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Diplôme de Vainqueur de la Bastille

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Diplôme de Vainqueur de la Bastille.

© Centre historique des Archives nationales - Atelier de photographie

Agrandissement - Zoom

Titre : Diplôme de Vainqueur de la Bastille.

Date de création : 1790
Date représentée : 1790
Dimensions : Hauteur 29.8 cm - Largeur 34.7 cm
Technique et autres indications : Imprimé avec gravures et inscriptions manuscrites
Lieu de Conservation : Centre historique des Archives nationales (Paris) ; site web
Contact copyright : CARAN - service de reprographie, 60 rue des Francs-Bourgeois, 75141 Paris cedex 03 ; site web
Référence de l'image : A/II/3641

Animation

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  Contexte historique

L’Assemblée et les acteurs de la prise de la Bastille

Au lendemain du 14 juillet 1789, La Fayette a réorganisé la milice bourgeoise en garde nationale pour mettre fin à la situation insurrectionnelle créée par la prise de la Bastille, tout en conservant contre les troupes royales les forces d’une armée civique. L’Assemblée reste soucieuse de contrôler les éléments armés susceptibles de déclencher des émeutes.

En février 1790, ceux qui se disent Vainqueurs de la Bastille adressent une pétition à l’Assemblée nationale pour obtenir une médaille. Une commission de la Commune de Paris vérifie, de mars à juin, les titres des Vainqueurs, de leurs veuves et de leurs orphelins. Sur la fin de ces travaux, Bailly, maire de Paris, écrit, le 8 juin 1790 à La Fayette pour le prier d’intervenir auprès de l’Assemblée en faveur des Vainqueurs de la Bastille, « qui méritent bien honneur et argent », et de leur faire obtenir une place de choix à la prochaine fête de la Fédération.

Mais la fête ne doit réunir que la garde nationale et les troupes de ligne, aussi, après leur avoir été accordée, la « place honorable » suscite des difficultés. Un décret du 25 juin accepte la renonciation des Vainqueurs de la Bastille aux distinctions qui leur ont été conférées, le 19 juin, sur rapport de Camus, député de Paris ; ils conservent toutefois l’habit, l’armement complet, un fusil et un sabre portant le nom du Vainqueur, et la possibilité de se faire délivrer un diplôme d’après le tableau officiel déposé aux Archives de la Nation.

  Analyse de l'image

Un diplôme exceptionnel pour les héros de la Bastille

Le diplôme, à en-tête de l’Assemblée nationale, est destiné à récompenser un « Vainqueur de la Bastille », ici Etienne Benoît[1] dont la signature figure à gauche, à la verticale. Gravé sur parchemin par Delettre, il est vendu chez Nicolas, rue Saint-Honoré, graveur et marchand d’estampes que l’on connaît seulement par d’autres estampes, également ornées de cette abondante symbolique des débuts de la Révolution.

Le préambule du décret de l’Assemblée est glorieusement encadré de deux hautes colonnes cannelées qui exaltent, dans le goût du jour, « à l’antique », la valeur mythique de l’exploit accompli. En haut figure la « couronne murale » donnée comme emblème par l’Assemblée, en pendant à la couronne de feuilles de chêne. L’action mémorable des Vainqueurs est évoquée, au bas du diplôme par l’image de la prise de la forteresse que souligne la légende « Liberté conquise le 14 juillet 1789 ». Encadré de branches de laurier et de chêne et surmonté d’un fier coq gaulois, ce cartouche est entouré d’un décor guerrier où les instruments de la victoire –canons, piques et tambours – sont mêlés aux justifications de l’action entreprise : les chaînes rompues du despotisme et les fanions « liberté » et « union ».

L’Hercule qui surmonte la colonne de gauche symbolise la force du peuple ; il reproduit le fameux Hercule Farnèse[2]. En pendant, à droite, le génie ailé de la Liberté tient sous le bras gauche la Constitution (alors en projet) et dans la main droite une lance coiffée du bonnet rouge. Chaque colonne est ceinte d’un trophée d’armes et d’une pancarte ovale portant les nouvelles devises : « Vivre libre ou mourir » et « La nation, la loi, le roi ». Les bases sont gravées de quelques rappels à l’esprit civique, à l’usage de ces Vainqueurs désireux d’obtenir des avantages et qu’on craint de voir redevenir un jour des émeutiers : à gauche, l’égalité d’accès aux charges publiques (article 6 de la Déclaration des droits de l’homme du 26 août 1789) et, à droite, le serment de fidélité au nouveau régime (la monarchie constitutionnelle).

Le diplôme est signé par Charles de Lameth, président de l’Assemblée nationale, noble d’épée appartenant au parti des patriotes, par trois Vainqueurs de la Bastille ainsi que par leur président Jean-Armand Pannetier, marchand épicier rue du Faubourg Saint-Antoine. Il s'orne, à droite, du ruban des Vainqueurs : rouge, bleu et liseré blanc portant le cachet de l’Assemblée nationale avec la légende « 1789, la Loi et le Roi » et, à gauche, d’un autre cachet en mauvais état, apposé directement sur le parchemin, où l’on distingue une tour renversée au-dessus du vaisseau de la ville de Paris, autre emblème des Vainqueurs.

  Interprétation

Les hésitations des politiques devant le risque de débordements populaires

La manière pleine de réticences avec laquelle on honore les Vainqueurs de la Bastille montre assez bien les hésitations et les inquiétudes des politiques, en 1789-1790 devant les débordements populaires. Donner une place d’honneur aux Vainqueurs de la Bastille lors de la fête de la Fédération aurait constitué une imprudence, et celle-ci a été évitée. Mieux valait leur décerner un brillant diplôme et quelques gratifications !

Auteur : Luce-Marie ALBIGÈS et Denise DEVOS


Notes

La pension demandée par sa veuve permet de donner quelques précisions sur Etienne Benoît, qui n'est pas parisien de naissance : ancien militaire au 31e régiment d'Aunis, il fit les campagnes d'Allemagne de 1761 et 1762 et épousa en 1781 à la paroisse Saint-Etienne-du-Mont une blanchisseuse ; il est alors teinturier. Il combattit aussi à la journée du 10 août 1792, comme grenadier des Enfants-Trouvés de la section des Quinze-Vingts. Il y fut grièvement blessé et secouru par Le Coz, évêque de Rennes et député à l'Assemblée, qui le fit reconduire chez lui à la Rapée. Son acte de décès, du 8 mai 1793, le dit " ouvrier sur les ports ".

La gigantesque statue romaine, trouvée à la Renaissance à Rome, est déjà installée à cette époque au palais de Capodimonte, construit par Charles III de Bourbon, qui est à l'origine du musée de Naples.
En France, l'oeuvre est largement connue des artistes dans les dernières décennies du XVIIIe siècle, grâce aux cours de l'Académie royale de peinture et de sculpture de Paris qui prônent la sculpture antique, notamment les conférences d'Anguier sur l'Hercule Farnèse et le Laocoon.


Bibliographie

  • Archives de France, La Révolution française à travers les archives. Des états généraux au 18 Brumaire, Document 15., Paris, 1988.
  • Bibliothèque nationale, Estampes. Collection de Vinck. Inventaire analytique par F. L. Bruel, Paris, 1914.

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