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L'exposition “ Rodin ” au pavillon de l'Alma (1900)

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Affiche de l’exposition “ Rodin ” au pavillon de l’Alma, 1900. Reproduction d’une lithographie

© Musée Rodin, Paris

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Titre : Affiche de l’exposition “ Rodin ” au pavillon de l’Alma, 1900. Reproduction d’une lithographie

Date de création : 1900
Date représentée : 1900
Lieu de Conservation : Musée Rodin (Paris) ; site web
Contact copyright : Jérôme MANOUKIAN, Responsable du service Photographique, Musée Rodin, Hôtel Biron, 77 rue de Varenne, 75007 Paris - Tel : 01.44.18.61.10 - Fax : 01.45.51.17.52 ; site web

  Contexte historique

En marge de l’Exposition
En 1900, Rodin organisa sa première grande rétrospective personnelle à Paris, place de l’Alma, en marge de l’Exposition universelle. Il souhaitait montrer son œuvre sous toutes ses formes : sculptures en matériaux variés (bronze, marbre et surtout plâtre), dessin (aquarelles, encre brune, pointe sèche), œuvres agrandies ou réduites, multipliées ou fragmentées, aux points de vue multipliés (au mur, les photographies d’Eugène Druet proposent au visiteur un autre regard sur les sculptures exposées). Pour organiser cette exposition, Rodin reçut le soutien financier de banquiers amateurs d’art et le concours amical d’artistes pour la rédaction du catalogue : Jean-Paul Laurens, Claude Monet, Albert Besnard et Eugène Carrière, qui réalisa également sa couverture et l’affiche.

  Analyse de l'image

Un portrait symboliste
Parmi les indications pratiques qui couvrent une large partie de l’affiche, on note l’imprécision de la date de clôture de cette exposition, que Rodin avait rêvée permanente, et la gratuité des visites dominicales selon la tradition des Expositions universelles. L’affiche est ornée d’une lithographie d’Eugène Carrière représentant Rodin en train de modeler une variante du Réveil. Le sculpteur, dont le front se détache dans l’obscurité, lève les yeux vers la figure ascendante que modèlent ses mains imposantes, au premier plan. La forme de glaise naissante s’anime comme sous la force du regard de son créateur, qu’elle fascine et domine déjà. Le langage symboliste d’Eugène Carrière célèbre un Rodin-Pygmalion qui accède par cette représentation au statut d’artiste mythique.

  Interprétation

Une communauté d’esprit
Eugène Carrière réalisa d’autres portraits de son ami et recourut toujours à ce sfumato qui donnait aux visages une expression rêveuse ou mélancolique, manière caractéristique que de nombreux critiques comparaient à l’inachèvement volontaire des portraits en marbre de Rodin. Au-delà de cette proximité artistique, les deux hommes travaillaient depuis les années 1880 dans une étroite communion d’esprit, échangeant régulièrement œuvres et correspondances. Pour Rodin, cette manifestation officielle (inaugurée par le ministre Georges Leygues) représentait la consécration de sa carrière, mais aussi une revanche sur le camouflet subi en 1898 lors du refus du Monument à Balzac. En attribuant à Carrière le soin de son portrait, le sculpteur invitait le peintre à partager avec lui un peu de la célébrité internationale conquise en 1900 et scellait publiquement l’amitié qui les unissait depuis de nombreuses années.

Auteur : Frédérique LESEUR


Bibliographie

  • Antoinette Le NORMAND-ROMAIN (dir.), Rodin en 1900, L’exposition de l’Alma, musée Rodin/RMN, 2001.
  • Rodolphe RAPETTI (dir.), Eugène Carrière 1849-1906, Musées de Strasbourg/RMN, 1996.
  • Ruth BUTLER, Rodin, La solitude du génie, Paris, Gallimard/musée Rodin, 1998. Trad. De l’anglais par Dennis Collins. 1ère édition Rodin. The Shape of Genius, Londres, Yale University Press, 1993.
  • Rose-Marie MARTINEZ, Rodin, l’artiste face à l’Etat, Paris, nouvelles éditions Séguier, 1993.
  • Alain BEAUSIRE, Quand Rodin exposait, musée Rodin, Paris, 1988.
  • L’œuvre de Rodin, Paris, Pavillon de l’Alma, Société d’édition artistique, 1900. Introduction et catalogue par Arsène Alexandre. Préfaces de Eugène Carrière, Jean-Paul Laurens, Claude Monet et Albert Besnard.

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