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Napoléon III

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Napoléon III.

© Photo RMN-Grand Palais

Agrandissement - Zoom

Titre : Napoléon III.

Auteur : Franz Xavier WINTERHALTER (1805-1873)
Date de création : 1857
Dimensions : Hauteur 140 cm - Largeur 110 cm
Technique et autres indications : Huile sur toile
Lieu de Conservation : Musée national du Château de Compiègne (Compiègne) ; site web
Contact copyright : Agence photographique de la Réunion des musées nationaux. 254/256 rue de Bercy 75577 Paris CEDEX 12. Courriel : photo@rmn.fr ; site web
Référence de l'image : 90EE6279/MMPO 1288

  Contexte historique

Franz-Xaver Winterhalter a brossé ce portrait de Napoléon III en 1857. L’Empereur a alors 49 ans. Le régime impérial se trouve dans cette première phase de son histoire que l’on qualifie ordinairement d’« autoritaire ». Il semble établi sur des bases solides. L’intervention de la France dans les affaires européennes est active et efficace. Ainsi l’Empereur est-il le principal artisan de l’organisation du congrès de Paris (25 février-8 avril 1856), qui met un terme à la guerre de Crimée. La tenue de ce congrès, qui réunit à Paris les représentants de grandes puissances européennes comme l’Angleterre, l’Autriche, la Prusse ou la Russie, constitue pour Napoléon III une éclatante revanche sur le congrès de Vienne de 1815. C’est le symbole d’une grandeur française retrouvée.
C’est donc un souverain serein, au faîte de sa puissance, dont Winterhalter a fait là le portrait.

  Analyse de l'image

L’Empereur est représenté en tenue de ville. Il porte une redingote noire, avec la rosette de la Légion d’honneur à la boutonnière, un gilet gris barré d’une chaîne de montre et un pantalon gris.
Quoique non signé et peu connu, ce portrait a toujours été attribué à Winterhalter. Il devait constituer le pendant de celui de l’impératrice Eugénie, intitulé Le Chapeau de paille, qui date lui aussi de 1857. Ce dernier est légèrement plus petit, mais également ovale, et l’on retrouve dans ces deux œuvres des jeux de lumière identiques, et le même arrière-plan champêtre. L’idée de cette double commande a pu naître lorsque le peintre fut invité par le couple impérial à passer une semaine à Fontainebleau, à la fin du mois de novembre 1856.

  Interprétation

Il existe très peu de portraits de Napoléon III peints par Winterhalter. L’artiste a beaucoup plus souvent représenté l’impératrice Eugénie dont il était le peintre favori. Lorsque son premier portrait de l’Empereur – un portrait officiel en pied – fut montré à l’Exposition universelle des Beaux-Arts de 1855, les critiques l’ignorèrent de façon éloquente pour exercer leur verve récriminatoire sur les œuvres consacrées à l’impératrice, notamment la célèbre composition L’Impératrice Eugénie entourée de ses dames d’honneur. Ce portrait de 1857 n’a fait l’objet d’aucune exposition publique et n’a donc pas été soumis au regard perspicace des critiques d’art de l’époque.
Selon le docteur Evans, dentiste de la famille impériale, l’Empereur était de petite taille, avec une tête massive, des cheveux châtain clair et une moustache cirée. Winterhalter embellit et flatte son modèle. Mettant en œuvre une vieille tendance, habituelle chez lui, il « corrige la nature » : Napoléon III semble ici plus grand et plus droit qu’il ne l’était en réalité.
Par contre, l’élégance du souverain, probablement acquise au contact de la gentry britannique pendant ses années d’exil en Angleterre, est fidèlement restituée. Napoléon III avait d’ailleurs un tailleur anglais, Henry Creed. « Il était toujours habillé avec recherche, et on le voyait généralement en public, lorsqu’il ne portait pas l’uniforme, vêtu d’une redingote noire. » (Dr Evans : Memoirs, vol. I, 1905, p. 41 ).
Quant au visage de l’Empereur, il est inexpressif et lisse. Il ne révèle pas la personnalité du modèle. Il l’enferme dans une réserve digne et sereine. Il s’agit là d’un portrait à caractère privé, qui n’était pas destiné à être reproduit et diffusé. Il est, certes, plus agréable et plus attachant que le portrait officiel de 1854, d’une grandiloquente majesté, mais nous sommes loin de l’image que donne du souverain Hippolyte Flandrin dans son tableau de 1861, où l’on perçoit subtilement la personnalité de l’empereur malgré le caractère artificiel de la pose et du décor.

Auteur : Alain GALOIN


Bibliographie

  • Jean TULARD (Dir), Dictionnaire du Second Empire, Paris, Fayard, 1995.
  • Alain PLESSIS, De la fête impériale au mur des fédérés, Paris, Seuil, Coll. « Point histoire », 1973.
  • Collectif, « Faut-il réhabiliter Napoléon III ? », Dossier L’Histoire, n°211 juin 1997.
  • Collectif, Catalogue de l’exposition : Franz-Xaver Winterhalter et les cours d’Europe de 1830 à 1870, Musée du Petit Palais, 1988.
  • Dr EVANS, Memoires, vol. I, 1905, p. 41; Introduction, pp. 48-49
    Wild, 1894, n° 476.

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