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L'histoire par l'image de 1643 à 1945

 
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Louis XVIII assiste des Tuileries au retour de l'armée d'Espagne.

© Photo RMN-Grand Palais - G. Blot

Agrandissement - Zoom

Titre : Louis XVIII assiste des Tuileries au retour de l'armée d'Espagne.

Auteur : Louis DUCIS (1775-1847)
Date de création : 1824
Date représentée : 2 décembre 1823
Dimensions : Hauteur 143 cm - Largeur 110 cm
Technique et autres indications : peinture à l'huile sur toile
Lieu de Conservation : Musée national du Château de Versailles (Versailles) ; site web
Contact copyright : Agence photographique de la Réunion des musées nationaux. 254/256 rue de Bercy 75577 Paris CEDEX 12. Courriel : photo@rmn.fr ; site web
Référence de l'image : 87EE1195/MV 6837

  Contexte historique

Une guerre victorieuse, le baptême du feu du drapeau blanc

Le congrès de Vienne puis les traités de Paris avaient réorganisé les frontières de l’Europe et favorisé le rétablissement de régimes réactionnaires. L’un des plus rétrogrades était sans conteste la monarchie espagnole. Mais l’opposition libérale à Ferdinand VII était parvenue à prendre rapidement de l’importance, au point de déclencher en juillet 1822 un soulèvement militaire à la suite duquel la famille royale est séquestrée. Conformément aux principes de la Sainte Alliance, les grandes puissances européennes, réunies à Vérone, décident alors de rétablir la monarchie espagnole. Chateaubriand, qui représente la France, parvient à convaincre les autres représentants de confier à son pays une opération militaire commandée par le duc d’Angoulême, neveu de Louis XVIII et fils du futur Charles X. Faute de trouver un adversaire à sa taille, l’armée française réussit sans peine à rétablir Ferdinand VII sur son trône dès 1823. Le succès de cette première intervention militaire française depuis Waterloo ne pouvait que consolider la Restauration

  Analyse de l'image

A la gloire des Bourbons

Exposé au Salon de 1824 et immédiatement acheté par l’administration, le tableau commémore le défilé des troupes victorieuses qui, à leur retour d’Espagne, descendirent les Champs-Elysées jusqu’aux Tuileries. Mais si elles sont visibles au second plan du tableau, l’accent est mis avant tout sur la famille royale, particulièrement mise en valeur, les balustrades du premier plan, les rideaux et le dais fleurdelisé encadrant les personnages ainsi mis en scène comme au théâtre. Au centre du tableau Louis XVIII, assis sur son trône, reçoit le duc d’Angoulême. Celui-ci est présenté par son père, Monsieur, comte d’Artois, frère du roi et héritier du trône (sur l’estrade duquel il pose d’ailleurs le pied). La lignée successorale des Bourbons est complétée par le petit duc de Bordeaux, petit-fils de Charles X, qui, dans les bras de sa mère, la duchesse de Berry, et tout vêtu de blanc, salue les troupes de sa toque empanachée de plumes blanches en compagnie de sa sœur, Mademoiselle. La duchesse d’Angoulême, fille de Louis XVI, est aussi présente. La cour est massée sur la gauche.

  Interprétation

Ducis, consciemment ou non, reprend les thèmes favoris de la propagande officielle : unité de la famille des Bourbons, qui montre l’exemple de toutes les vertus privées, mais aussi succès extérieurs de la Restauration qui effacent l’échec et les défaites finales de l’épopée impériale, le blanc et les lis de la royauté faisant oublier le tricolore de la Révolution et de l’Empire. On sait pourtant que politiquement Louis XVIII ne s’entendait pas avec son frère, ou que la duchesse de Berry n’aimait pas la duchesse d’Angoulême, sa belle-sœur. Et le duc d’Angoulême n’était pas dupe : d’après les souvenirs du maréchal de Castellane, il ne put s’empêcher de murmurer, durant la parade : « Voilà la plus grande fanfaronnade depuis Don Quichotte. » Ducis a su habilement occulter ces aspects et mêler la représentation d’une cérémonie publique à une démonstration d’unité familiale, à la manière des peintres « troubadours » dont il se rapproche par le choix de ses sujets comme par son traitement pictural, privilégiant un effet de surface lisse et porcelainé. Il donne ainsi, dans un format moyen, un tableau à la fois théâtral et intime qui devait, pour le spectateur, rendre proche la famille royale tout en lui gardant une dignité distante incitant au respect.

Auteur : Pascal TORRÈS


Bibliographie

  • Bartholomé BENNASSAR, Histoire des Espagnols, Paris, Laffont, coll. « Bouquin », 1992.
  • Claire CONSTANS, Musée national du château de Versailles. Les Peintures, 2 vol., Paris, RMN, 1995.
  • Francis DEMIER, La France du XIXe siècle, Paris, Seuil, coll. « Points Histoire », 2000.
  • François FURET, La Révolution, 1780-1880, Paris, Hachette, 1988, rééd. coll. « Pluriel », 1992.
  • Evelyne LEVER, Louis XVIII, Paris, Fayard, 1988.
  • Emmanuel de WARESQUIEL, Benoît YVERT, Histoire de la Restauration : naissance de la France moderne, Paris, Perrin, 1996.

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