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L'histoire par l'image de 1643 à 1945

 
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Portrait d'Emile Zola.

© Photo RMN-Grand Palais - H. Lewandowski

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Titre : Portrait d'Emile Zola.

Auteur : Edouard MANET (1832-1883)
Date de création : 1868
Date représentée : 1868
Dimensions : Hauteur 146.3 cm - Largeur 114 cm
Technique et autres indications : peinture à l'huile sur toile
Lieu de Conservation : Musée d'Orsay (Paris) ; site web
Contact copyright : Agence photographique de la Réunion des musées nationaux. 254/256 rue de Bercy 75577 Paris CEDEX 12. Courriel : photo@rmn.fr ; site web
Référence de l'image : 94DE50373/RF 2205

Animation

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  Contexte historique

Considéré comme le peintre de la rupture avec la peinture officielle au milieu du XIXe siècle, Manet n’a qu’une célébrité de scandale[1] au début de sa carrière. Zola, qui n’est encore qu’un jeune journaliste débutant dans la critique d’art, décide de se constituer de manière retentissante l’avocat de Manet[2] et de défendre cette « nouvelle manière en peinture », libérée des conventions académiques au profit de l’observation directe de la réalité moderne. Pour le remercier de son précieux soutien, Manet fait son portrait.

  Analyse de l'image

C’est dans son atelier que Manet a soigneusement « mis en scène » Zola, dans un univers destiné à rappeler ses activités et ses goûts. Installé à sa table de travail, encombrée symboliquement d’un encrier avec une plume de paon et surtout de livres et brochures dont la plaquette bleu ciel au nom de Manet, en guise de signature du tableau, que Zola a publiée à l’occasion de l’exposition particulière du peintre en 1867, le jeune critique d’art lit distraitement un livre d’art illustré. Dans un cadre sur le mur sont glissées une estampe japonaise représentant un lutteur de sumo, l’une de celles que collectionnait le peintre, une gravure d’après Los Borrachosde Vélasquez et une photographie en noir et blanc d’Olympia qui, contrairement à l’original, détourne la tête vers Zola et lui lance un regard complice comme pour le remercier d’avoir été l’un de ses rares défenseurs.
A travers tous ces indices, le peintre dévie subtilement du seul portrait de Zola vers leurs goûts communs, et surtout sur lui-même.

  Interprétation

Ce portrait, accepté au Salon de 1868, révèle au grand public l’effigie de ce jeune journaliste polémique qui vient de publier Thérèse Raquin et nourrit de grandes ambitions littéraires. De plus, il consacre publiquement l’association intellectuelle des deux hommes au moment même où Baudelaire qui, le premier, a vu en Manet « le peintre de la vie moderne », disparaît lentement. Mais Zola, qui a offert au peintre la défense la plus vibrante et la plus nourrie de toute sa carrière, sera bientôt déçu par la direction « impressionniste » prise par le peintre dans les années 1870 et exprimera dès lors une grande incompréhension devant sa peinture et les nouveaux courants d’une manière générale.
Comme plusieurs peintres illustres – Delacroix avant lui, Picasso après lui –, Manet a eu, en plus de son génie propre, celui d’attirer de grands écrivains, de Zola à Mallarmé.

Auteur : Fleur SIOUFFI


Notes


Bibliographie

  • Françoise CACHIN, Manet, « j’ai fait ce que j’ai vu", Paris, Gallimard, Découvertes Gallimard-RMN, 1994.
  • Collectif, Regards d’écrivains au musée d’Orsay, RMN, 1992.
  • Eric DARRAGON, Manet, Paris, Fayard, 1989.
  • Emile ZOLA, Ecrits sur l’art, Paris, Gallimard, 1991.
  • Emile ZOLA, L’Œuvre, Paris, Garnier-Flammarion, 1985.
  • Emile ZOLA, Pour Manet, Paris, Editions Complexe, 1989.
  • Collectif, Catalogues d’expositions :
    Manet 1832 – 1883, RMN, 1983, notice n° 106.
  • Collectif, Fiches pédagogiques du Musée d’Orsay :
    Edouard Manet, Musée d’Orsay.
  • Collectif, Fiches pédagogiques du Musée d’Orsay :
    Zola et les peintres, Musée d’Orsay.

Commentaires

Il est curieux que Zola se soit dépris de Manet lors de son "virage impressionniste", mais il est probable qu'ils se seraient opposés une ou deux décennies plus tard au sujet de l'Affaire Dreyfus : si l'on en croit le "Journal" de Julie Manet, sa nièce, les frères Manet et leurs amis Renoir, Degas, Berthe Morisot, peut-être aussi Mallarmé et Jules Boucherit (lorsqu'il avait 20 ans, car ensuite il évoluera) étaient antidreyfusards, pour ne pas dire antisémites. Et Zola aurait sans doute cessé de les fréquenter.
dominique chailley
Par dominique chailley le 08/09/12 à 20h00 - #930

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