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Mirabeau devant Dreux-Brézé (23 juin 1789).

© Photo RMN-Grand Palais - F. Raux

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Titre : Mirabeau devant Dreux-Brézé (23 juin 1789).

Auteur : Eugène DELACROIX (1798-1863)
Date de création : 1831
Date représentée : 23 juin 1789
Dimensions : Hauteur 68 cm - Largeur 82 cm
Technique et autres indications : Huile sur toile
Lieu de Conservation : Musée du Louvre (Paris) ; site web
Contact copyright : Agence photographique de la Réunion des musées nationaux. 254/256 rue de Bercy 75577 Paris CEDEX 12. Courriel : photo@rmn.fr ; site web
Référence de l'image : 99DE12256 / RF 1953-41

  Contexte historique

Le 17 juin 1789, six semaines après l’ouverture des états généraux, le tiers état, rejoint par une partie du clergé, se proclame Assemblée nationale. Présidée par Bailly, la nouvelle instance s’engage par le Serment du jeu de paume à ne pas se séparer avant d’avoir rédigé la Constitution du royaume. Le 23 juin, Louis XVI commande aux divers ordres de continuer à siéger séparément, mais le tiers état refuse de quitter la salle des Menus Plaisirs. Lorsque le marquis de Dreux-Brézé, maître des cérémonies déclare : « Vous avez entendu messieurs, l’ordre du roi », Bailly lui répond : « Il me semble que la nation assemblée ne peut recevoir d’ordres. » Mirabeau, député du tiers état, lance alors sa célèbre apostrophe : « Allez dire à votre maître que nous sommes ici par la volonté du peuple et n’en sortirons que par la force des baïonnettes. » Le 27 juin, le roi cède en demandant au clergé et à la noblesse de rejoindre le tiers état. Le 9 juillet l’Assemblée nationale devient constituante.

  Analyse de l'image

Cette œuvre est l’esquisse préliminaire du tableau présenté au concours d'Etat de 1831 (NyCarlsberg Glyptotek de Copenhague), en vue de la décoration de la salle des Séances au Palais-Bourbon. La scène est organisée en deux plans. Dans un angle de la salle, en perspective, le premier plan, d'un ton sombre. Une colonnade sobre mais éclairée, sous un entablement plutôt baroque et un coin de plafond à peine suggéré, sert de fond ; les notes noires figurent les soldats. Debout, au centre, le chapeau à la main, le geste impétueux, se tient Mirabeau. On le voit devant une masse de députés, habillés uniformément d'une robe sombre et stricte. Ils sont impressionnants de force et de détermination.

Dreux-Brézé, en face de lui, à droite, élégant et mince, est suivi des massiers du roi, habillés de chatoyantes dalmatiques à fleurs de lis. Devant eux, on distingue des dossiers de chaises esquissés. Derrière, le trône vide surmonté d'un baldaquin n'est plus qu'un spectre.

Esquisse rapide, à la touche spontanée et énergique des romantiques, cette œuvre est considérée par le critique Astruc comme « un chef-d'œuvre de couleur, de simplicité, de vie dramatique ». Ayant privilégié l’esthétique sur la réalité historique, la liberté de création sur le programme officiel, Delacroix n’a pas vu son projet retenu, d’autant qu’il n’a traité pour le concours que deux des trois sujets proposés : Mirabeau et Boissy d’Anglas.

  Interprétation

Aux yeux de Guizot, le choix de cet épisode clé de la Révolution française devait consolider l'attachement du peuple à la monarchie constitutionnelle. Mirabeau repoussant Dreux-Brézé incarne en effet les représentants de la nation contre la menace du pouvoir exécutif. Delacroix cependant n’obéit pas ici au programme narratif comme les gagnants Hesse et Vinchon. Il ne célèbre pas l’événement, il tend, au seul moyen de la peinture, à l'idéal. La touche fougueuse, la lumière, les rehauts de couleur, traduisent le sens profond de l'histoire. Le rouge agissant des tapis et des sièges n'en réfère-t-il pas à la période sanglante de la Révolution ? Et le clair-obscur ne fait-il pas de la scène un face à face au delà des personnes : l'Ancien Régime et la Révolution, la cour et la nation, la noblesse et le peuple, les privilèges et l'égalité, la fin du despotisme et le début d'une nouvelle époque ?

Auteur : Malika DORBANI-BOUABDELLAH


Bibliographie

  • François FURET et Mona OZOUF, Dictionnaire critique de la Révolution française, Paris, Flammarion, 1988, rééd. coll. « Champs », 1992.
  • Collectif, Orateurs de la Révolution française, tome I, Paris, Gallimard, Bibliothèque de la Pléiade, 1989.
  • Barthélemy JOBERT, Delacroix, Paris, Gallimard, 1997.

Commentaires

j'aime bien ce site car il peut nous montrer bcp d'images de chaque époque de l'histoire française
lol75
Par lol75 le 12/12/13 à 01h09 - #1880

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