© Photo RMN-Grand Palais - D. Arnaudet / G. Blot
Titre : Casimir Perier (1776-1832).
Auteur : Louis HERSENT (1777-1860)
Date de création : 1827
Date représentée : 1827
Dimensions : Hauteur 165 cm - Largeur 90 cm
Technique et autres indications : peinture à l'huile sur toile
Lieu de Conservation : Musée national du Château de Versailles (Versailles) ; site web
Contact copyright : Agence photographique de la Réunion des musées nationaux. 254/256 rue de Bercy 75577 Paris CEDEX 12. Courriel : photo@rmn.fr ; site web
Référence de l'image : 84EE178/MV 5965
Un libéral
Casimir Perier (1777-1832) fut l’un des hommes politiques les plus en vue de la Restauration et des tout débuts de la monarchie de Juillet, régimes durant lesquels il ne cessa de défendre les idéaux politiques libéraux caractéristiques de la grande bourgeoisie capitaliste. Quatrième fils de Claude Perier, riche négociant et industriel du Dauphiné, il devint l’un des régents de la Banque de France et fut élu, en 1817, député de Paris. Il se spécialisa dans les questions financières et devint l’un des orateurs d’opposition redoutés du gouvernement. Il joua un grand rôle dans l’insurrection de 1830 (les réunions de députés hostiles aux ordonnances se tenaient à son domicile), mais désireux de maintenir un régime monarchique et la Charte, il se rallia au régime de Louis-Philippe, qui l’appela comme Premier ministre en 1831. Prenant la succession du banquier Laffitte, emblématique du « mouvement », Perier se posa en homme de la « résistance », soucieux de rétablir l’ordre afin de favoriser la reprise des affaires. Il réprima ainsi la grande révolte des canuts de Lyon, avant de connaître une fin prématurée : ayant visité les victimes de l’épidémie de choléra qui sévissait à Paris, il contracta lui-même la maladie et mourut peu après. Mais en une année de gouvernement, il avait su donner une assise solide à la monarchie de Juillet.
L’homme politique
Hersent a peint l’original de ce tableau pour le Salon de 1827. Perier, député, est représenté en habit officiel (on remarquera les fleurs de lis sur le revers des manchettes de son habit), avec à la main le manuscrit de son Opinion sur le budget, par laquelle il s’opposa à la politique financière du Premier ministre Villèle. C’est ici l’homme politique de la Restauration, l’orateur qui est représenté par le peintre, mais, si l’on peut dire, hors contexte : le fond neutre, l’attitude digne et volontaire de Perier, marquent plus la hauteur de ses vues et le respect dans lequel le tenaient ses contemporains que la lutte politique au quotidien ou les effets de tribune. Quelques années plus tard, en 1832, Hersent peignit cependant un autre portrait de Casimir Perier, toujours en député, mais cette-fois ci à la tribune, prêtant serment au nouveau régime (il porte la croix de la Légion d’honneur et la croix de Juillet).
Par-delà la représentation de la fermeté de caractère et d’esprit du modèle, ce tableau d’Hersent a su donner un aspect presque romantique à la figure de l’homme politique, par l’énergie contenue qui s’en dégage, un peu à la manière du Chateaubriand peint par Girodet (1810, musée de Saint-Malo). Si ses tableaux d’histoire lui valurent une célébrité méritée (par exemple l’Abdication de Gustave Wasa, qui fit sensation au Salon de 1819 avant d’être acheté par Louis-Philippe et de disparaître dans le sac du Palais-Royal en 1848), Hersent fut aussi un portraitiste réputé. Il peignit ainsi plusieurs fois Casimir Perier et sa famille (outre les tableaux déjà cités, Casimir Perier et ses fils Auguste et Paul, 1819, Vizille, musée de la Révolution française), ainsi que Louis-Philippe, sa femme ou leurs enfants, devenant un des artistes officiels du régime de Juillet.
Auteur : Pascal TORRÈS