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L'histoire par l'image de 1643 à 1945

 
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Entrée de Charles X à Paris, par la barrière de la Villette, après son sacre.

© Photo RMN-Grand Palais - D. Arnaudet

Agrandissement - Zoom

Titre : Entrée de Charles X à Paris, par la barrière de la Villette, après son sacre.

Auteur : Louis-François LEJEUNE (1775-1848)
Date de création : 1825
Date représentée : 6 juin 1825
Dimensions : Hauteur 179 cm - Largeur 154 cm
Technique et autres indications : peinture à l'huile sur toile
Lieu de Conservation : Musée national du Château de Versailles (Versailles) ; site web
Contact copyright : Agence photographique de la Réunion des musées nationaux. 254/256 rue de Bercy 75577 Paris CEDEX 12. Courriel : photo@rmn.fr ; site web
Référence de l'image : 79EE193/MV 1794

  Contexte historique

Le dernier sacre

A la mort de Louis XVIII en 1824, son dernier frère survivant, le comte d’Artois, monta sur le trône sous le nom de Charles X. Acquis depuis toujours aux idées ultraroyalistes et désireux par là même de signifier avec éclat la continuité entre la Restauration et l’ancienne monarchie, il se fit sacrer à Reims en mai 1825. A son retour, le roi prit symboliquement possession de sa capitale, y entrant solennellement pour se rendre, dans un parcours volontairement étendu, d’abord à Notre-Dame, puis aux Tuileries. Le contraste fut à l’époque remarqué entre la froideur manifestée par le peuple de Paris et l’enthousiasme qui avait accompagné l’entrée des Bourbons restaurés dans la capitale, en mars 1814.

  Analyse de l'image

Un tableau de propagande ?

Lejeune, en habile courtisan, n’en témoigne pas ici. Le carrosse du sacre, commandé tout spécialement pour la cérémonie, est utilisé pour l’entrée solennelle du nouveau souverain dans sa capitale. Il vient de passer sous un arc triomphal édifié pour la circonstance à la barrière de la Villette – les pavillons d’octroi bâtis à la fin de l’Ancien Régime par l’architecte Claude-Nicolas Ledoux autour de la capitale étaient alors encore tous en place. La plupart d’entre eux seront détruits sous le Second Empire au moment de l’agrandissement de Paris et des travaux menés par Haussmann, la rotonde de la Villette étant l’un de ceux qui furent alors épargnés. L’arc a été tendu de bleu (les armes de France étant les lis d’or sur fond bleu), le blanc, couleur de la monarchie, étant abondamment répandu dans diverses décorations et en particulier dans les nombreux drapeaux qui flottent sur des colonnes elles aussi temporaires. Le souverain s’est arrêté : il est reçu par la municipalité parisienne, avec à sa tête le préfet de la Seine, le comte de Chabrol. Le lien est évident avec les anciennes entrées royales où le monarque était reçu par les échevins de Paris emmenés par le prévôt des marchands : c’est à une modernisation des anciennes traditions que l’on assiste ici.

  Interprétation

En tant qu’ancien officier de l’Empire, Lejeune n’était peut-être pas le peintre politiquement le mieux placé pour commémorer l’événement. Les peintures de batailles dont il s’était fait une spécialité lui valurent cependant une grande renommée. Aussi son talent lui permit-il de rendre compte d’une scène complexe aux multiples personnages, en associant la spontanéité de la touche à la précision de l’exécution. Presque contemporain de son sujet, ce tableau ne peut faire figure de compte rendu vraiment fidèle de l’événement. Le sacre en effet fut mal compris de la majeure partie de la population (le bruit courut que « le roi s’était fait évêque »). Quelques mois auparavant, plusieurs lois réactionnaires avaient été soumises à la Chambre des pairs, en particulier celle sur le droit d’aînesse et celle sur le sacrilège, qui, pour la première, marquait un retour en arrière par rapport au Code Civil napoléonien, et pour la seconde l’alliance encore plus resserrée du trône et de l’autel. On remarqua ainsi la froideur du public précisément lors de l’entrée de Charles X dans Paris. Sans préjuger du talent de son auteur, cette œuvre est donc bien celle d’un courtisan habile.

Auteur : Pascal TORRÈS


Bibliographie

  • Claire CONSTANS, Musée national du château de Versailles. Les Peintures, 2 vol., Paris, RMN, 1995.
  • José CABANIS, Charles X, roi ultra, Paris, Gallimard, 1972.
  • Francis DÉMIER, La France du XIXe siècle, Paris, Seuil, coll. « Points Histoire », 2000.
  • François FURET, La Révolution, 1780-1880, Paris, Hachette, 1988, rééd. coll. « Pluriel », 1992.
  • Emmanuel de WARESQUIEL, Benoît YVERT, Histoire de la Restauration : naissance de la France moderne, Paris, Perrin, 1996.

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