© Photo RMN-Grand Palais - G. Blot / J. Schormans
Titre : La Prise du palais des Tuileries, cour du Carrousel, 10 août 1792.
Auteur : Jacques BERTAUX (1745-1818)
Date de création : 1793
Date représentée : 10 août 1792
Dimensions : Hauteur 124 cm - Largeur 192 cm
Technique et autres indications : Huile sur toile
Lieu de Conservation : Musée national du Château de Versailles (Versailles) ; site web
Contact copyright : Agence photographique de la Réunion des musées nationaux. 254/256 rue de Bercy 75577 Paris CEDEX 12. Courriel : photo@rmn.fr ; site web
Référence de l'image : 83EE86/MV 5182
A l’été 1792, les conflits intérieurs s’aggravent avec les défaites militaires : l’Assemblée crée un camp des Fédérés près de Paris. Le roi y oppose son véto et ne cède pas à la pression populaire. Paris apprend le fameux « manifeste » du duc de Brunswick, généralissime de l’armée coalisée, qui menace maladroitement Paris de subversion totale pour le cas où le roi et sa famille seraient menacés. En réaction, Sans-culottes et Fédérés proposent la déchéance du roi et l’élection d’une Convention au suffrage universel. Si, à minuit, aucune décision n’était prise par l’Assemblée, le peuple s’insurgerait. Le 10 août, à 8 heures, commence alors l’une des journées les plus emblématiques de la Révolution française : la prise du palais des Tuileries, puis l’emprisonnement de Louis XVI et de sa famille au Temple qui vont mettre fin à la monarchie constitutionnelle.
Cette composition présentée au Salon de 1793 représente la cour du Carrousel où se tient le combat opposant les Sections aux gardes suisses. Au premier plan un garde suisse est passé à la baïonnette par deux sans-culottes, cependant que l’on tire au canon sur la porte du palais d’où font feu d’autres gardes, héroïques ultimes défenseurs de la monarchie. Le sol est jonché de cadavres sanglants. On sent l’écrasement des gardes se sacrifiant sans négocier de reddition et l’héroïsme semble bien du côté des vaincus, montrés au premier plan dans une humanité évidente. Sur la porte de la cour du Carrousel flotte l’étendard révolutionnaire accroché à une pique coiffée du bonnet phrygien.
Lors du concours de peinture de l’an II de la République, cinq artistes présentèrent des esquisses représentant l’assaut des Tuileries. Le premier prix revint à François Gérard. Lagrenée le Jeune, Régnault et Bertaux traitèrent le même sujet. Au Salon de l’an VII, Hennequin fut primé pour une composition allégorique représentant le même fait historique. On reconnaît sous le pinceau de Bertaux l’art du peintre de batailles qui représente les faits comme s’ils avaient été saisis sur le vif, et se complaît dans l’évocation réaliste et macabre du massacre des gardes suisses (on lui en fit reproche, soulevant par là la question de l’authenticité de son engagement républicain). Il importe toutefois de souligner que pour l’artiste — et cela peut être interprété comme un témoignage a posteriori sur la conception de la peinture de propagande révolutionnaire —, la vérité historique doit montrer non seulement la cocarde ou l’étendard tricolore, mais aussi l’héroïsme national et la cruauté de combats particulièrement féroces et sanglants.
Auteur : Robert FOHR et Pascal TORRÈS
Cela nous aide beaucoup en cours ! ;)
Nous kiffons ce site ! Yeaah :D
On est vraiment content pour cette très bonne note !
A bientôt sur le site :)
Anne-Lise
MERCI.
Annabelle