hussein.Honte à ceux qui ont voté la mort du roi puis celle de Marie -antoinette qq temps après .
seanco
Par seanco le 15/02/11 à 16h38 - #94
>> Quelle barbarie !
et cela de la part des auteurs des droits de l'homme

C'est tout le paradoxe de la Révolution française : elle paraît odieuse pour cela même dont nous en avons hérité.
Histoire-image
Par Histoire-image le 04/03/11 à 09h43 - #105

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