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Revue de la Garde nationale, attentat de Fieschi

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Revue de la Garde nationale, attentat de Fieschi.

© Photo RMN-Grand Palais

Agrandissement - Zoom

Titre : Revue de la Garde nationale, attentat de Fieschi.

Auteur : Eugène LAMI (1800-1890)
Date de création : 1846
Date représentée : 13 juillet 1835
Dimensions : Hauteur 57 cm - Largeur 277 cm
Technique et autres indications : Huile sur toile
Lieu de Conservation : Musée national du Château de Versailles (Versailles) ; site web
Contact copyright : Agence photographique de la Réunion des musées nationaux. 254/256 rue de Bercy 75577 Paris CEDEX 12. Courriel : photo@rmn.fr ; site web
Référence de l'image : 74DE667/MV 5169

  Contexte historique

Un attentat meurtrier

Louis-Philippe, durant tout son règne, fut l’objet de multiples tentatives d’assassinat. L’une des plus spectaculaires, et aussi des plus meurtrières, fut celle du républicain d’origine corse Fieschi, aidé de deux complices, Morey et Pépin, le 28 juillet 1835. L’occasion en était la revue de la garde nationale que le roi devait passer à la Bastille pour célébrer l’anniversaire des Trois Glorieuses et l’avènement du régime. D’une fenêtre du boulevard du Temple, Fieschi mitrailla le souverain et son cortège. Louis-Philippe sortit indemne de l’attentat, mais dix-neuf personnes de sa suite, dont un maréchal d’Empire, Mortier, duc de Trévise, furent victimes de la machine infernale mise au point par Fieschi. Celui-ci fut arrêté peu après avec ses complices, condamné à mort et guillotiné le 19 février 1836. Plus que la tentative de régicide visant à renverser la monarchie de Juillet, caractéristique de ces années où perdure l’agitation républicaine, c’est l’aspect spectaculaire de l’attentat et surtout le nombre élevé de victimes qui frappèrent les imaginations.

  Analyse de l'image

Une peinture inhabituelle

Les circonstances de l’attentat sont particulièrement bien mises en valeur par le format très inhabituel, tout en longueur, de cette toile que Lami a peinte une dizaine d’années après l’événement. À l’arrière-plan, les maisons du boulevard, qui n’a pas encore été transformé et uniformisé par l’urbanisme haussmannien. Devant, la foule et les troupes, au premier plan le cortège proprement dit. La bombe vient d’éclater, et les assistants n’ont pas encore eu le temps de réaliser ce dont il s’agissait, tandis que, sur le lieu de l’explosion, des personnes gisent à terre, tuées ou blessées, et que d’autres s’enfuient pour se mettre à l’abri : une femme, sur la gauche, protège ses enfants. Le roi, calme, tient son cheval à l’arrêt pendant que la garde se retourne pour lui porter secours. L’artiste a su tout à la fois rendre l’atmosphère de la parade militaire et le caractère soudain, inexpliqué sur le moment, de l’attentat, ainsi que les premiers instants de la réaction populaire.

Très introduit dans le monde, décorateur, dessinateur de décors et de costumes pour la scène, aquarelliste au talent reconnu, lithographe à succès, Lami était aussi un peintre, brillant et pittoresque, mais ne négligeant pas le rendu réaliste du détail. Il travailla pour le Versailles de Louis-Philippe, donnant ainsi plusieurs tableaux de batailles, mais ses œuvres les plus séduisantes sont des scènes de la vie moderne, où il se fait le témoin du monde de son temps. Son intérêt pour la chose militaire était connu, et, sous la Restauration, il collabora avec Horace Vernet à la suite lithographiée de la Collection des uniformes des armées françaises de 1791 à 1814. On en trouve ici d’une certaine manière la trace.

  Interprétation

Le côté politique de la peinture n’est en réalité présent que dans l’illustration des conséquences directes de la tentative de Fieschi, avec l’interruption brutale des réjouissances, les morts et les blessés, l’émotion générale. La personne de Louis-Philippe n’est mise en relief que par l’isolement et le sang-froid du souverain au milieu du tumulte. Le régicide est présenté davantage comme une rupture de la paix civile que comme un attentat contre un individu revêtu d’un caractère sacré. L’opposition est patente entre la foule, le peuple et un homme isolé (Fieschi), dont les efforts sont sanctionnés par un échec.

Auteur : Barthélemy JOBERT et Pascal TORRÈS


Bibliographie

  • Claire CONSTANS, Musée national du château de Versailles. Les Peintures, 2 vol., Paris, RMN, 1995.
  • Francis DÉMIER, La France du XIXe siècle, Paris, Seuil, coll. « Points Histoire », 2000.
  • Lucas DUBRETON, Louis-Philippe et la machine infernale 1830-1835, Paris, Amiot-Dumont, 1951.
  • François FURET, , La Révolution, 1780-1880, Paris, Hachette, 1988, rééd. coll. « Pluriel », 1992.
  • André JARDIN et André-Jean TUDESQ, La France des notables (1815-1848), 2 vol., Paris, Seuil, coll. « Points Histoire », 1973.
  • Philippe VIGIER, La Monarchie de Juillet, Paris, PUF, coll. « Que sais-je ? », 1982.

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