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Première distribution des décorations de la Légion d’honneur, le 14 juillet 1804.

© Photo RMN-Grand Palais

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Titre : Première distribution des décorations de la Légion d’honneur, le 14 juillet 1804.

Auteur : Jean-Baptiste DEBRET (1768-1848)
Date de création : 1812
Date représentée : 14 juillet 1804
Dimensions : Hauteur 403 cm - Largeur 531 cm
Technique et autres indications : Huile sur toile
Lieu de Conservation : Musée national du Château de Versailles (Versailles) ; site web
Contact copyright : Agence photographique de la Réunion des musées nationaux. 254/256 rue de Bercy 75577 Paris CEDEX 12. Courriel : photo@rmn.fr ; site web
Référence de l'image : 87EE508/MV 1504

  Contexte historique

Les distinctions avaient été supprimées en 1791. Une fois au pouvoir, Bonaparte décida de créer un ordre national pour récompenser le mérite civil et la bravoure militaire. Un décret du Corps législatif voté le 19 mai 1802 et proclamé loi de la République le 29 mai suivant créa la Légion d’honneur, destinée à décorer les élites du pays et à leur servir de creuset. Cependant devant l’opposition des assemblées et surtout celle des généraux, Bonaparte ajourna l’inauguration de la nouvelle institution. Le premier grand chancelier du nouvel ordre, Lacépède, ne fut nommé que le 14 août 1803. Et les premières croix attachées à un ruban rouge ne furent remises que deux ans plus tard, à la suite du décret du 11 juillet 1804 créant une décoration « étoile à cinq rayons doubles, émaillée de bleu ».

Sous l’Empire, alors que Napoléon instituait une nouvelle noblesse, la Légion d’honneur reçut une organisation pyramidale proche de celle des anciens ordres de chevalerie, avec des grades allant de celui de « légionnaire » (chevalier) à celui de « grand cordon », réservé aux dignitaires du régime. De 1802 à 1814, 48 000 légionnaires furent nommés, dont seulement 1 400 civils. Une mission d’entraide fut ensuite donnée à l’ordre par le décret de Schönbrunn (15 décembre 1805), qui créa trois maisons d’éducation pour les jeunes filles des légionnaires.

  Analyse de l'image

Le cardinal Belloy, archevêque de Paris, accompagné de son clergé, reçut l’Empereur à la porte de l’église des Invalides et le conduisit personnellement jusqu’au trône impérial. Napoléon y prit place, ayant derrière lui les colonels et généraux de la garde, le gouverneur des Invalides et les grands officiers de la couronne. Aux deux côtés et sur la seconde marche du trône paraissent les grands dignitaires ; plus bas, à droite, les ministres ; à gauche, les maréchaux de l’Empire ; au pied des marches du trône, le grand maître et les maîtres des cérémonies ; en face de celui-ci, le chancelier et le grand trésorier de la Légion d’honneur. Les aides de camp de l’Empereur sont debout. Entouré des nouveaux chevaliers des différents corps de l’Etat, l’Empereur honore particulièrement le courage malheureux en accrochant lui-même la croix de la Légion d’honneur au vêtement d'un jeune invalide manchot.

  Interprétation

Associer le faste du cérémonial à la destinée tragique des soldats de l’Empire, invalides ou défunts, obéit à la nature propagandiste du régime napoléonien. On verra combien l’hommage rendu à sa « vieille garde » par l’Empereur, lors de ses adieux au château de Fontainebleau, insistera encore sur l’enracinement du régime dans les couches populaires. A cet égard, il faut noter que la première distribution de croix de la Légion d’honneur avait été fixée au samedi 14 juillet, pour marquer le lien avec la Révolution. Elle fut reportée au lendemain, jour férié, pour permettre au peuple d’y assister. Toute la légende napoléonienne est ici résumée : l’ordre de la Légion d’honneur, ordre de mérite et non de chevalerie, consacre l’honneur des combattants de l’Empire et non la naissance ou le rang d’une classe aristocratique dont la vocation militaire avait cessé, dès avant la Révolution, de fonder la légitimité.

Achetée en 1812 par l’Etat, cette toile, exposée au Salon de la même année (n° 241), ne pouvait manquer d’être remarquée par l’administration impériale. L’approche anecdotique et sentimentale de Debret, sa dilection pour les scènes où le courage de simples soldats est récompensé par l’Empereur (Napoléon rend hommage au courage malheureux, 1806, Versailles ; Napoléon décore le grenadier Lazareff à Tilsitt, 1808, Versailles), lui assignent une place originale dans la peinture de la légende napoléonienne.

Auteur : Robert FOHR et Pascal TORRÈS


Bibliographie

  • Yveline CANTAREL-BESSON, Claire CONSTANS, Bruno FOUCARD, Napoléon, images et histoire : peinture du château de Versailles (1789-1815), Paris, RMN, 2001.
  • Jean TULARD (dir.), Dictionnaire Napoléon, Paris, Fayard réed. 1999.
  • Collectif, Napoléon et la Légion d’Honneur, Cat . Exp., Paris, société d’entraide des membres de la Légion d’Honneur, 1968.

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