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Santos-Dumont, le Brésilien volant

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Avion de Santos-Dumont sur la pelouse de Bagatelle. 23 octobre 1906.

© Musée de l'Air et de l'Espace, Paris - Le Bourget - Agence Monde et Caméra

Agrandissement - Zoom

Titre : Avion de Santos-Dumont sur la pelouse de Bagatelle. 23 octobre 1906.

Auteur : ANONYME
Date de création : 1906
Date représentée : 23 octobre 1906
Technique et autres indications : photographie
Lieu de Conservation : Musée de l'Air et de l'Espace - Le Bourget (Le Bourget) ; site web
Contact copyright : Service de Documentation, musée de l'Air et de l'Espace, aéroport de Paris - Le Bourget, Boîte Postale 173, 93352 Le Bourget Cedex, tél : 01 49 92 70 20 ; site web
Référence de l'image : MC 1072

  Contexte historique

La conquête des airs présente des dates charnières qui sont autant d’étapes décisives. L’année 1906 en est une puisqu’elle voit le premier vol officiel et contrôlé d’un appareil à moteur. Depuis plusieurs mois, les Américains Wright affirment pouvoir voler 30 minutes, et, en Europe des avionneurs réussissent à faire voler des machines, tel le Roumain Vuia qui réussit en mars à faire grimper son engin à 25 mètres de hauteur. Un prix est alors proposé par le constructeur Ernest Archdeacon, pour récompenser le premier homme qui, sous contrôle de l’Aéro-club de France, réussira à faire voler une machine à moteur sur une distance minimale de 25 mètres.

Le prix Archdeacon est donc la volonté d'un mécène philanthrope pour faire progresser une technologie à travers une exhibition publique. Un homme va relever le défi, Alberto Santos-Dumont, brésilien de naissance mais parisien d’adoption. A la fois dandy mondain et aéronaute reconnu, il consacre sa fortune à la conquête des airs. Il veut gagner le prix Archdeacon et être reconnu autant pour ses qualités d’aviateur que d’aéronaute.

  Analyse de l'image

L’avion est un étrange modèle appelé « canard », dont les ailes sont placées en avant du fuselage. Baptisé 14Bis, en référence au dirigeable portant le numéro 14 sur lequel il avait fait les premiers essais de l’appareil, le prototype de Santos-Dumont a régulièrement gagné en performances : meilleure aérodynamique, motorisation plus puissante, passant de 25 à 50 chevaux, nouveaux trains d’atterrissage… Une fois vérifiés sur des câbles l’ensemble des points de stabilité, des essais sont menés au parc de Bagatelle. Le 13 septembre 1906, Santos Dumont fait « sauter » le 14Bis d’une dizaine de mètres, après une course d’élan de 150 mètres. La nouvelle de cette performance pourtant modeste fait sensation. Sans être le premier à tenter de faire voler une machine, Santos-Dumont par sa renommée n’en attire pas moins de nombreux Parisiens. Aussi le 23 octobre, rendez-vous est donné sur les pelouses de Bagatelle pour une tentative de record.

Ce jour-là le 14Bis est amené démonté, accompagné d’une foule curieuse. Le cliché montre bien l’engouement autour de la machine du Brésilien. Après plusieurs essais, Santos-Dumont convoque la commission de contrôle de l’Aéro-club de France. Il fait gris sur Paris et le Brésilien doit faire chauffer son moteur longuement. Puis il se lance et décolle après seulement 100 mètres de course d’élan. Des spectateurs se jettent au sol pour vérifier que l’appareil vole : il est bien en l’air. A environ 3 mètres d’altitude, il parcourt 60 mètres de distance avant de se reposer brutalement sur la pelouse du parc. Le public se rue alors sur l’avion, extrait le pilote de son habitacle pour le porter en triomphe. L’exploit est tellement stupéfiant que les commissaires en ont oublié de mesurer la distance parcourue par l’aéroplane. Ils accordent finalement une distance de 25 mètres afin que Santos-Dumont puisse obtenir le prix. Un mois plus tard le Brésilien va réitérer son exploit, toujours à Bagatelle, faisant volant le 14Bis sur plus de 200 mètres à 5 mètres d’altitude.

  Interprétation

Cette photographie témoigne de l’essor à la fois populaire et technologique de l’aviation. La mise à prix de records par de riches industriels, propriétaires ou mécènes pousse aéronautes et aventuriers vers l’aviation. En même temps ces initiatives s’inscrivent dans une sorte de philosophie « Belle Epoque » marquée par la soif d’héroïsme, le goût de l’exploit et la passion du sport. La conquête des airs devient alors une suite de prix, de coupes et de trophées, comme la coupe de vitesse Schneider pour les hydravions ou encore la coupe Deutsch de la Meurthe. Toutes ces compétitions favorisent l’essor technologique : afin de remporter les prix offerts, de nouveaux modèles, toujours plus performants, sont mis au point.

Mais l’aviation est aussi un spectacle qu’il faut promouvoir et entretenir par les enchères des prix. Car en plus d’être un défi technologique, les démonstrations de machines volantes suscitent un formidable engouement populaire. Aussi Santos-Dumont, personnage public en 1906 à la suite de plusieurs records en dirigeable, comme la boucle autour de la tour Eiffel en 1901, est-il le prototype du héros moderne, riche et passionné par cette nouvelle perspective.

Auteur : Philippe GRAS


Bibliographie

  • Michel BENICHOU, Un siècle d’aviation en France, Paris, Larivière, 2000.
  • Bernard MARK, Histoire de l’aviation, Paris, Flammarion, 2001.
  • Stéphane NICOLAOU, Santos-Dumont : dandy et génie de l’aéronautique, Paris, ETAI, 1997.

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