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La bataille d'Austerlitz

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Bataille d'Austerlitz.

© Photo RMN-Grand Palais

Agrandissement - Zoom

Titre : Bataille d'Austerlitz.

Auteur : François GERARD (1770-1837)
Date de création : 1810
Date représentée : 2 décembre 1805
Dimensions : Hauteur 510 cm - Largeur 958 cm
Technique et autres indications : peinture à l'huile sur toile
Lieu de Conservation : Musée national du Château de Versailles (Versailles) ; site web
Contact copyright : Agence photographique de la Réunion des musées nationaux. 254/256 rue de Bercy 75577 Paris CEDEX 12. Courriel : photo@rmn.fr ; site web
Référence de l'image : 85DE895/MV.2765

  Contexte historique

Chef-d’œuvre de stratégie militaire, la bataille d’Austerlitz, dite aussi « des Trois empereurs » (Napoléon, Alexandre Ier de Russie et François II d’Autriche), demeure la plus célèbre des victoires napoléoniennes. Craignant un débarquement sur ses côtes alors que la Grande Armée était réunie à Boulogne, l’Angleterre parvint à former sur le continent une nouvelle coalition contre la France (la troisième depuis 1792). L’armée française accourut en Bavière, encercla à Ulm les troupes autrichiennes qui capitulèrent le 20 octobre 1805 et écrasa les Russes de Koutouzov à Austerlitz le 2 décembre, jour du premier anniversaire du sacre de Napoléon. Par un froid glacial, le soleil s’étant levé (le fameux soleil d’Austerlitz dans lequel on vit un signe du destin divin de l’Empereur), les troupes ennemies attaquèrent les Français sur le plateau de Pratzen avant d’être repoussées comme prévu dans les étangs gelés de Satschan où elles se noyèrent. Austerlitz fut un désastre pour les Austro-Russes qui n’eurent plus qu’à traiter.

  Analyse de l'image

Gérard a peint la victoire. Dans un élan, le général Rapp apporte à Napoléon les drapeaux et les canons pris à l’ennemi et lui présente le prince Repnine entouré des prisonniers russes. Napoléon se tient sur un cheval blanc (Cyrus qui, après la bataille, prendra le nom d’Austerlitz), portant la tenue verte de colonel des chasseurs à cheval de la garde. A ses côtés sont représentés Berthier, major général de la Grande Armée, Bessières, commandant la cavalerie de la garde, Junot, aide de camp dont Napoléon fit la connaissance à Toulon, Duroc et le colonel Lebrun, fils de l’architrésorier de l’Empire. Au premier plan, le peintre reprend des scènes célèbres de la conclusion de la bataille d’Austerlitz : le mamelouk qui propose à l’Empereur de lui rapporter la tête du grand-duc Constantin et à qui Napoléon répond : « Veux-tu bien te taire, vilain sauvage ! » ; l’officier russe qui se plaint d’être déshonoré pour avoir perdu sa batterie, auquel il rétorque « Calmez-vous, jeune homme, et sachez qu’il n’y a jamais de honte à être vaincu par des Français ». Comme dans nombre de tableaux napoléoniens, l’Empereur est impassible, tandis que ses protagonistes expriment des sentiments divers, en particulier le bonheur et la gloire dans le cas du général Rapp.

Bien que l’artiste ait pris quelques libertés avec l’exacte topographie (ainsi les étangs gelés placés en haut à gauche de la composition se trouvaient-ils en réalité à plus de 10 kilomètres du sommet du plateau de Pratzen), le tableau fut perçu comme un chef-d’œuvre. Guizot, publiciste sous l’Empire, écrivit à son sujet : « Quelle sagesse dans l’ordonnance générale et quelle adresse dans la combinaison des groupes […] rien d’embarrassé, rien de confus. »

  Interprétation

Gérard a peint un tableau animé, plein d’élan, sans grande signification autre que celle de célébrer la gloire de la plus belle victoire impériale. Seule l’exceptionnelle qualité picturale de l’artiste, l’un des meilleurs élèves de David, avant tout portraitiste, permet à la composition d’échapper à l’imagerie.

L’œuvre est célèbre dans le programme iconographique de la galerie des Batailles de Versailles, mais ce fut surtout la victoire d’Austerlitz elle-même, qui synthétisait à elle seule l’épopée, qui la fit placer à cet endroit dans le nouveau musée créé par Louis-Philippe. En fait, c’était la faire entrer dans la légende au côté des deux peintures de Vernet, La bataille d’Iena et La Bataille de Friedland, et d’autres tableaux napoléoniens récupérés par elle comme Le Bivouac de Wagram de Roehn.

Auteur : Jérémie BENOÎT


Bibliographie

  • Claire CONSTANS, Musée national du château de Versailles. Les Peintures, 2 vol., Paris, RMN, 1995.
  • Roger DUFRAISSE, Michel KERAUTRET, La France napoléonienne. Aspects extérieurs, Paris, Seuil, coll. « Points Histoire », 1999.
  • Alain PIGEARD, L’Armée de Napoléon, organisation et vie quotidienne, , Paris, Taillandier, 2000.
  • Gunther E. ROTHENBERG, Atlas des guerres napoléoniennes : 1796-1815, Paris, Autrement, 2000.
  • Jean TULARD (dir.), Dictionnaire Napoléon, Paris, Fayard, 1987.
  • Jean TULARD (dir.)., L’Histoire de Napoléon par la peinture, Paris, Belfond, 1991.
  • Jean TULARD, Louis GARROS, Itinéraire de Napoléon au jour le jour. 1769-1821, Paris, Tallandier, 1992.
  • Collectif, De David à Delacroix, catalogue de l’exposition au Grand-Palais, Paris, RMN, 1974-1975.
  • Collectif, Dominique Vivant Denon. L’œil de Napoléon, catalogue de l’exposition au Louvre, Paris, RMN, 1999.

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