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Charles Godefroy passe sous l’Arc de triomphe.

© Musée de l'Air et de l'Espace - Le Bourget / Agence Prieur-Branger

Agrandissement - Zoom

Titre : Charles Godefroy passe sous l’Arc de triomphe.

Auteur : Jacques MORTANE
Date de création : 1919
Date représentée : 7 août 1919
Technique et autres indications : Photographie
Lieu de Conservation : Musée de l'Air et de l'Espace - Le Bourget (Le Bourget) ; site web
Contact copyright : Service de Documentation, musée de l'Air et de l'Espace, aéroport de Paris - Le Bourget, Boîte Postale 173, 93352 Le Bourget Cedex, tél : 01 49 92 70 20 ; site web
Référence de l'image : PR 107888

  Contexte historique

L’exploit de Charles Godefroy est à replacer dans une double perspective finalement contradictoire, celle de la victoire militaire de 1918 et celle, plus sombre, de la situation des aviateurs au sortir de la Grande Guerre. Passer sous l’Arc de triomphe est un projet qui habite de nombreux pilotes des débuts de l’aviation, tout comme passer sous les ponts, sous la tour Eiffel, ne serait-ce que pour braver les interdits, repousser les limites. L’heure est encore aux exploits de ce genre et les aviateurs passent pour être capables de tout. Pourtant l’Arc de triomphe représente un risque insensé. Certains s’y refusèrent, et non des moindres. Durant la guerre, Georges Guynemer, « l’as des as » aux cinquante-quatre victoires, avait déclaré que passer sous l’Arc était simplement impossible. Le pionnier du ciel, Roland Garros, un moment tenté par le projet, devait également y renoncer en prédisant la mort de celui qui oserait relever le défi. La victoire de 1918 et plus précisément le grand défilé sur les Champs-Elysées en 1919 précipitent la réalisation de l’exploit.

  Analyse de l'image

A l’occasion du 14 juillet 1919, les autorités militaires ont décidé de faire défiler les aviateurs « à pied » tout comme les fantassins et les artilleurs de la Grande Guerre. Pour ces ceux qui se considèrent comme les héros du ciel, cette journée qui devait être celle de la gloire s’est révélée être un affront. Défiant les autorités, l’as aux douze victoires, Jean Navarre, décide de franchir le pas et d’accomplir l’exploit de passer sous l’Arc. Mais le 10 juillet il se tue lors d’un exercice aérien. Charles Godefroy décide alors de relever le défi. Né en 1888 à La Flèche, mobilisé dès 1914 et affecté dans l’aviation en septembre 1917, il caresse depuis longtemps le projet de passer sous le monument et s’entraîne sous le pont du Petit Rhône à Miramas. Accompagné de son ami le journaliste Jacques Mortane, Godefroy se rend plusieurs fois sous l’Arc pour étudier les axes de passage et les courants d’air. Le 7 août 1919, à 7 heures 20, il décolle dans le grand secret à bord d’un chasseur Nieuport dit Bébé en raison de sa petite taille, préparé pour l’occasion.

A 8 heures, arrivant par la porte Maillot, Godefroy pique pour prendre de la vitesse et réussit avec cet appareil d’une envergure de presque 9 mètres à passer sous l’Arc de triomphe, large seulement de 14,50 mètres. Le cliché de Jacques Mortane bien que de médiocre qualité, fut cependant pris en tenant compte de la vitesse de l’avion. Godefroy a évité le tramway, dont tous les passagers s’enfuient ou s’aplatissent au sol.

  Interprétation

L’événement a une portée immense, d’autant plus que ce sera la seule fois qu’un pilote passera ainsi sous un monument parisien : en février 1926 l’avion qui a tenté de passer sous la tour Eiffel s’est écrasé au sol après avoir heurté un pilier. L’exploit de Charles Godefroy suscite l’enthousiasme des pilotes. Il leur permet également de réaffirmer la spécificité et la dangerosité de leur métier. Pour les habitants de La Flèche, en Mayenne, Godefroy devient un héros local ayant droit à une plaque sur sa maison natale. Et bien qu’en infraction totale avec tous les règlements de circulation aérienne, il n’est que mollement désapprouvé par les autorités militaires.

Par ce geste, Godefroy a voulu poursuivre la tradition de courage portée par les aviateurs durant la guerre, tout en franchissant un tabou fort de la République, celui de l’Arc de triomphe (qui devient un an plus tard la sépulture du Soldat inconnu). Il entre bien dans la tradition des aviateurs rebelles, de ceux qui vont bientôt tracer les lignes postales aériennes à travers le monde, mais également dans le cercle vicieux du mécontentement de l’armée après la victoire. Plus largement, Godefroy dénonce aussi la stratégie de l’état-major qui ne voit dans l’aviation qu’une arme d’appoint à l’infanterie, conception qui, en 1940, coûtera cher à l’armée française.

Auteur : Philippe GRAS


Bibliographie

  • Bernard MARK, Histoire de l’aviation, Paris, Flammarion, 2001.
  • Michel BENICHOU, Un siècle d’aviation en France, Paris, Larivière, 2000.
  • Jean-Paul PHILIPPE, Les grandes heures des pilotes de chasse, Paris, Perrin, 1991.

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