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Victor Hugo de trois quarts

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Victor Hugo de trois quarts.

© Musée Rodin, Paris

Agrandissement - Zoom

Titre : Victor Hugo de trois quarts.

Auteur : Auguste RODIN (1840-1917)
Date de création : 1884
Date représentée : 1884
Technique et autres indications : Gravure à la pointe sèche
Lieu de Conservation : Musée Rodin (Paris) ; site web
Contact copyright : Jérôme MANOUKIAN, Responsable du service Photographique, Musée Rodin, Hôtel Biron, 77 rue de Varenne, 75007 Paris - Tel : 01.44.18.61.10 - Fax : 01.45.51.17.52 ; site web
Référence de l'image : G.7814

  Contexte historique

Hommage à un auteur du panthéon républicain
Contrairement à Baudelaire ou à Balzac qu’il n’a pas connus, Rodin désira rencontrer Hugo dont il fit le portrait qu’il dédicaça : « A l’illustre maître » en 1883. Après la mort du poète, il reçut en septembre 1889 la commande d’un monument allégorique pour le Panthéon. Plusieurs projets sculptés s’ensuivirent. Celui qui devait servir de décor au temple de la République échoua pour trouver entre 1909 et 1935, comme autre destination, le jardin du Palais-Royal.

  Analyse de l'image

Qu’est-ce qu’un portrait ?
Les circonstances furent singulières car le poète ayant déjà plusieurs fois posé avec bonheur pour de grands sculpteurs comme David d’Angers, était trop âgé pour se soumettre à nouveau avec Rodin à cette nouvelle expérience. Mais le poète lui ouvrit sa demeure de l’avenue d’Eylau et Rodin dut s’adapter à ces difficultés insurmontables pour un sculpteur ordinaire. Il dut faire alors ce qui n’était pas dans ses habitudes. A événement exceptionnel, démarche exceptionnelle : dessiner avant de sculpter pour mieux saisir la morphologie du visage, du front, le regard pénétrant, le mouvement des cheveux et de la barbe. Rodin grava donc en dernier d’après son buste alors qu’il avait commencé par dessiner de nombreux croquis. Il choisit la technique de la pointe sèche. Deux estampes firent le succès de ce portrait, l’une du poète vu de trois quarts, l’autre où il est vu de face.
Chaque pointe sèche comporte plusieurs états connus, sept ou huit, et chaque état plusieurs épreuves dont le nombre nous est inconnu pour Rodin. Nous sommes ici devant une épreuve du deuxième état.
Sur la même gravure sont regroupés trois visages de l’écrivain, l’un puissant, expressif et éternel, conforme à la légende, l’autre, en bas à droite, plus réaliste, tourmenté et moins flatteur, et un troisième, sur la gauche, atypique, inversé, ressemblant à une sorte de brouillon et provenant sans aucun doute d’un dessin dont Rodin fit le report sur le cuivre.

  Interprétation

Une technique au service d’une large diffusion
Le succès et la diffusion de cette gravure dans ses différents états furent très importants. La gravure et la sculpture sont des arts de multiples et Rodin ne se priva pas de les répandre dans des expositions, des revues comme L’Artiste en 1885, Les Lettres et les Arts en septembre 1889 ou Le Studio en mars 1903, des musées et chez des collectionneurs. La qualité de cette estampe nous révèle que Rodin était non seulement un sculpteur mais aussi un dessinateur et un graveur.

Auteur : Claudie JUDRIN


Bibliographie

  • Claudie JUDRIN, Antoinette LE NORMAND-ROMAIN et Jacques VILAIN, Rodin : le musée et ses collections, Paris, Scala. 1996.
  • Ruth BUTLER, Rodin, la solitude du génie, Paris, Gallimard-Musée Rodin, 1998.

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