© Photo RMN-Grand Palais - H. Lewandowski
Titre : Installation du Conseil d'Etat au Palais du Petit-Luxembourg le 25 décembre 1799.
Auteur : Louis-Charles-Auguste COUDER (1789-1873)
Date de création : 1856
Date représentée : 25 décembre 1799
Dimensions : Hauteur 421 cm - Largeur 421 cm
Technique et autres indications : peinture à l'huile sur toile
Lieu de Conservation : Musée national du Château de Versailles (Versailles) ; site web
Contact copyright : Agence photographique de la Réunion des musées nationaux. 254/256 rue de Bercy 75577 Paris CEDEX 12. Courriel : photo@rmn.fr ; site web
Référence de l'image : 98DE21219/MV 1953
Sans rompre ouvertement avec l’œuvre de la Révolution, Bonaparte, devenu Premier consul, voulut rétablir l’ordre en restaurant l’Etat, ce en quoi il répondait aux aspirations de l’opinion. La Constitution du 22 frimaire an VIII (13 décembre 1799), inspirée par Sieyès, marque donc un retour en arrière : si son vocabulaire est emprunté à la Rome antique (consuls, sénat, tribunat, etc.), elle emprunte à la tradition monarchique la conception d’un exécutif fort. Elle lui reprend aussi l’institution du Conseil d’Etat, avec ses conseillers et maîtres des requêtes, organe juridictionnel qui, héritier du Conseil du Roi, sera à la fois le grand conseil du gouvernement, placé à côté de l’exécutif et même du législatif pour éclairer et préparer les décisions, et le tribunal administratif suprême de la France.
Aux côtés de Bonaparte, on reconnaît Cambacérès et Lebrun. Locré, secrétaire général du Conseil d’Etat, est assis, rédigeant le procès-verbal devant les présidents de section : Boulay de Meurthe (législation), Brune (guerre), de Sermon (finances), Gentaume (marine), Rœderer (intérieur). Ces derniers prêtent serment au Premier consul. La salle du Conseil est rendue avec une vérité topographique insistante. On discerne les façades du palais du Luxembourg par la fenêtre de gauche – le Conseil d’Etat siège d’abord au Petit-Luxembourg – et la vue du faubourg Saint-Germain par celle de droite.
Commandée sous le règne de Napoléon III pour les Galeries historiques de Versailles, cette composition de Couder s’inscrit dans la continuité à la fois thématique et esthétique des commandes de Louis-Philippe pour le musée de l’Histoire de France. Alors que la IIe République vit un bref repli de la peinture d’histoire, le Second Empire la remit au goût du jour à des fins de propagande évidentes : le nouvel empereur raviva la légende napoléonienne, source de sa légitimité. Le comte Emilien de Nieuwerkerke, établi par la faveur de la princesse Mathilde à la direction des musées impériaux, entendit mener à bien le parachèvement de ce programme. Commandée en 1852, la toile de Couder fut livrée à Versailles en 1856. Elle est déposée au Conseil d’Etat, qui siège au Palais-Royal, à Paris, depuis 1874.
Auteur : Robert FOHR et Pascal TORRÈS
Cordialement