Réunion des Musées Nationaux - Grand Palais
Ministère de la Culture

L'histoire par l'image de 1643 à 1945

 
S'abonner à
L'Histoire par l'image
Ajouter à un album

Albums liés

Napoléon (37 études)

Prise de l'Hôtel de ville : le Pont d'Arcole.
Prise de l'Hôtel de ville : le Pont d'Arcole.
Amédée BOURGEOIS

Napoléon et l’armée (8 études)

Napoléon reçoit les clefs de Vienne à Schönbrunn, le 13 novembre 1805.
Napoléon reçoit les clefs de Vienne à Schönbrunn, le 13 novembre 1805.
Anne Louis GIRODET DE ROUCY TRIOSON

Découvrez aussi

Le sacre de Napoléon

Sacre de l'empereur Napoléon et couronnement de l'impératrice Joséphine
Sacre de l'empereur Napoléon et couronnement de l'impératrice Joséphine
Jacques-Louis DAVID

La Grande armée fidèle à l'Empereur

Napoléon harangue le 2ème corps de la Grande-Armée sur le pont de Lech à Augsbourg.
Napoléon harangue le 2ème corps de la Grande-Armée sur le pont de Lech à Augsbourg.
Pierre GAUTHEROT

Fête de la Fédération, 14 juillet 1790

La Fédération faite le 14 juillet 1790,… Almanach pour 1791.
La Fédération faite le 14 juillet 1790,… Almanach pour 1791.

La campagne de France, 1814

1814. Campagne de France.
1814. Campagne de France.
Jean-Louis-Ernest MEISSONIER

L'aura napoléonienne

Napoléon au tombeau du grand Frédéric à Potsdam.
Napoléon au tombeau du grand Frédéric à Potsdam.
Marie-Nicolas PONCE-CAMUS

Le pape Pie VII

Pie VII.
Pie VII.
Jacques-Louis DAVID

Le serment du Jeu de paume, 20 juin 1789

Le Serment du Jeu de paume, 20 juin 1789 (esquisse).
Le Serment du Jeu de paume, 20 juin 1789 (esquisse).
Jacques-Louis DAVID

Un titre de baron sous l'Empire

Lettres patentes scellées conférant le titre de baron au général Scalfort.
Lettres patentes scellées conférant le titre de baron au général Scalfort.

1870 : de la défaite au désir de revanche

Bivouac après le combat du Bourget, 21 décembre 1870.
Bivouac après le combat du Bourget, 21 décembre 1870.
Alphonse NEUVILLE

L'avènement de la Monarchie de Juillet

Le roi donne les drapeaux à la Garde nationale de Paris et de la banlieue (29 août 1830).
Le roi donne les drapeaux à la Garde nationale de Paris et de la banlieue (29 août 1830).
Joseph-Désiré COURT

Napoléon et sa légitimité de guerrier

commentaires 0 commentaire commentaires
Serment de l'armée fait à l'empereur après la distribution des Aigles au Champs de Mars.

© Photo RMN-Grand Palais - P. Willi

Agrandissement - Zoom

Titre : Serment de l'armée fait à l'empereur après la distribution des Aigles au Champs de Mars.

Auteur : Jacques-Louis DAVID (1748-1825)
Date de création : 1810
Date représentée : 5 décembre 1804
Dimensions : Hauteur 610 cm - Largeur 931 cm
Technique et autres indications : peinture à l'huile sur toile
Lieu de Conservation : Musée national du Château de Versailles (Versailles) ; site web
Contact copyright : Agence photographique de la Réunion des musées nationaux. 254/256 rue de Bercy 75577 Paris CEDEX 12. Courriel : photo@rmn.fr ; site web
Référence de l'image : 89EE477/MV. 2278

Animation

  Contexte historique

Emblème déjà des armées romaines, des empereurs allemands, puis de la Prusse, de la Sicile et des Etats-Unis, l’aigle est adoptée en juin 1804 comme emblème de l’empire sur décision de Napoléon. Après la cérémonie du couronnement, l’Empereur devait remettre un nouveau drapeau aux gardes nationales des 108 départements ainsi qu’à tous les corps d’armée une fois que ces derniers auraient prêté serment de fidélité au nouveau monarque. La cérémonie fut repoussée au 3 puis au 5 décembre. Elle eut lieu par temps de neige et de pluie, dans un décor créé par Percier et Fontaine. « Soldats, voilà vos drapeaux ; ces Aigles vous serviront toujours de point de ralliement ; ils seront partout où votre Empereur les jugera nécessaires pour la défense de son trône et de son peuple. Vous jurez de sacrifier votre vie pour les défendre, et de les maintenir constamment par votre courage sur le chemin de la victoire. » Tel est le texte du serment prononcé par l’Empereur.

  Analyse de l'image

Le tableau de David appartient aux œuvres commandées en vue des célébrations du sacre. Dans cette composition bien plus dynamique que ne l’est Le Couronnement, on distingue à gauche sur l’estrade les grands dignitaires du nouveau régime : Duroc, grand maréchal du Palais, Cambacérès et Lebrun, Louis et Joseph Bonaparte, Eugène de Beauharnais, l’impératrice Joséphine et plusieurs autres figures. L’Empereur s’avance entouré des nouveaux maréchaux Berthier, Bernadotte, Murat, Augereau, Masséna, Lannes, etc., brandissant leur bâton. Le moment de la cérémonie choisi par David est celui où, dans un élan unanime, l’ensemble des militaires lance à l’Empereur : « Nous le jurons ! » On reconnaît là des chasseurs, des grenadiers, des dragons. Les bras tendus des soldats et ceux des maréchaux se rencontrent dans une sorte de triangle dont le sommet serait formé par l’aigle et le drapeau tricolore qui surmontent la tente dans le fond du tableau. L’aigle, animal sacré de l’Antiquité romaine, emblème du souverain Jupiter, est censé annoncer la lumière et représenter le soleil. Mais ce n’est plus Napoléon qui est au centre de cette composition fastueuse, il ne fait que descendre vers son armée. La symbolique est ici plus abstraite. Toutefois, l’aigle du drapeau joue en quelque sorte le rôle de la croix dans le tableau du sacre.

  Interprétation

Le législateur démocrate de la Révolution a été remplacé par le militaire devenu empereur. Consacré par la religion et par l’aigle, oiseau de lumière, il tire sa légitimité de l’assise populaire que lui assure le serment de tous les corps d’armée et de l’aval qu’il a reçu de l’Eglise. En fait on peut distinguer le souverain sacré, qui apparaît dans Le Couronnement, du souverain justicier que montre Le Serment de l’armée. Tout se passe comme si l’on avait là comme un dédoublement du pouvoir impérial en deux entités. De même que les trois couleurs du drapeau national symbolisent chacune, comme l’a montré Georges Dumezil (blanc du souverain, rouge du guerrier et bleu des producteurs), la couleur blanche se divise elle-même en deux versants matérialisés dans les tableaux de David par les deux symboles qui surmontent ses compositions : la croix et l’aigle. Ainsi, David semble avoir raisonné selon d’antiques représentations profondément ancrés dans l’esprit européen, et réactivés au moment de la Révolution et de l’Empire.

Auteur : Jérémie BENOÎT


Bibliographie

  • Louis BERGERON, L’Episode napoléonien. Aspects intérieurs. 1799-1815, Paris, Seuil, coll. « Points », 1972.
  • Claire CONSTANS, Musée national du château de Versailles. Les Peintures, 2 vol., Paris, RMN, 1995.
  • Eudore SOULIE, Notice du musée de Versailles, 4 vol., Paris, Mourgues Frères, 1861-1881.
  • Adolphe THIERS, Histoire du Consulat et de l’Empire, 20 vol., Paris, Paulin-Lheureux, 1845-1862.
  • Jean TULARD(dir.), Dictionnaire Napoléon, Paris, Fayard, 1987.
  • Jean TULARD (dir.), L’Histoire de Napoléon par la peinture, Paris, Belfond, 1991.
  • Jean TULARD,Louis GARROS, Itinéraire de Napoléon au jour le jour. 1769-1821, Paris, Tallandier, 1992.
  • Collectif, De David à Delacroix, catalogue de l’exposition au Grand-Palais, Paris, 1974-1975.
  • Collectif, Dominique Vivant Denon. L’œil de Napoléon Paris, catalogue de l’exposition au Louvre, 1999., Paris, 1999.

Commentaires

Laisser un commentaire :

twitter

facebook










Haut de page