Réunion des Musées Nationaux - Grand Palais
Ministère de la Culture

L'histoire par l'image de 1643 à 1945

 
S'abonner à
L'Histoire par l'image

Albums liés

Le mouvement féministe (4 études)

Les ruines du palais des Tuileries.
Les ruines du palais des Tuileries.
Jean-Louis-Ernest MEISSONIER

Mai 1871 (12 études)

Monseigneur Darboy dans sa prison.
Monseigneur Darboy dans sa prison.
Jean-Baptiste CARPEAUX

Découvrez aussi

La campagne de France, 1814

1814. Campagne de France.
1814. Campagne de France.
Jean-Louis-Ernest MEISSONIER

La répression de la Commune

Guerre civile.
Guerre civile.
Edouard MANET

Les destructions de la guerre de 14-18

La cathédrale de Reims en flammes.
La cathédrale de Reims en flammes.
Emile BOUSSU

Retour de Varennes à Paris

Retour de Varennes. Arrivée de Louis Seize à Paris, le 25 juin 1791.
Retour de Varennes. Arrivée de Louis Seize à Paris, le 25 juin 1791.
Jean DUPLESSI-BERTAUX

Les Bretons dans la guerre de 1914-1918

Troupe militaire progressant à travers les décombres.
Troupe militaire progressant à travers les décombres.
Camille GODET

L'Hôtel de ville de Paris : du lieu des révolutions à celui des célébrations

Louis-Philippe, Duc d'Orléans, arrive à l'Hôtel de Ville de Paris
Louis-Philippe, Duc d'Orléans, arrive à l'Hôtel de Ville de Paris
Eloi-Firmin FERON

La chute de la royauté

La Prise du palais des Tuileries, cour du Carrousel, 10 août 1792.
La Prise du palais des Tuileries, cour du Carrousel, 10 août 1792.
Jacques BERTAUX

Images de l'Allemand

L'Illustration, 29 août 1914 :
L'Illustration, 29 août 1914 : " Leur façon de faire la guerre ".
Louis Nicolas LEMASLE

Charge anti-républicaine

Apothéose ou le triomphe de la canaille.
Apothéose ou le triomphe de la canaille.
Maurice BOUTET-DE-MONVEL

Les Tuileries en ruines

Le palais des Tuileries après l'incendie de 1871, vu depuis le grand bassin du jardin.
Le palais des Tuileries après l'incendie de 1871, vu depuis le grand bassin du jardin.
Siebe Johannes TEN CATE

Ruines du palais des Tuileries - 1871

commentaires 0 commentaire commentaires
Les ruines du palais des Tuileries.

© Photo RMN-Grand Palais

Agrandissement - Zoom

Titre : Les ruines du palais des Tuileries.

Auteur : Jean-Louis-Ernest MEISSONIER (1815-1891)
Date de création : 1871
Date représentée : mai 1871
Dimensions : Hauteur 136 cm - Largeur 96 cm
Technique et autres indications : peinture à l'huile sur toile
Lieu de Conservation : Musée national du Château de Compiègne (Compiègne) ; site web
Contact copyright : Agence photographique de la Réunion des musées nationaux. 254/256 rue de Bercy 75577 Paris CEDEX 12. Courriel : photo@rmn.fr ; site web
Référence de l'image : 84EE849/C. 53.D.39

  Contexte historique

Le 19 juillet 1870 éclatait la guerre franco-prussienne. La rapide défaite des armées françaises en 1871, l’effondrement du Second Empire et les conditions sévères imposées par Bismarck pour la signature de la paix – cession de l’Alsace et d’une partie de la Lorraine, occupation de Paris par l’armée prussienne – déclenchèrent l’insurrection des Parisiens et la formation d’un gouvernement révolutionnaire.

La Commune de Paris eut une durée de vie très brève, de mars à mai 1871. Le soulèvement de Paris aurait pu réussir si le reste de la France avait suivi, mais les tentatives d’insurrection à Lyon, à Marseille, à Saint-Etienne, au Creusot, à Limoges, à Narbonne et à Toulouse tournèrent court. Paris, isolé, fut soumis à un blocus militaire par les armées française et prussienne. Les troupes régulières basées à Versailles et commandées par Mac-Mahon reprirent possession de la capitale au cours de la « semaine sanglante » (21-28 mai 1871). Les communards élevèrent plus de 500 barricades pour entraver la progression des versaillais et, le 23 mai, ils incendièrent plusieurs édifices publics : le palais des Tuileries, la Cour des comptes, le Conseil d’Etat, l’Hôtel de Ville de Paris, le ministère des Finances, le palais de la Légion d’honneur.

La répression qui s’abattit sur la Commune décapita pour longtemps le mouvement révolutionnaire en France.

  Analyse de l'image

Les ruines de Paris, après la Commune, inspirèrent d’innombrables peintres, dessinateurs et photographes. C’est ici Ernest Meissonier, le grand peintre officiel de Napoléon III, qui réalise une dramatique composition des ruines du palais des Tuileries au lendemain de l’incendie du 23 mai 1871.

La partie de l’édifice qu’il a choisi de représenter est très vraisemblablement le pavillon central dont on reconnaît les trois premiers niveaux, le troisième présentant seul des ouvertures en plein cintre. La toiture à quatre pans incurvés, les plafonds et le célèbre escalier d’honneur ont disparu. Sur ce qu’il reste de murs, on distingue les traces noires de l’incendie. Les colonnes corinthiennes qui soutenaient le plafond du premier étage sont demeurées en place. Les bas-reliefs qui encadrent les fenêtres du deuxième étage sont encore visibles et semblent miraculeusement préservés. Le premier plan du tableau est occupé par un amoncellement de gravats, vestiges pitoyables de ce qui fut le grand escalier. A l’extrémité inférieure de la toile, au milieu, une pierre rectangulaire porte l’inscription Gloria Maiorum per flammas usque superstes, Maius MDCCCLXXI. Au point de fuite de la composition, au-delà de l’entrée béante du pavillon central, on aperçoit, comme émergeant d’une accumulation de débris, le sommet de l’arc de triomphe du Carrousel que couronne le Quadrige de Bosio, groupe de bronze intitulé La Restauration guidée par la Paix et installé en 1828.

  Interprétation

Après la guerre franco-prussienne et la chute du Second Empire, le palais des Tuileries se trouva désaffecté. Il servira un moment d’ambulance, mais c’est un bâtiment vide et désert qui sera finalement laissé à la discrétion de la Commune de Paris. Un gouverneur, Alexis Dardelle, est nommé par le comité central, et le drapeau rouge flotte sur cet « antre du césarisme ». Le 22 mai 1871, les Tuileries reçoivent leur dernier occupant : Jules Bergeret, membre du Conseil de la Commune, chassé du palais Bourbon par les troupes versaillaises.

C’est dans le climat dramatique créé par la progression des troupes gouvernementales et l’agonie de la Commune de Paris que Bergeret décide d’incendier le palais. Le 23 mai, vers 9 heures, le feu est mis en plusieurs points à la fois et, très vite, l’embrasement est général. Le sinistre ne sera circonscrit que le 25 mai.

Dans l’incendie des Tuileries disparaît un symbole : celui d’un pouvoir monarchique autoritaire vieux de trois siècles. Plus prosaïquement, Ernest Meissonier a voulu faire des ruines des Tuileries le symbole de l’écroulement d’une époque, mais la vision, au-delà des ruines, du quadrige de l’arc de triomphe du Carrousel est aussi une ouverture sur l’avenir.

Auteur : Alain GALOIN


Bibliographie

  • Jean Marie BRUSON, « Iconographie du château des Tuileries après l’incendie », in Monuments historiques, n° 177, novembre 1991 (reproduction p. 32).
  • Philippe GUILLOUX, Meissonier, trois siècles d’histoire, Paris, Copernic, coll. « Peintres témoins de l'histoire », 1980, reproduction n° 46.
  • Constance Cain HUNGERFORD, « Meissonier’s "Siège de Paris" and "Ruines des Tuileries" », in La Gazette des Beaux-Arts, novembre 1990, tome CXVI, p. 201-212.
  • Louis RÉAU, Histoire du vandalisme : les monuments détruits de l’art français, Paris, Laffont, coll. « Bouquins », 1994.
  • Pierre-Nicolas SAINTE FARE GARNOT et Emmanuel JACQUIN, Le Château des Tuileries, Paris, Herscher, 1988, reproduction couleur p. 196.
  • Collectif, Cataogue d'exposition : Le décor des Tuileries sous le règne de Louis XIV, musée du Louvre, 9 juin-18 septembre 1998.
  • Collectif, Catalogue d'exposition : Ernest Meissonier, Lyon, musée des Beaux-Arts, 25 mars-27 juin 1993, p. 175-176 (reproduction couleur p. 177).

Commentaires

Laisser un commentaire :

twitter

facebook










Haut de page