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L'histoire par l'image de 1643 à 1945

 
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Un marchand d'images

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Un marchand d’images.

© Cliché du MBA de Bordeaux - Photo L. Gauthier

Agrandissement - Zoom

Titre : Un marchand d’images.

Auteur : Alexandre ANTIGNA (1817-1878)
Date de création : 1862
Technique et autres indications : Huile sur toile
Lieu de Conservation : Musée des Beaux-Arts de Bordeaux (Bordeaux) ; site web
Contact copyright : Musée des Beaux-Arts de Bordeaux - 20, rue cours d'Albert - 33000 Bordeaux - Tel : 05 56 10 20 56 - Fax : 05 56 10 25 13
Référence de l'image : 99.25.3

  Contexte historique

Au milieu du XIXe siècle la population française est déjà assez largement alphabétisée, cependant de grandes disparités existent d’une région à l’autre. Si la lecture et l’écriture se sont généralisées plus tôt dans la France du Nord et du Nord-Est, la Bretagne, l’Aquitaine ou le Massif central ont pris du retard. A la date de ce tableau, vers 1860, peu d’enfants dans les campagnes savent lire ; les colporteurs, figures familières du monde rural depuis le Moyen Age, proposent des petits livrets souvent lus durant les veillées, parmi lesquels les fameux ouvrages de la « Bibliothèque bleue », mais aussi des images religieuses faites pour éveiller la piété ou encore des estampes chargées de brocarder le pouvoir. Leur diffusion était très organisée : les fabricants d’estampes les vendaient dans toute la France à des marchands qui les revendaient à leur tour aux nombreux colporteurs qui sillonnaient le pays.

  Analyse de l'image

La scène représentée ici se déroule en Bretagne. Le marchand d’images occupe à lui seul toute la partie gauche du tableau tandis que les enfants font cercle autour de lui pour regarder l’illustration – très probablement le baptême de Clovis – de l’almanach. Le marchand est un vieil homme au visage ridé et aux cheveux longs ; ses vêtements informes et rapiécés ainsi que son maigre bagage indiquent qu’il vit misérablement. Il est en train de s’adresser aux enfants et le peintre l’a croqué sur le vif, la bouche ouverte. Sa position, le bras gauche levé, crée une grande diagonale qui coupe le tableau en deux et sépare le colporteur du groupe des enfants. Ce geste est aussi très symbolique : malgré sa misère, l’homme sait lire et a donc quelque chose à transmettre ; d’autre part, ce bras levé évoque le Christ parlant aux petits enfants, tel que le représente la peinture religieuse. Face à lui, les enfants, même si leurs coiffes et bonnets bretons sont bien usés et même troués, ont de jolis visages, le teint frais et le regard clair, ce qui dénote une certaine idéalisation.

  Interprétation

Le thème, la représentation des petits métiers et de la vie quotidienne dans les campagnes et dans les villes, appartient au mouvement réaliste qui est lié à la révolution de 1848. L’installation au pouvoir du gouvernement de la IIe République a rendu possible ce type de sujets, ce qu’ont illustré des artistes comme Courbet, Millet et Daumier.
Cependant l’œuvre évoque une pratique séculaire, dont le déclin irrémédiable tient à des raisons politiques : considéré comme un moyen de diffusion pernicieux, utilisable par les opposants au régime pour propager leurs idées, le colportage subit depuis 1852 les contrôles très sévères d’une commission chargée de limiter la diffusion des fascicules. Mais ce déclin doit être replacé dans une perpective plus large : depuis le milieu du XIXe les progrès de l’instruction, l’amélioration des communications entre les villes et les campagnes, et l’aisance matérielle accrue concourent à modifier la culture rurale. Les paysans prennent progressivement l’habitude d’acheter au bourg des romans populaires mais aussi le journal à bon marché, illustré de vignettes, et qui comporte presque toujours un feuilleton. Ainsi, comme le dit Alain Plessis, « le paysan par ses lectures, s’insère dans la civilisation urbaine, il se met de plus en plus à l’écoute de la ville » (Alain PLESSIS : De la fête impériale au mur des Fédérés, Paris, Seuil, coll. « Nouvelle histoire de la France contemporaine », tome IX, 1973).

Auteur : Agnès BIROT


Bibliographie

  • François FURET et Jacques OZOUF, Lire et écrire : essai sur l’alphabétisation des Français, Paris, Minuit, 1977.
  • Jean-Jacques DARMON, Le Colportage de librairie en France sous le Second Empire. Grands colporteurs et culture populaire, Paris, Plon, 1972.
  • Jean-Pierre-Alexandre Antigna Orléans 1817-Paris 1878, catalogue de l’exposition du musée des Beaux-Arts d’Orléans, Paris, RMN, 1978-1979.

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