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L'histoire par l'image de 1643 à 1945

 
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Baudelaire photographié par Nadar

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Charles Baudelaire.

© Photo RMN-Grand Palais - H. Lewandowski

Agrandissement - Zoom

Titre : Charles Baudelaire.

Auteur : NADAR (Gaspard Félix TOURNACHON, dit) (1820-1910)
Date de création : 1854
Technique et autres indications : photographie
Lieu de Conservation : Musée d'Orsay (Paris) ; site web
Contact copyright : Agence photographique de la Réunion des musées nationaux. 254/256 rue de Bercy 75577 Paris CEDEX 12. Courriel : photo@rmn.fr ; site web
Référence de l'image : 91CE1041/PHO 1988-30

  Contexte historique

Nadar, dessinateur, caricaturiste, journaliste et romancier devient un des photographes les plus courus de la capitale en ouvrant un atelier rue Saint-Lazare, en 1854. Les œuvres sorties de cet atelier correspondent à une première période de la carrière du photographe (jusqu'en 1861, date à laquelle il emménage dans de luxueux salons au 35 boulevard des Capucines), celle pendant laquelle il se consacre au thème du « panthéon des artistes et des écrivains contemporains ». Parmi ceux-ci plusieurs étaient des amis proches : Balzac, Daumier, Gautier, Nerval, Baudelaire[1]

  Analyse de l'image

Nadar utilise ici un procédé qu'il affectionne particulièrement pour photographier Baudelaire, auquel il vouait la plus grande admiration. Le plan est, en effet, relativement rapproché, la mise en page simple et la pose naturelle contrairement aux pratiques courantes des autres ateliers de l'époque, où l'artifice et les accessoires étaient de mise.

Nadar a uniquement recours à la lumière pour mettre en valeur le caractère de son ami. Une lumière qui lui confère une présence surprenante, une grande expressivité, et qui permet d'insister sur l'élégance de ce dandy invétéré qu'était Baudelaire (élégance que Nadar a également soulignée dans son livre Baudelaire intime.

Quant à l'aspect flou du contour, il se retrouve dans un autre portrait de Baudelaire par Nadar, Baudelaire au fauteuil. Il exprime probablement les rêveries dans lesquelles le poète semble s'être enfermé, mais il correspond aussi à la conception baudelairienne du portrait photographique : « Un portrait exact mais ayant le flou d'un dessin. »

Enfin, les dimensions relativement importantes de cette épreuve (24x17,5 cm) contrastent avec la mode de la photographie au format carte de visite qui se développe alors et dont le succès (dû à son faible coût) assure d'importants revenus à plusieurs ateliers de la capitale (Disdéri, Mayer...). Nadar se refuse à cette pratique jusqu'en 1861, quand, pour répondre à une stratégie commerciale plus efficace, il déménage boulevard des Capucines

  Interprétation

Sous le Second Empire, les ateliers de photographie sont un lieu mondain très prisé. Le plus souvent, on vient s'y faire portraiturer au milieu d'objets exotiques et dans un décor de convention, la photographie prenant ainsi le relais de la gravure, de l'estampe ou de la toile pour fixer les traits d'un visage. La multiplication phénoménale des ateliers entre 1850 et 1860 témoigne du succès de la nouvelle technique. Succès accru par l'invention de la photo-carte, peu onéreuse, mais dont le défaut était de gommer les spécificités de chacun sous une image fortement codifiée. Ennuyé par cette photographie commerciale, Nadar délègue de plus en plus à ses assistants et se laisse gagner par une nouvelle passion, l'aéronautique. En 1870, il permet à Gambetta de quitter Paris en ballon.

Auteur : Nadine FATTOUH-MALVAUD


Notes

Baudelaire n'a pas encore fait scandale avec Les Fleurs du mal (1857).


Bibliographie

  • M. Frizot (dir.), Nouvelle Histoire de la Photographie, Paris, Bordas, 1994.
  • Collectif, Nadar, Catalogue de l'exposition du musée d'Orsay, Paris, RMN, 1994.

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