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Maximilien de Robespierre (1758-1794).

© Photo RMN-Grand Palais

Agrandissement - Zoom

Titre : Maximilien de Robespierre (1758-1794).

Auteur : ANONYME
Date de création : 1793
Dimensions : Hauteur 60 cm - Largeur 50 cm
Technique et autres indications : peinture à l'huile sur toile
Lieu de Conservation : Musée national du Château de Versailles (Versailles) ; site web
Contact copyright : Agence photographique de la Réunion des musées nationaux. 254/256 rue de Bercy 75577 Paris CEDEX 12. Courriel : photo@rmn.fr ; site web
Référence de l'image : 87EE321/MV 5685

  Contexte historique

D’origine bourgeoise, fils d’avocat et avocat lui-même, Robespierre est l’une des grandes incarnations de l’esprit de la Révolution. Formé chez les oratoriens à Arras, sa ville natale, puis au lycée Louis-le-Grand, à Paris, il subit l’influence de Rousseau, dont le Contrat social détermina ses positions politiques. Député du tiers état d’Artois, il fut le principal animateur du Club des jacobins. L’Incorruptible exerça un véritable magistère de la parole. D’apparence méticuleuse et respectable, il voulut consacrer sa vie au peuple. Après le 10 août 1792, sa popularité le mena à la Convention où il vota la mort du roi. Entré au Comité de salut public le 27 juillet 1793, il voulut réaliser son idéal démocratique en instaurant un gouvernement populaire fondé sur la vertu et, en temps de crise, sur la terreur. L’expression spirituelle de cette œuvre fut l’institution du culte de l’Etre suprême dont la première fête eut lieu le 8 juin 1794. Détesté non seulement par les modérés, mais aussi par les membres du Comité de salut public qui le discréditèrent en multipliant arrestations et exécutions après l’adoption du décret réorganisant la justice révolutionnaire (22 prairial an II, soit le 10 juin 1794), Robespierre finit par tomber le 9 thermidor an II (27 juillet 1794). Malgré le soulèvement de la Commune, il fut guillotiné le lendemain.

  Analyse de l'image

Dans ce modeste portrait anonyme, Robespierre, représenté en buste, nous apparaît dans la mise sévère des députés du tiers état : habit noir avec lequel contrastent un simple jabot blanc et une perruque commune à la plupart des représentants du troisième ordre, tel Mirabeau. Cette austérité, il faut le souligner, n’est pas aussi affirmée dans tous les portraits connus de Robespierre, personnage soucieux de respectabilité et soigné jusqu'à la méticulosité (voir par exemple le très élégant tableau en pied d’Adélaïde Labille-Guiard, exposé au Salon de 1791, aujourd’hui dans une collection privée 1, et le buste dû au sculpteur Claude-André Deseine 2, conservé au musée de la Révolution française, au château de Vizille). La vivacité du regard, l’autorité naturelle et le volontarisme du modèle sont en fait les seuls vrais arguments du portraitiste qui tente ici un portrait psychologique de « l’Incorruptible défenseur du Peuple ».

  Interprétation

On conserve un autre portrait de Robespierre « dessiné d’après nature » par le graveur Vérité, d’un formalisme analogue à celui-ci. La légende en est : « Maximilien Marie Isidore ROBESPIERRE, Député de la province d’Artois / Du superbe oppresseur ennemi redoutable, / Incorruptible ami du peuple qu’on accable, / Il fait briller au sein des viles factions, / Les vertus d’Aristide et l’âme des Catons. » Cette référence explicite aux vertus patriotiques de l’Athènes et de la Rome antiques, incarnées par leurs grands hommes, rend compte mieux que ne le ferait aucun autre commentaire de l’intention qui sous-tend une telle image : portrait de l’âme et manifeste de l’engagement politique au prix d’un renoncement aux privilèges du superflu.

Auteur : Robert FOHR et Pascal TORRÈS


Bibliographie

  • François FURET, Mona OZOUF, « Robespierre », « Terreur », « Montagnards », « Thermidor », in Dictionnaire critique de la Révolution française, Paris, Flammarion, 1988, rééd. coll. « Champs », 1992.
  • Patrice GUENIFFEY, La Politique de la terreur, essai sur la violence révolutionnaire, Paris Fayard, 2000.
  • Collectif, Dossier « Robespierre, portrait d’un tyran », L’Histoire n° 177, mai 1994.
  • Collectif, De David à Delacroix : la peinture française de 1774 à 1830, Catalogue de l’exposition au Grand-Palais, Edition des Musées nationaux, Paris,1974-1975.
  • Collectif, La Révolution française et l’Europe 1789-1799, Catalogue de l’exposition au Grand-Palais, Paris, RMN, 1989.

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