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Joséphine de Beauharnais, Impératrice des Français, 1805.

© Photo RMN-Grand Palais

Agrandissement - Zoom

Titre : Joséphine de Beauharnais, Impératrice des Français, 1805.

Auteur : François GERARD (1770-1837)
Date de création : 1808
Date représentée : 1805
Dimensions : Hauteur 28 cm - Largeur 27 cm
Technique et autres indications : Huile sur toile
Lieu de Conservation : Musée national du Château de Versailles (Versailles) ; site web
Contact copyright : Agence photographique de la Réunion des musées nationaux. 254/256 rue de Bercy 75577 Paris CEDEX 12. Courriel : photo@rmn.fr ; site web
Référence de l'image : 89EE60/MV 4860

  Contexte historique

Marie-Josèphe Rose Tascher de la Pagerie (1763-1814) naquit à la Martinique dans une famille installée aux Iles depuis un demi-siècle. Après une jeunesse libre et oisive, elle épousa en France, en 1779, le chevalier Alexandre de Beauharnais. De cette union naquirent Eugène et Hortense. Séparée de son époux six ans plus tard, elle vécut à Paris la vie d’une mondaine désargentée et poursuivie par ses créanciers. Emprisonnée comme Beauharnais sous la Révolution, elle fut libérée le 9 thermidor alors que son mari avait été guillotiné. Par l’intermédiaire de Barras, l’un de ses amants, elle connut Bonaparte qui l’épousa en 1796, avant la campagne d’Italie. Rose devint alors Joséphine. Son inconduite pendant l’absence de Napoléon, lors de la campagne d’Egypte, lui fit frôler le divorce.

Couronnée impératrice en 1804, elle subit la haine du clan Bonaparte. Elle exerça néanmoins une grande influence sur Napoléon et sut l’aider dans sa politique d’apaisement : restée royaliste au fond du cœur, elle n’avait jamais rompu avec son ancien milieu et put ainsi établir un lien précieux entre l’Empereur et la noblesse d’Ancien Régime. Incapable de donner un héritier au trône, elle dut accepter le divorce en 1809. Grâce aux deux millions que lui versait chaque année le Trésor, elle vécut dès lors dans une demi-retraite dorée au château de la Malmaison qu’elle avait acquis en 1799.

  Analyse de l'image

L’impératrice porte ici le grand habillement du sacre. Il fut dessiné, à l’instar de celui de l’Empereur, par Isabey et Percier et comportait « un grand manteau de velours pourpre semé d’abeilles d’or (long de 22,60 m) réalisé par la maison de modes Leroy et Rimbaud ; dans la broderie sont enlacées des branches de laurier, de chêne et d’olivier qui entourent la lettre « N ». La doublure et la bordure sont en hermine. Le manteau est attaché sur l’épaule gauche et soutenu par une agrafe à la ceinture du côté gauche. La robe est semée d’abeilles d’or. Le corsage et le haut des manches sont enrichis de diamants (…) le diadème, le collier et les boucles d’oreilles sont en pierres gravées, entourées de brillants : la collerette est en dentelle lamée d’or » (Revue du Souvenir Napoléonien, 59e année, n° 406, p. 63). A côté de l’impératrice, sur un coussin, repose la couronne d’or, de pierres de couleur et de perles, œuvre du joaillier Marguerite. Le fauteuil du trône, réalisé en 1805 par le grand ébéniste Jacob-Desmalter, est aujourd’hui au château de Fontainebleau.

  Interprétation

L’original de ce tableau, également conservé à Fontainebleau, fut commandé à Gérard en 1807 et présenté au Salon de 1808. Il s’agit ici d’une réplique en petit qui provient de l’atelier de l’artiste. C. P. Landon, dans ses Annales du Musée, Salon de 1808, écrit : « Le portrait de S. M. l’Impératrice doit être cité au premier rang. La vérité de la ressemblance, la douceur de l’expression, une pose gracieuse et naturelle, un dessin correct, un pinceau moëlleux et délicat, une heureuse harmonie de ton et d’effet, telles sont les beautés qui constituent le mérite de ce tableau. » Landon rend ainsi parfaitement compte de l’impact que provoquait alors auprès du public le renouveau des fastes monarchiques voulus par Napoléon. Il existe de nombreux exemplaires de ce portrait de l’impératrice en costume de sacre. La diffusion des portraits des souverains contribuait évidemment à asseoir la popularité du régime.

Auteur : Robert FOHR et Pascal TORRÈS


Bibliographie

  • Bernard CHEVALLIER, Christophe PINCEMAILLE, L’impératrice Joséphine, Paris, Presses de la Renaissance, 1998.
  • Françoise WAGENER, L’impératrice Joséphine : 1763-1814, Paris, Flammarion, 1999.

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