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Adieux de Napoléon à la Garde impériale dans la cour du Cheval-Blanc du château de Fontainebleau.

© Photo RMN-Grand Palais - G. Blot

Agrandissement - Zoom

Titre : Adieux de Napoléon à la Garde impériale dans la cour du Cheval-Blanc du château de Fontainebleau.

Auteur : Antoine Alphonse MONTFORT (1802-1884)
Date représentée : 20 avril 1814
Dimensions : Hauteur 98 cm - Largeur 130 cm
Technique et autres indications : Huile sur toile.
D'après Horace Vernet.
Lieu de Conservation : Musée national du Château de Versailles (Versailles) ; site web
Contact copyright : Agence photographique de la Réunion des musées nationaux. 254/256 rue de Bercy 75577 Paris CEDEX 12. Courriel : photo@rmn.fr ; site web
Référence de l'image : 90EE1012 / MV 1775

  Contexte historique

Février 1814 : la campagne de France tourne mal ; les généraux ne suivent plus les plans de Napoléon, qui a remporté sa dernière victoire lors de la bataille de Montereau le 18 février. L’Empereur constate : « On ne m’obéit plus ! On ne me craint plus ! Il faudrait que je fusse partout à la fois ! » Il arrive à Fontainebleau le 31 mars avec le projet d’attaquer Paris, occupé par les ennemis. Mais le Sénat et le Corps législatif proclament sa déchéance, et les maréchaux refusent de tenter un dernier assaut. Napoléon propose une abdication conditionnelle : le roi de Rome serait empereur, et Marie-Louise régente. Dès qu’il prend connaissance de la trahison de Marmont, duc de Raguse, qui livre ses troupes à l’ennemi, le tsar Alexandre refuse l’abdication sous condition, et les sénateurs appellent Louis XVIII à régner. Le 6 avril, Napoléon accepte d’abdiquer sans conditions et de bénéficier de la souveraineté de l’île d’Elbe ainsi que d’une rente de deux millions versée par le gouvernement français, tandis que Marie-Louise se voit confier le duché de Parme avec droit de succession pour son fils. Le mercredi 20 avril, c’est le départ pour l’île d’Elbe.

  Analyse de l'image

La scène se situe dans la cour du Cheval blanc (appelée aussi cour des Adieux en souvenir de cet épisode). On devine en haut et à gauche le célèbre escalier en fer à cheval créé sous Louis XIII. Napoléon est au centre du tableau, de face, botté, épée au côté, la tête coiffée du chapeau légendaire. Derrière lui, à gauche, les représentants des pays victorieux, chapeau à la main, l’air grave. L’un d’entre eux lève son chapeau de sa main gauche. Les deux généraux de Napoléon, eux aussi découverts, l’encadrent de très près. L’Empereur est très droit et ne montre aucune faiblesse. A gauche au premier plan des soldats brandissent leurs bonnets. Le porte-drapeau, vers lequel Napoléon tend la main gauche et qui s’avance, cache ses yeux de la main gauche. Les couleurs sont à dominante sombre. La représentation de cette scène, décrite par les différents auteurs comme étant marquée d’une intense émotion, est plutôt froide. La gravité, plus que l’émotion, domine ici. Les gestes sont raides, les visages figés. Le peintre semble partagé entre deux visions.

  Interprétation

Horace Vernet (1789-1863), auteur du tableau original dont l'œuvre de Montfort est une copie, n’a pas été le témoin de la scène. Il retranscrit ce que l’imagerie populaire a véhiculé. La scène se situe juste au moment où Napoléon vient d’achever sa harangue : « Soldats de ma vieille garde, je vous fais mes adieux… ». Certains hommes, vieux grognards endurcis, pleurent. Le général Petit s’approche, Napoléon va embrasser le drapeau, serrer le général dans ses bras, souhaiter que ces baisers retentissent dans le cœur de tous ses braves. Des récits disent qu’alors le général Koller mit son chapeau au bout de son épée pour le brandir : le tableau de Vernet, plus sobre, plus retenu, montre juste le chapeau tenu à la main, levé au-dessus des têtes. La légende noire, développée dès le règne de Napoléon, alimentée par l’Angleterre, s’appuie sur l’opposition intérieure et la lassitude populaire face aux guerres incessantes génératrices de misère : l’Aigle est devenu l’Ogre. Après l’abdication, la légende noire continue d’être diffusée, car des centaines de pamphlets antinapoléoniens paraissent entre 1814 et 1821. Mais une légende dorée napoléonienne se développe aussi dès le retour des Bourbons. Il s’agit d’une histoire revue et corrigée par les récits des vieux soldats ou demi-solde, les gravures et les chansons populaires qui glorifient le destin du Petit Caporal et la puissance donnée alors à la France. Si les grands auteurs contribuent à alimenter cette épopée impériale (Hugo, Lamartine, Musset, Vigny, Stendhal, Balzac, etc.), les chansons et gravures entretiennent la ferveur populaire. Ainsi l’exil contribue-t-il à faire de Napoléon une victime. Et le premier épisode de cette tragédie est certainement les adieux de Napoléon à sa garde, au pied de l’escalier en fer à cheval, à Fontainebleau.

Auteur : Martine GIBOUREAU


Bibliographie

  • Jacques BAINVILLE, Napoléon, Paris, rééd. Balland, 1995.
  • Juan-Carlos CARMIGNANI et Jean TRANIE, Napoléon : 1814, la campagne de France, Paris, Pygmalion-Gérard Watelet, 1989.
  • Paul NOIROT, Napoléon Bonaparte : reflets et résonances littéraires de 1800 à 2000, Paris, Maisonneuve et Larose, 1999.
  • Jean TULARD (dir.), Dictionnaire Napoléon, Paris, Fayard, rééd. 1999.

Commentaires

Excellent tableau qui fait la part belle à Napoléon.
Pourriez-vous liseter les personnages d'après leur position (du fait de la perspective, il est difficile de savoir qui est à gauche ou à droite de qui).

Régis Saison
rsaison
Par rsaison le 19/10/13 à 14h22 - #1756

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