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L'histoire par l'image de 1643 à 1945

 
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La mode des courses de chevaux

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Chevaux de course devant les stands.

© Photo RMN-Grand Palais - H. Lewandowski

Agrandissement - Zoom

Titre : Chevaux de course devant les stands.

Auteur : Edgar DEGAS (1834-1917)
Date de création : 1866
Dimensions : Hauteur 46 cm - Largeur 61 cm
Technique et autres indications : peinture à l'huile sur toile
Lieu de Conservation : Musée d'Orsay (Paris) ; site web
Contact copyright : Agence photographique de la Réunion des musées nationaux. 254/256 rue de Bercy 75577 Paris CEDEX 12. Courriel : photo@rmn.fr ; site web
Référence de l'image : 95DE24187/RF 1981

  Contexte historique

C’est sous le Second Empire que les premiers grands champs de courses sont créés. Dans ses Mémoires, le baron et préfet de la Seine Haussmann raconte comment l’idée de cet hippodrome lui a été suggérée par Morny, alors président du Corps législatif. Président du Jockey-Club, ce dernier désirait donner une « vogue inouïe » aux courses classiques du Champ-de-Mars, en les installant « à la portée de la promenade élégante qui devait être le bois de Boulogne ». La mode des courses ne se dément pas. L’hippodrome d’Auteuil est construit sous la IIIe République, en 1873 ; dans les années 1880, l’institution du Pari mutuel (l’ancêtre du PMU) vise à réglementer les paris en éclipsant les bookmakers.

  Analyse de l'image

La série des courses de chevaux de Degas reflète cette passion grandissante. Suivie par Courses à Longchamp (1871), Avant la course (1871-1872) et Le Faux Départ (1869-1872), cette toile représente une demi-douzaine de jockeys attendant le départ devant les stands d’où les observe une clientèle fortunée. Dans ce repos ambigu qui précède la compétition, on ressent une tension qu’expriment de longues ombres dramatiques. Degas semble prendre plaisir à détailler l’anatomie des chevaux en diverses positions, comme avant lui l’Anglais Stubbs et le Français Meissonier. Plus tard, Muybridge photographiera des séquences de locomotion humaine et équestre. L’harmonie et la luminosité des couleurs, tirées d’une palette réduite, confèrent à cette scène une fraîcheur printanière : le ciel blanchâtre, le bai des robes, les reflets verts sur le terrain beige et dans les stands éclairent cette composition de style japonisant, pleine des teintes que Caillebotte emploie dans son Boulevard vu de haut

  Interprétation

Exécuté avec beaucoup de sensibilité, ce tableau constitue aussi un document riche d’enseignements. Il nous introduit avant l’action dans un univers d’argent et de puissance. Les champs de courses constituent le lieu d’une ségrégation sociale assez nette : les élégants et les demi-mondaines se retrouvent à la cérémonie du pesage, alors que le petit peuple des parieurs se presse à la pelouse. Morny, l’inspirateur d’Haussmann, enviait le prestige et la tradition aristocratique des grands clubs équestres anglais. La toile de Degas souligne ainsi une contradiction de la France du XIXe siècle, à la fois hostile idéologiquement à l’Angleterre protestante et libérale, et fascinée par le maintien outre-Manche d’une aristocratie influente, avec ses usages et ses loisirs distinctifs.

Auteur : Ivan JABLONKA


Bibliographie

  • Jean BOGGS, Degas at the Races, National Gallery of Art, Washington, Yale University Press, 1998.
  • Georges DUBY, (dir.), Histoire de la France urbaine, t. IV, La Ville de l’âge industriel, Paris, Le Seuil, 1983.
  • Henri LOYRETTE, Degas, Paris, Fayard, 1991.

Commentaires

Article exceptionnel que vous avez là.
Je vais si cela vous dérange pas, le mettre sur mon blog (pas de duplicata r'assurez vous).
Merci encore ;)
Julien
Par Julien le 29/03/13 à 18h43 - #1416

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