Réunion des Musées Nationaux - Grand Palais
Ministère de la Culture

L'histoire par l'image de 1643 à 1945

 
S'abonner à
L'Histoire par l'image
Ajouter à un album

Albums liés

HUGO (26 études)

Bataille d'Austerlitz.
Bataille d'Austerlitz.
François GERARD

Louis XVI et Marie-Antoinette (12 études)

Marie-Antoinette de Lorraine-Habsbourg, reine de France et ses enfants.
Marie-Antoinette de Lorraine-Habsbourg, reine de France et ses enfants.
Elisabeth Louise VIGEE-LE BRUN

Découvrez aussi

Présence des chevaux de Venise à Paris, de 1798 à 1815

Enlèvement des chevaux de la basilique Saint-Marc de Venise
Enlèvement des chevaux de la basilique Saint-Marc de Venise
Jean DUPLESSI-BERTAUX

Les citoyens actifs

Carte de citoyen actif.
Carte de citoyen actif.

La chute de la royauté

La Prise du palais des Tuileries, cour du Carrousel, 10 août 1792.
La Prise du palais des Tuileries, cour du Carrousel, 10 août 1792.
Jacques BERTAUX

Louis XVI en roi citoyen

Louis XVI, roi de France (1754-1793).
Louis XVI, roi de France (1754-1793).
Jean-Baptiste-François CARTEAUX

L'exécution de Marie-Antoinette

Marie-Antoinette conduite à son exécution le 16 octobre 1793.
Marie-Antoinette conduite à son exécution le 16 octobre 1793.
William HAMILTON

L'Année terrible

L’Enigme.
L’Enigme.
Gustave DORE

La défaite de l'Empire

La Barrière de Clichy. Défense de Paris, le 30 mars 1814.
La Barrière de Clichy. Défense de Paris, le 30 mars 1814.
Horace VERNET

Fête de la Fédération, 14 juillet 1790

La Fédération faite le 14 juillet 1790,… Almanach pour 1791.
La Fédération faite le 14 juillet 1790,… Almanach pour 1791.

La Garde nationale, soutien de la Monarchie de Juillet

La Garde nationale célèbre, dans la cour du Palais-Royal, l'anniversaire de la naissance du Roi.
La Garde nationale célèbre, dans la cour du Palais-Royal, l'anniversaire de la naissance du Roi.
François DUBOIS

La condamnation de Louis XVI

Appels nominaux des députés à la Convention (p. 1).
Appels nominaux des députés à la Convention (p. 1).

Retour de Varennes à Paris

commentaires 2 commentaires commentaires
Retour de Varennes. Arrivée de Louis Seize à Paris, le 25 juin 1791.

© Centre historique des Archives nationales - Atelier de photographie

Agrandissement - Zoom

Titre : Retour de Varennes. Arrivée de Louis Seize à Paris, le 25 juin 1791.

Auteur : Jean DUPLESSI-BERTAUX (1747-1819)
Date de création : 1791
Date représentée : 25 juin 1791
Dimensions : Hauteur 24 cm - Largeur 29 cm
Technique et autres indications : AE/II/3032
Eau-forte mise en couleurs.
Lieu de Conservation : Centre historique des Archives nationales (Paris) ; site web
Contact copyright : CARAN - service de reprographie, 60 rue des Francs-Bourgeois, 75141 Paris cedex 03 ; site web
Référence de l'image : AE/II/3032

Animation

Vous devez mettre à jour votre player Flash
Aller sur le site d'Adobe pour mettre à jour

  Contexte historique

Après Varennes

Louis XVI est ramené à Paris, sur ordre de l’Assemblée nationale, le 25 juin 1791, après avoir tenté de fuir à l’étranger. Le peuple se précipite en foule sur tout le parcours, mais observe un silence impressionnant. Car, dans Paris, des placards ont été apposés : « Quiconque applaudira le roi sera bastonné, quiconque l’insultera sera pendu. »

Venant du nord-est de Paris, la berline royale passe devant la barrière d’octroi du Roule. Elle suit, par crainte de l’agitation populaire, l’enceinte de Paris appelée mur des Fermiers généraux[1], pour entrer dans la capitale par la barrière de l’Etoile, passer, loin des quartiers populaires, par les Champs-Elysées et rejoindre les Tuileries.

Jérôme Pétion, l’un des trois députés envoyés par l’Assemblée nationale pour ramener le roi à Paris, a relaté ce moment historique[2] où bascule la confiance dans la royauté.

La fuite du roi apparaît comme une trahison et marque profondément les esprits. Après Varennes, l’Assemblée doit accréditer l’idée d’un enlèvement du roi pour sauver son projet de monarchie constitutionnelle et prendre des mesures énergiques pour assurer la sécurité du roi.

  Analyse de l'image

Le convoi royal devant la barrière du Roule

Le cortège est composé de la berline royale où se trouvent le roi, la reine, Pétion, Barnave, Madame Elisabeth, Madame Royale et le dauphin et, sur le siège, trois gardes du corps ; les femmes de service occupent une seconde voiture ; dans la troisième, un cabriolet découvert ombragé de branches de chêne, se trouve Drouet, qui a reconnu le roi. Seize pièces de canon et 30 000 baïonnettes escortent le convoi.

Le dessin de Jean-Louis Prieur, probablement contemporain de l’événement, a été gravé à l’eau-forte par Jean Duplessi-Bertaux et reproduit par P. G. Berthault dans les Tableaux historiques de la Révolution française[3]. L’estampe a été rehaussée de couleurs sans beaucoup d’exactitude. La berline choisie pour ce départ clandestin était ordinaire et sombre. Par contre, le vêtement jaune des trois gardes du corps qui avaient servi de courrier avait constitué une voyante bévue.
La foule immense d’hommes, de femmes et d’enfants se presse des deux côtés de la route, sur toute la longueur du mur et sur les toits des bâtiments et de la barrière du Roule, à l’architecture flambant neuve due à Claude Nicolas Ledoux. Le haut bâtiment de quatre étages, inspiré de l’Antiquité romaine et situé à côté de collines imaginaires, domine et amplifie de sa majestueuse gravité la scène tragique et silencieuse.

On aperçoit, à l’intérieur de la berline, les profils de Louis XVI et de Marie-Antoinette. Seul s’est mis à la portière le jeune prince, qui laisse pendre son chapeau, désemparé devant cette situation inouïe.

  Interprétation

Donner une résonance patriotique à l’événement

Animée par le mouvement des bras de la foule et les volutes de poussière soulevées par le convoi, la scène semble portée par un élan. Le groupe de soldats et de paysans dont l’un tient une faux, juché sur le toit de la berline paraît une création symbolique de l’artiste, faite pour exalter le rôle joué par le peuple dans l’arrestation du roi.

Dans sa représentation de scènes violentes ou tragiques de la Révolution, Prieur a profilé à plusieurs reprises les barrières de Ledoux, à l’architecture directement inspirée de l’Antiquité. On croyait alors reconnaître chez Ledoux le décor où s’était écoulé l’âge héroïque de la République romaine. Cette architecture nouvelle n’était pas sans correspondances avec l’idéal de valeurs antiques des jacobins. L’artiste y était sans doute sensible ; il sera juré auprès du Tribunal révolutionnaire, avant d’être lui-même guillotiné à Paris, le 6 mai 1795.

Auteur : Luce-Marie ALBIGÈS


Notes

Mur des Fermiers généraux, ce " mur murant Paris qui rend Paris murmurant ", selon la formule de l'époque. Son établissement dans les années précédant la Révolution avait provoqué de vives protestations. Les nouvelles barrières d'octroi, où étaient perçus les droits sur les marchandises qui entraient dans Paris, en particulier le vin, cristallisaient la haine des consommateurs et étaient souvent le lieu de désordres qui avaient même été sanglants, en 1790. Ce mur restera la limite de Paris jusqu'en 1859.

Envoyé par l'Assemblée pour ramener le roi, Jérôme Pétion assiste à la scène depuis la berline : " Au lieu d'entrer dans Paris par la porte Saint-Denis, nous fîmes le tour des murs et nous passâmes par la porte de la Conférence. Le concours du peuple était immense, et il semblait que tout Paris et ses environs étaient réunis dans les Champs-Elysées. Jamais un spectacle plus imposant ne s'est présenté aux regards des hommes. Les toits des maisons étaient couverts d'hommes, de femmes et d'enfants ; les barrières en étaient hérissées, les arbres en étaient remplis ; tout le monde avait le chapeau sur la tête ; le silence le plus majestueux régnait, la garde nationale portait le fusil la crosse en haut… Ce qu'il y a de plus remarquable, c'est que nulle part je n'entendis proférer une parole désobligeante contre le roi ; on se contentait de crier : Vive la nation ! "

Cette publication comportant 225 estampes, des discours et des notices parut d'abord sous forme de livraisons périodiques de 1791 à 1796, puis sous forme d'édition cumulative, en 1798, 1802, 1804 et 1817.


Bibliographie

  • Jérôme PÉTION DE VILLENEUVE, Mémoires inédits, Paris, C. A. Dauban, 1866,. p. 196.
  • Collectif, Exposition Ledoux et Paris, Paris, Rotonde de la Villette, 1979. Cahiers de la Rotonde, n° 3.
  • Noël LAVEAU, Paris Révolution, Paris, 1989.
  • Albert SOBOUL (dir.), Dictionnaire historique de la Révolution, Paris, 1989.

Commentaires

Bonjour !
Parle-t-on du même Claude Nicolas Ledoux, mort en 1806, architecte entre autres de la Saline Royale d'Arc-et-Senan ?
Il est écrit ci-dessus : guillotiné le 6 mai 1795.
Je suis surprise ... mais l'erreur est humaine, à moins qu'il ne s'agisse d'un frère, d'un homonyme dont je n'aurais pas connaissance.
Merci de me renseigner.
Bien à vous, Almaïde.
Almaïde
Par Almaïde le 04/04/13 à 16h41 - #1429
Bonjour,

Nous parlons effectivement du Claude Nicolas Ledoux qui a conçu les plans de la Saline Royale d'Arc-et-Senans.

Dans la phrase : "L’artiste y était sans doute sensible ; il sera juré auprès du Tribunal révolutionnaire, avant d’être lui-même guillotiné à Paris, le 6 mai 1795." C'est Jean-Louis Prieur, l'auteur du dessin qui est désigné comme artiste et qui est bien décédé en 1795

A très bientôt,

Anne-Lise
Histoire_image
Par Histoire_image le 09/04/13 à 12h19 (sur twitter) - #1444

Laisser un commentaire :

twitter

facebook










Haut de page