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L'histoire par l'image de 1643 à 1945

 
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Le cirque, spectacle populaire

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Le Cirque.

© Photo RMN-Grand Palais - C. Jean

Agrandissement - Zoom

Titre : Le Cirque.

Auteur : Georges SEURAT (1859-1891)
Date de création : 1891
Dimensions : Hauteur 185.5 cm - Largeur 152.5 cm
Technique et autres indications : Huile sur toile
Lieu de Conservation : Musée d'Orsay (Paris) ; site web
Contact copyright : Agence photographique de la Réunion des musées nationaux. 254/256 rue de Bercy 75577 Paris CEDEX 12. Courriel : photo@rmn.fr ; site web
Référence de l'image : 89EE735/RF 2511

  Contexte historique

Cette œuvre inachevée figura au salon des Indépendants de 1891, peu de temps avant la mort brutale de Seurat.

Le thème, déjà abordé par l’artiste dans Parade de Cirque et Chahut, s’inscrit dans une tradition qui va de Daumier à Picasso en passant notamment par Degas et Lautrec, et témoigne de l’engouement pour ce divertissement de foule. En effet, né à Londres à la fin du XVIIIe siècle, le cirque connaît dans les années 1890 son plus grand succès à Paris.

  Analyse de l'image

L’exercice équestre était le noyau du spectacle. Il est le cœur de l’œuvre de Seurat. Au premier plan, de dos, se tient un clown à la tête rouge, directement inspiré des affiches de l’époque, notamment celles de Jules Chéret. Il témoigne des rapports entre la peinture et la société d’images alors naissante.

Au centre, la piste est occupée par une écuyère sur un cheval blanc et un acrobate. A l’arrière-plan, les gradins sont rythmés par les silhouettes figées des spectateurs dont les chapeaux (hauts-de-forme dans les premiers gradins et caloquets de feutre dans les gradins supérieurs) nous indiquent l’appartenance sociale.

La stabilité des lignes verticales et horizontales du fond rééquilibre les courbes et les diagonales du premier plan. L’harmonie de la composition – même si elle n’est pas guidée par la perspective classique : les gradins ne suivent pas la piste et le cheval paraît trop court sur pieds – repose sur les théories de Ch. Henry, qui "analyse" l’expression psychologique des lignes. Selon ce savant, la composition qui repose sur des horizontales donne une impression de calme, tandis que les diagonales suggèrent le dynamisme et la gaieté sensibles d’ailleurs dans cette œuvre.

La palette, réduite, est d’une luminosité remarquable. Seurat applique les théories de Chevreul sur le contraste simultané des couleurs : l’œil parvient à reconstituer une forme suggérée par la juxtaposition de petites touches de couleurs pures dont le rendu est plus lumineux que si elles étaient mélangées sur la palette du peintre. D’où ces petits points superposés à sec qui donnent aux pigments solidité et éclat.
Cette technique inventée par Seurat est appelée « divisionnisme » ou « pointillisme ». Elle est en fait un prolongement et une systématisation scientifique des recherches empiriques des impressionnistes.

  Interprétation

Le Cirque témoigne de l’avènement au XIXe siècle d’une économie de loisirs liée à la révolution industrielle. S’élabore ainsi une culture populaire du divertissement, qui s’exprime dans la fréquentation massive des jardins, des cafés-concerts, des hippodromes…

Autant de lieux qui inspirent les peintres modernes. Si Seurat revient trois fois au thème du cirque dans sa peinture, c’est qu’il lui permet d’étudier le mouvement, le rythme, et les couleurs rendues chatoyantes par la lumière électrique, dont l’emploi se répand ; un lieu féerique en somme, au cœur de la grisaille d’une ville en voie d’industrialisation.

Auteur : Nadine FATTOUH-MALVAUD


Bibliographie

  • Collectif, Catalogue de l'exposition au Grand Palais, Seurat, RMN, Paris, 1991.
  • Collectif, « Seurat au Grand Palais », in Dossier de l’Art, avril-mai 1991.
  • Ségolène LE MEN, Seurat et Chéret, le peintre, le cirque et l'affiche, CNRS Editions, Paris, 1994.
  • Alain CORBIN (dir.), L’Avènement des loisirs, Paris, Aubier, 1995.
  • Pascal JACOB, La Grande parade du cirque, Paris, Gallimard, 2001.
  • Dominique KALIFA, La culture de masse en France 1. 1860-1930, Paris, La Découverte, coll. « Repères », n°323, 2001.

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