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L'histoire par l'image de 1643 à 1945

 
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L’Enigme.

© Photo RMN-Grand Palais - H. Lewandowski

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Titre : L’Enigme.

Auteur : Gustave DORE (1832-1883)
Date de création : 1871
Date représentée : 1871
Dimensions : Hauteur 130 cm - Largeur 195.5 cm
Technique et autres indications : Huile sur toile
Lieu de Conservation : Musée d'Orsay (Paris) ; site web
Contact copyright : Agence photographique de la Réunion des musées nationaux. 254/256 rue de Bercy 75577 Paris CEDEX 12. Courriel : photo@rmn.fr ; site web
Référence de l'image : 99DE5012/RF 1983-99

  Contexte historique

A l’issue des terribles années 1870 et 1871 qui ont vu se succéder la guerre, l’occupation prussienne et la Commune, Paris est exsangue, et la France fortement ébranlée par les conséquences de cette succession de conflits. La population parisienne est humiliée, affamée, décimée. La ville est endommagée, le récent urbanisme haussmannien est bouleversé, les Tuileries incendiées et la colonne Vendôme abattue. Paris vaincu offre un affligeant spectacle dont vont s’inspirer de nombreux artistes, oscillant entre la composition commémorative et l’illustration allégorique.

  Analyse de l'image

Gustave Doré situe son interprétation des suites du conflit franco-prussien entre ces deux pôles, bien que le titre choisi fasse explicitement référence à une représentation symbolique. Traitée dans un camaïeu de gris et de couleurs froides et ternes, la partie inférieure de son tableau est jonchée de cadavres de civils et de militaires, et d’armes désormais inutiles. Dans la partie supérieure apparaît Paris embrasé, d’où s’élèvent les fumées de multiples incendies qui obscurcissent le ciel. Cerné par ces paysages de ruines, un groupe allégorique domine le premier plan : une figure laurée et ailée (Paris ? la France ?) tend son visage vers un sphinx (l’Histoire ?). Mais le geste symétrique des deux mains droites portées vers les têtes des deux protagonistes éloigne la représentation du thème grec classique du sphinx inhumain poseur de questions qu’avait croisé Œdipe. Il semble plutôt lui conférer un rôle consolateur, plus proche de celui attribué au sphinx par la religion égyptienne – ce que vient confirmer la présence de l’étrange coiffure de l’animal mythique : c’est lui qui pourra répondre à l’énigmatique « De quoi sera fait demain ? ». Illustrant son tableau de deux vers d’un poème de Victor Hugo, « A l’Arc de Triomphe » extrait des Voix intérieures (1837) : "O spectacle ! ainsi meurt ce que les peuples font ! / Qu’un tel passé pour l’âme est un gouffre profond ! », Doré exprime à nouveau la vision apocalyptique à laquelle il s’était confronté dans son illustration de L’Enfer de Dante en 1861.

  Interprétation

Gustave Doré était à Londres tandis que se déroulaient les événements qui lui ont inspiré tant ce tableau que L’Aigle noir de Prusse (localisation actuelle incertaine) et La Défense de Paris (Poughkeepsie-New York, Vassar College Art Gallery), peints également dans des tons de grisaille, qu’il présenta plus tard sous le titre général « Souvenirs de 1870 ». Comme de nombreux artistes que nous connaissons aujourd’hui pour des options esthétiques opposées, de Gérôme à Monet, il avait fait le choix de franchir la Manche et d’attendre, à Londres, l’issue du conflit. La conscience politique ou même patriotique des artistes en cette période paraît limitée, et rares furent ceux qui participèrent activement aux bouleversements des années 1870-1871 ou, même, continuèrent seulement de vivre à Paris, comme Edouard Manet. Le monument de l’architecte Pascal et des sculpteurs Chapu et Degeorge, érigé en 1887 dans la cour de l’Ecole des Beaux-Arts, à la mémoire des élèves de l’établissement « morts pour la défense de la patrie ne cite que douze artistes : six architectes, trois sculpteurs et trois peintres, faible représentation dans l’hécatombe nationale.

Auteur : Dominique LOBSTEIN


Bibliographie

  • Collectif, Gustave Doré, Strasbourg, Musée d’Art moderne, 1983, n° 101.
  • Collectif, Marianne et Germania 1789-1889. Un siècle de passions franco-allemandes, Berlin, Martin-Gropius-Bau, 15 septembre 1996-5 janvier 1997, Paris, Petit Palais, 8 novembre 1997-15 février 1998, n° 297.
  • Annie RENONCIAT, La Vie et l’œuvre de Gustave Doré, Paris, A.C.R., 1983.
  • Pierre SESMAT, 1870-1871 année terrible, Paris, RMN, 1989.
  • Philippe ROTH, La Guerre de 1870, Paris, Fayard, 1990.

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