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Costes et Bellonte, vainqueurs de l'Atlantique

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Costes et Bellonte, vainqueurs de l’Atlantique.

© Musée de l'Air et de l'Espace, Paris-Le Bourget - droits réservés

Agrandissement - Zoom

Titre : Costes et Bellonte, vainqueurs de l’Atlantique.

Auteur : ANONYME
Date de création : 1931
Date représentée : 1 erseptembre 1931
Technique et autres indications : Photographie
Lieu de Conservation : Musée de l'Air et de l'Espace - Le Bourget (Le Bourget) ; site web
Contact copyright : Service de Documentation, Musée de l'Air et de l'Espace, Aéroport de Paris-Le Bourget, Boite Postale 173, 93352 Le Bourget Cedex, Tél : 01.49.92.70.20 ; site web

  Contexte historique

De toutes les traversées aériennes, celle de Paris à New York apparaissait comme la plus difficile à vaincre, mais également la plus glorieuse pour qui réussirait l’exploit. De nombreux aviateurs avaient déjà tenté le pari et beaucoup y avaient laissé la vie, tels les Français Nungesser et Coli, disparus en 1927 à bord de leur Oiseau blanc. L’Atlantique avait été vaincu par Lindbergh en 1927, mais la route ouest-est empruntée par le jeune aviateur américain était plus favorable en raison des vents. La première liaison Paris-New York va être tentée par des aviateurs expérimentés, sur un avion spécialisé dans les raids de longue distance, le Point d’interrogation.

  Analyse de l'image

La photographie représente les deux aviateurs à leur arrivée à New York. Dieudonné Costes et Maurice Bellonte avaient réalisé plusieurs raids importants et leur avion, le Breguet XIX Point d’interrogation avait été spécialement modifié pour ce type de tentative. Equipé d’un moteur Hispano-Suiza de 600 chevaux et emportant plus de 5 000 litres d’essence, il pouvait parcourir plus de 9 000 kilomètres. Le 31 août 1930, la météorologie étant favorable sur l’Atlantique, les deux aviateurs décident de tenter la traversée. Escorté par quelques petits avions, le gros Breguet rouge décolle lourdement après une minute d’élan sur la piste. Il met le cap au nord et franchit les côtes françaises à 10h50 au-dessus de Saint-Valery-en-Caux.
Désormais les deux hommes sont seuls pour affronter l’océan Atlantique, munis seulement d’une radio pour rester en contact avec la terre. A 13h15 le Point d’interrogation passe au-dessus des côtes anglaises, puis irlandaises à 13h30. L’avion maintient son cap, mais bientôt il affronte une grosse perturbation qui freine considérablement les aviateurs. Après une nuit difficile, le temps s’améliore au matin du 1er septembre. L’avion passe la baie de Halifax à 10 heures. Commence alors pour lui la descente vers les Etats-Unis. A 23h18, il se pose finalement à Curtiss Fielf, aérodrome de New York où une foule compacte attend les deux hommes. Charles Lindbergh est présent, l’ambassadeur de France également, ainsi que tous les Français de New York, l'acteur Maurice Chevalier, le tennisman Jean Borotra, le navigateur Alain Gerbault.
Ils auront à peine de temps de stopper leur avion, de sortir de leur habitacle que des mains se tendent vers eux. Fatigués après 37 heures de vol au-dessus de l’océan, ils sont happés par la marée humaine avant d’être fêtés à New York mais surtout à Paris lors de leur retour.

  Interprétation

Plus encore que la première traversée aérienne de l’Atlantique Nord de Paris à New York, la réussite de Costes et Bellonte est une revanche de l’aéronautique française aux yeux des pilotes, des constructeurs et des politiques. Compte tenu de la supériorité de l’aviation française sur le reste du monde au sortir de la guerre, la première traversée de l’Atlantique par Lindbergh avait été mal vécue en Europe, même si le jeune Américain avait été triomphalement accueilli au Bourget.
Faisant suite à cet « affront », l’exploit de Costes et Bellonte est ressenti comme une réhabilitation de l’aviation française. La presse rend triomphalement compte du succès de cette traversée et glorifie sur le mode patriotique l’exploit des deux pilotes et la puissance de l’industrie aéronautique française. Le cliché restitue également l’image d’un exploit authentique, physique et technologique, des deux pilotes et de leur avion, le Breguet Point d’interrogation.

Auteur : Philippe GRAS


Bibliographie

  • Bernard MARK, Histoire de l’aviation, Paris, Flammarion, 2001.
  • Michel BENICHOU, Un siècle d’aviation en France, Paris, Larivière, 2000.
  • Collectif, Chronique de l’aviation, Paris, Chronique, 2000.
  • Edmond PETIT, Nouvelle histoire mondiale de l’aviation, Paris, Albin Michel, 2000.

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